Concours 1 / ECRITURE

Les anciens sujets et les souvenirs s'accumulent dans cette salle d'archives poussiéreuse et mal éclairée emmagasinant toute sorte de choses depuis des temps immémoriaux...
Répondre
Avatar du membre
Valar Morghulis
Rat de bibliothèque
Messages : 4250
Inscrit le : 20 déc. 2012
Genre :

Message par Valar Morghulis » 27 juil. 2013, 19:27

Le premier concours touche à sa fin, c'est maintenant l'heure des votes.
Je rappelle le thème : LECTURE IMAGINAIRE

Chaque membre a droit à un vote par catégorie. Le vote est modifiable si vous le souhaitez.


CATÉGORIE 3 : l'écriture
Justdream
Spoiler: Afficher
Vous vous souvenez de cette première rédaction que l’on vous faisait faire à la rentrée lorsque vous étiez au collège ? « Racontez vos vacances en quelques lignes ». Et bien, c’est ce que je vais faire – faute d’inspiration.

Cette année, je suis partie en Corse. Et les admins ont eu une bonne idée pour occuper mes vacances… C'est ce que je vais vous raconter.

Je baillai à m’en décrocher la mâchoire tout en m’étirant dans le hamac. Je réajustai mon chapeau en paille, repoussai mes lunettes sur mon nez et replongeai dans mon livre. Mes yeux me brulaient tant que je dus les plisser pour discerner les lignes qui dansaient sur le blanc du papier. Je tournai une page, puis une autre…

Je m’étirai une seconde fois et j’attrapai le verre sur la petite table. Alors que je le portai à mes lèvres, un cri strident sortit de ma bouche. Un truc flottait dans mon verre, et ce truc s’agrippa au bord pour sortir sa tête de l’eau. Un poulpe. Il y avait un poulpe dans mon verre !!!
Je le levai aussitôt et courrai comme une dératée jusqu’à la maison où je retrouvai mon ami Ewells qui me regarda d’un drôle d’air.
— Ewells, il y a… il y a un poulpe dans mon verre !
Il s’approcha en riant et attrapa la bestiole gluante dans sa main.
— JD, je te présente PoisonDub. Poison, voici Justdream.
Ce dernier m’envoya un regard sombre :
— Bonjour vous. Au mauvais jour. Qu'est ce que j'en sais après tout ?
Ce poulpe était vraiment étrange, mais nous nous trouvions rapidement un point commun : nous étions deux râleurs !

Quelques jours plus tard, je recevais un texto d'Agenor qui me donnait un thème sur lequel nous devions écrire un petit texte. Écrire… En vacances !! La bonne blague !

Alors que nous faisions bronzette sur la plage, le poulpe me souffla une terrible vérité :
— Un thème sur la lecture imaginaire ! Comment Valar et Agenor ont pu avoir une idée aussi moisie ?
Il réfléchit quelques instants :
— Faut écrire un truc sans queue ni tête !
On avait bien pensé à écrire une histoire de dingue, où l’on mettrait en place un coup d’État pour renverser les admins. Mais bon… en une ou deux pages, c’était juste impossible ! Surtout si l’on voulait les faire souffrir un peu ! Alors, il réfléchit à quelque chose de plus « fantastique », mais nous en aurions fait un livre complet !

Nous avions imaginé plusieurs scénarios jusqu’au soir, juste pour nous divertir. Et alors qu’une idée incroyable nous vint, l’une de mes séries du vendredi soir commença : True Blood. (oui oui) Et cela m’intéressa bien plus que cette histoire de concours.

Bref, si vous voulez en découvrir plus sur la lecture imaginaire, thème du concours, rendez-vous sur le forum « lecture-imaginaire ». Vous y trouverez tout un tas de fiches sur des livres de la littérature imaginaire.

Sinon, j’ai passé de très bonnes vacances, j’ai fait plein de choses et pris des couleurs. Passionnant n’est-ce pas ?

PoisonDub
Spoiler: Afficher
Francis ferma les yeux et pris une grande inspiration, il ne voulait pas le faire… Mais si il ne le faisait pas il passerait pour un froussard auprès de ses copain, ou pire, une pédale comme disait souvent Bobby quand il insultait les autres. Francis ne savait pas vraiment ce qu’était une pédale, apparemment il s’agissait de garçon qui n’en était pas vraiment, ce qu’il savait c’est que c’était mal d’en être une, de pédale. Au catéchisme la sœur Brigitte avait vaguement évoqué le cas de ces âmes damnées comme elle les appelait en frissonnant de dégout comme si elle avait marché pied nu dans une merde de chien. C’était arrivé à Francis une fois quand il rentrait de la plage, la matière visqueuse et odorante lui glissant entre les orteils. Non il ne voulait certainement pas être une pédale. Il avait peu d’amis pour ne pas dire pas du tout, le « petit gros » de l’école c’était lui, toujours à marcher d’un démarche pataude son imposant arrière train se dandinant dans des pantalons élastique assez grand pour contenir deux de ses camarade, trois pour les plus mince. Ses cheveux semblaient gras retombaient sur son front et cachait en partie son visage doux et ses yeux bleus. On devinait qu’il pourrait devenir beau garçon sans ses nombreux kilos en trop. Dans ses livres le héros était généralement beau garçon ou possédait des traits particuliers qui compensaient, Francis lui n’avait rien de particulier sinon son poids et une fâcheuse tendance à s’attirer des ennemis. Non il ne voulait pas qu’en plus de l’étiquette gros lard on y ajoute celle de pédale.
Il rouvrit les yeux sur un ciel d’été éclatant brulé par le soleil. La lumière crue donnait un éclairage un peu trop fort, un peu trop brut. Les murs en grosse pierres de taille des maisons environnantes paraissaient plus vieux et poussiéreux. Tous les défauts des bâtiments semblaient pointés du doigt accusateur de l’astre. Francis n’avait jamais aimé le soleil, il n’y avait nul par ou se cacher. Il exposait tout. Dans les livres que le petit garçon dévorait les scènes les plus intéressantes se passaient rarement en plein soleil, il y avait toujours de la brume pour le mystère, un peu de pluie pour dramatiser l’action, quelques nuages judicieusement déposés par l’auteur dans le ciel de la même manière que le peintre composerais sont tableau. Bien souvent il faisait nuit.
Mais Francis n’était pas dans ses livres aujourd’hui, il s’était décidé à se confronter un peu au réel. Décidé était un bien grand mot quand l’alternative était de supporter une mère alcoolique. Dans ses livres les problèmes finissaient toujours par se résoudre ou avoir une utilité, le héros apprenait une leçon et en sortait grandit. Tout ce que Francis avait appris dans la réalité c’est que souvent il ne valait mieux pas rester dans l’entourage des adultes. Il avait lu quelque part que les adultes avaient tué l’enfant qui se trouvait en eux et savais aussi que parfois ils ne s’arrêtaient pas à ce dernier. Les informations que son père regardait regorgeaient de ce genre d’histoires, des enfants retrouvé mort dans un fossé ou enterrer dans un petit jardin tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Parfois quand le regard vitreux et froid de sa mère se posait sur lui, les vapeurs d’alcool le rougissant, Francis frissonnait. Dans ses livres les tueurs finissaient toujours par payer d’une manière ou d’une autre et quoi qu’il arrive, peu importe l’effroi apporté par la lecture, l’angoisse ou le stress, quelque part on savait que tout cela n’était qu’imaginaire. Aux infos ils parlaient assez rarement des coupables.
Il posât les yeux sur Bobby et se dit qu’il ressemblait déjà à un adulte, plus grand que ses camarades d’une bonne tête, ses cheveux bruns bien coupé et le nez constamment froncé comme si il sentait en permanence une odeur désagréable. Un sourire de plaisir malsain fendait son visage.

- Vas-y gros lard ! Ordonna-t-il. On n’a pas tout la journée.

A côté de lui Lucas Ryan fit mine de bailler de façon ridicule. Là où Bobby se trouvait on pouvait être sûr que Lucas n’était pas loin avec son visage d’asperge tout allongé et plat et ses yeux inexpressif d’un gris sale. Les deux gamins étaient les terreurs de l’école. Dans ses livres ce genre de personnages aussi finissait par obtenir ce qu’ils méritaient. Mais dans la vrai vie de Francis personne ne viendrais à sa rescousse et les deux petites brute n’avaient rien à craindre.
Baissant son regard il le posa finalement sur ce qui avait engendré l’effervescence du petit groupe de gamins réunis au parc de leur petite ville ce samedi matin ensoleillé. Une petite chose remuait faiblement dans la pelouse. Un minuscule oiseau sans plume avait chuté de son nid, sans doute à cause du vent ou poussé par ses frères pressés de se nourrir. La créature était d’un rose translucide dérangeant, ressemblant un peu trop à de la chair humaine au gout de Francis, on pouvait apercevoir ses petit os pousser sous la fine peau et l’étirer à chaque mouvement comme si ils étaient prêt à percer cette enveloppe trop fragile. Sa tête grotesque semblait trop grosse pour lui et bougeait mollement de droit à gauche par a coup, comme si le petit être ne pouvait pas encore supporter son poids. Ses yeux encore fermés telles deux énormes globe surplombaient un tout petit bec d’un jaune presque blanc s’ouvrant et se fermant comme pour appeler à l’aide. Dans ses livres les êtres en détresse étaient le plus souvent sauvés ou alors c’étaient simplement des personnages très secondaires qu’on avait à peine eu le temps de découvrir.

- Bon t’accouche !

Francis leva son bras au-dessus de sa tête, sa main fermé sur une pierre assez grosse, il serra les dents. Dans ses livres il était un héros, un sauveur. Dans ses livres il était toujours le gentil et en tirait les récompenses logiques. Il aurait voulu être dans ses livres à cet instant. Il arrêta son bras et retint un sanglot.

- Il va pleurer comme une pédale. soupira Bobby
Lucas gloussa bêtement. Francis se contracta et d’un mouvement brutal il lança la pierre sur l’oiseau sans défense. Un bruit immonde s’ensuivit, petite explosion sourde et humide dont Francis se rappellerait longtemps. Lucas repoussa la pierre du pied.

- Dégueulasse… dit-il, mais ses yeux pétillait devant la dépouille.

Quelques petits tressautements parcouraient encore l’oisillon mais l’amalgame rouge et marron qui s’échappait de son petit crane fendu et de son abdomen ne laissait aucun doute sur son état. Un mélange poisseux de sang et de merde que seul la mort peut engendrer.
L’estomac de Francis se serra, le cœur au bord des lèvres, il s’était toujours considéré comme un ami des animaux.
Bobby émit un rire qui avait plus l’air de sortir de son nez que de sa bouche.

- Regardez les gars, le gros va pleurer ! cracha-t-il
- C’est même pas vrai. Répondit Francis mais sa voix pale manquait de conviction.
- T’as qu’à t’en faire un encas gros porc !

Tout en lui criant ces mots Bobby éjecta le petit cadavre d’un coup de pied dans sa direction. La dépouille frappa mollement le jean du gamin et retomba sur le sol laissant une tache rougeâtre sur sa jambe droite. Les yeux globuleux de la bête morte s’étaient à demi ouverts et semblaient pointés sur lui.
« Regarde ce que tu m’as fait ! Regarde ce que tu m’as fait ! »
Semblait-il lui crier en une rengaine sinistre. Dans ses livres la mort n’accusait jamais personne et quand elle était là c’était couchée sur du papier, l’encre qui formait les mots avait quelque chose de rassurant, à tout moment on pouvait refermer le livre et revenir à la vie réelle.
« Regarde ce que tu m’as fait ! »
Un sanglot monta dans la gorge de Francis, ces yeux ne le lâchaient pas. Il ne voulait pas qu’on le voit pleurer. Il se retourna brusquement et se mit à courir, manquant de trébucher dans l’herbe et de s’étaler de tout son long dans l’herbe. Il aurait ainsi offert une nouvelle source de moquerie aux autres. Il imaginait son corps trop gros frapper le sol avec violence et eu pendant un bref moment la vision de son abdomen se déchirant comme un sac et laissant s’épancher ses intestins. Du sang et de la merde, voilà ce qui sortirait de lui se disait-il. Mais il se reprit et luttant contre une envie de vomir de plus en plus forte il prit ses jambes à son coup. Derrière lui il entendit longtemps les rires des autres gamins qui le traiteraient de pédale quand il les reverrait mais ça n’avait pas d’importance. Les yeux globuleux de sa victime le suivaient encore et il savait qu’il en rêverait souvent à l’ avenir.
« Regarde ce que tu m’as fait ! »
Il se plongerait à corps perdu dans ses livres car au moins là-bas il savait qu’il ne risquait rien, mais jamais il n’oublierait. C’était ça la vraie vie.


Image 
Avatar du membre
Valar Morghulis
Rat de bibliothèque
Messages : 4250
Inscrit le : 20 déc. 2012
Genre :

Message par Valar Morghulis » 27 juil. 2013, 19:43

Je dois avouer que je ne sais pas pour qui voter... Justdream m'a fait rire et PoisonDub presque pleurer. Et dans un sens je crois que c'est le texte de PoisonDub qui me parle le plus parce qu'après tout c'est pour s'évader de la vie réelle qu'on lit non ?
Même si c'est horrible et triste, je trouve que c'est super bien écrit (d'ailleurs, si un jour t'écris un livre, je veux le lire rien que pour ton style d'écriture ^^) et donc je vote pour le Poulpe :D

Mais Justdream j'adore ton texte aussi ^^ et j'aime beaucoup comment tu as détourné le thème du concours :D
Image 
Avatar du membre
Justdream
Rat de bibliothèque
Messages : 1523
Inscrit le : 22 janv. 2013

Message par Justdream » 27 juil. 2013, 20:01

Forcément, je vote pour... mon acolyte le poulpe :D
Comme Valar, si un jour tu sors un livre Poison, je veux absolument le tenir entre mes mains !!!

MDR Valar, en même temps, un poulpe qui parle c'est un peu du fantastique non ? :P
Avatar du membre
Kallindra
Rat de bibliothèque
Messages : 2035
Inscrit le : 13 avr. 2013
Genre :

Message par Kallindra » 28 juil. 2013, 07:24

J'ai voté pour la fraicheur et la légèreté ^^
Trés beau texte à tous les 2 ^^
Image
Avatar du membre
Sayelan
Assidu
Messages : 373
Inscrit le : 05 févr. 2013

Message par Sayelan » 28 juil. 2013, 10:47

Le texte de Justdream est frai et léger, en effet, parfait pour l'été, mais je vote pour pour la profondeur de celui de poison ^^
Avatar du membre
Thanaquil
Passionné
Messages : 1157
Inscrit le : 08 janv. 2013

Message par Thanaquil » 24 août 2013, 10:54

J'ai voté aussi pour Poison, je trouve ce texte excellent, et tellement bien écrit.
Comme Valar, si un jour tu écris un livre, tu pourras me compter parmi tes lectrices.
Avatar du membre
Kinoko
Intégré
Messages : 63
Inscrit le : 14 avr. 2013

Message par Kinoko » 24 août 2013, 16:38

J'ai voté pour le second texte, très bien écrit même si j'aime pas les histoires tristes ;_; Le premier est bien sympa aussi. Bravo vous deux !
Répondre