Qui dit mieux ?

Incontournable sur les forums : les jeux ! Lâche-toi ici, c'est fait pour ! Les conversations sérieuses n'ont pas leur place ici, viens donc poster quelques messages pour te défouler, le tout sans prise de tête.
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Aurelien
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Message par Aurelien » 22 févr. 2013, 20:59

Hooooooo !!!! Énorme !
J'avais peur que le sujet ne t'inspire pas ;-)
Parfaitement joué encore une fois !


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Justdream
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Message par Justdream » 22 févr. 2013, 21:19

Haha ! Ewells excelle dans ce jeu !
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Ewells
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Message par Ewells » 23 févr. 2013, 10:19

j'aimerais malgré vos encouragements dire que j'ai été moyennement convaincu par cette première version, je réfléchirais sans doute à une seconde en fin de journée
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Ewells
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Message par Ewells » 26 févr. 2013, 22:22

Voilà voilà l'inspiration m'a enfin touché pour ta phrase, je vous sort donc une situation hors contexte et laisse tout le loisir d'imaginer l'avant et l'après de votre propre chef :p




Deux yeux humides papillonnèrent avant de faire le point sur le plafond de la chambre. Une pression glacée s'appliqua sur ma tempe droite, mais je ne suis pas inquiet, à quoi servirait-il de redouter l'inévitable?
En vérité c'est un moment que j'attends depuis bien longtemps. Un frisson parcouru mon corps quand une voix de femme me susurra quelque mots à l'oreille.
-Tu savais que cela arriverait un jour, je t'avais prévenu mais tu t'es entêté, comme d'habitude...
De longs cheveux d'un noir profond passèrent dans mon champs de vision mais je ne tournais pas la tête pour voir son visage, je ne savais que trop bien qui elle était et pourquoi elle était là.


Le lit émis un grincement quand elle s'allongea à côté de moi. La pression sur ma tempe ne faiblit pas pour autant et je senti bientôt son souffle chaud me caresser la gorge.
-Comment en est on arrivés là? dit-elle d'une voix tendue, tout aurait dû être diffèrent...
Je ne répondis rien , continuant à fixer obstinément le plafond.
Mon esprit était calme, quitte à ce que la mort me prenne un jour je préférais nettement qu'elle passe sans douleur, prodiguée par la main délicate que j'avais moi même formée.

Le silence s'installa durant quelques secondes qui passèrent comme une éternité. Il fut brisé par le bruit pathétique de pleurs étouffés.
Je senti le canon trembler contre mon crane, la jeune femme avait craquée devant la tâche à accomplir.
Une petite pique écorcha ma fierté d'instructeur puis, prennent conscience des sanglots qui la secouaient, l'instinct paternel qu'elle avait comme aucune autre élève éveillé chez moi pris le dessus.
Doucement je levais une main et saisit le canon de l'arme, je reconnus instinctivement un glock 17, sa main ne le retint pas et je l'envoyais de l'autre côté de la pièce.
Elle laissa retomber son bras sur mon épaule et une marée de cheveux noirs envahit bientôt mon torse, je l'enlaçais , me forçant à ne pas penser a ce qui allait suivre

ps: aller aurelien propose nous autre chose il faut relancer ton jeu la !
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Aurelien
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Message par Aurelien » 27 févr. 2013, 05:16

Cette version est sublime !
Mais est-ce que tu ne serait pas fétichiste des longs cheveux noir par hasard ...?

On relance :
"C'est au moment le plus critique que le sort réussit à marcher"

Je pense que cette dernière devrait laisser plus de manœuvre ...
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Message par Ewells » 28 févr. 2013, 11:14

Ok Ok, c'était dur de faire court Aurelien, ton thème requiert une introduction dans un monde imaginaire :p





DE LONGS CHEVEUX NOIR COMME LE CHARBON FLOTTAIENT DANS LA LEGERE BRISE MATINALE (mais ou il va chercher que je suis maniaque ?? en vérité c'est juste que je ré-utilise toujours la description de nym à des ages différents pour ton jeu:p)

Une jeune femme se tenait, solitaire, au sommet de la falaise, l'à pic en encontre-bas était impressionnant, mais la jeune femme n'avait pas la moindre appréhension.
Elle avait l'habitude de monter jusqu'à cet endroit pour observer la gigantesque cité qui s'étendait autour du fleuve. Le soleil se levait face à elle, dépassant la crête de la falaise à l'opposée de la grande vallée, il dispensa sa chaleur réconfortante sur le visage de la jeune femme. Elle observa longuement sa progression sur les ténèbres qui emplissaient la vallée, la vie semblait reprendre ses droits au fur et à mesure de son avancée et elle ne se lassait jamais de se spectacle. Un léger sourire étira ses lèvres quand elle entendit les premiers cris d'enfants sortant dans les rues, elle en aperçut quelques uns jouant aux chevaliers au centre de la grande rue déserte. La jeune femme ne pouvait se permettre qu'on la voie, elle n'avait d'ailleurs pas le droit de fréquenter des humains. Jetant un dernier regard nostalgique vers la grande cité elle se mit à descendre le versant opposé.
Elle ressenti un petit manque de motivation après cette vision idyllique qu'elle ne pourrait jamais obtenir, puis elle se rappela à l'ordre, sa vie n'était pas si décevante pour autant : Apprendre la communion spirituelle avec la forêt auprès de la grande maîtresse était un privilège, elle ne pouvait pas le dénigrer.

Elle se cacha à elle même la sensation de manque qui n'avait pas disparue et continua sa marche d'un pas plus énergique. Elle arriva rapidement à la petite cabane qu'elle habitait dans le bois situé sur se versant de la colline. Il était réputé hanté, mais les fantômes étaient plutôt des gens de bonne compagnies ne demandant qu'un peut d'attention. Elle salua le vieux Charle dont la silhouette d'éther flottait sur le toit, le regard aux aguets , l'ancien chevalier était sorti de sa dépression en promettant de me protéger et elle n'avait pas pu le lui refuser. Il la salua en retour préservant son expression déterminée. Elle ne pouvait pas lui enlever que pendant les moments difficiles de son étude sa présence et son expression l'avait souvent ré-motivée.

La cabane était petite et ne disposait que d'une étagère remplie de grimoire, d'un petit lit et d'un bureau massif recouvert de parchemins et dont le centre était occupé par l'un des imposants livres.
Le grimoire était ouvert sur une page recouverte d'étranges symboles, elle s'assit sur sa petite chaise et se plongea rapidement dans son étude.
Quelques heures plus tard elle senti l'odeur du café, un faible courant d'air lui caressa la nuque quand Joseline déposa une choppe fumante sur l'un des seuls endroit vierge de son étude. Elle remercia l'ancienne domestique qui lui adressa un sourire et lui demanda ci ce livre était intéressant. La jeune femme acquiesça et lui expliqua ce qu'il était écrit. ''Formule de transmutation naturelle''
La domestique avait l'aspect d'une jolie jeune femme d'une vingtaine d'année ce qui expliquait la relation privilégiée qu'elle entretenait avec l'étudiante. Elles s'étaient bien entendues dès leur rencontre deux ans plutôt et une fois de plus la jeune femme avait acceptée sa présence prolongée. Trouvant terrible le destin de ces êtres bloqués entre deux monde, elle s'était faite la promesse de trouver un moyen de leur accorder le repos.
Mais la grande maîtresse qu'elle ne croisait que rarement pendant ses errances en forêt n'avait jamais voulu lui dire quoi que ce soit à ce sujet, elle cherchait donc sans relâche une formule efficace.

Soudain un bruit sec retentit depuis l'extérieur, la forme fantomatique de Charle passa au travers du plafond de la chaumière et la regarda dans les yeux
-Un enfant c'est aventuré jusqu'ici, et il n'a apparemment pas peur de moi, que dois-je faire ? Dit-il d'une voix monotone.
La jeune femme reposa sa chope et sorti de la maison, un enfant d'une dizaine d'année se tenait à quelques mètres de la porte, ses habits étaient sales et déchirés mais ses yeux n'exprimait que sa force de caractère.
-Que veux tu ? Lui demanda la jeune femme.
-Tu es la sorcière de la forêt ? Questionna le garçon en retour, une certaine urgence transparaissait dans son ton.
Ce gamin m’énerve déjà...
-Je ne suis pas une sorcière, maintenant dit-moi ce que tu veux puis vas-t-en.
Le garçon s'approcha d'un pas.
-Tu dois venir pour sauver ma sœur, dit-il sur le même ton d'urgence.
-La sauver de quoi ?
L'enfant regarda un instant au sol, visiblement gêné.
-Elle jouait avec moi et elle est tombée dans la rivière, tout est de ma faute !Dis-t-il avec une colère qui s'adressait visiblement à lui même


La jeune femme savait qu'elle ne pouvait pas fréquenter d'humain, mais elle ne résista pas à l'envie d'aider ce jeune garçon si courageux.
Heureusement la maison du garçon se situait à l'orée de sa forêt et elle n'eut pas à s'aventurer dans la ville. Il lui demanda d'attendre que le soleil fut couché, n'oubliant pas de lui apporter une partie de son propre repas.
Puis, quand ses parents furent endormis par l'épuisement de veiller leur jeune fillette toute la nuit, il revint la chercher et l'emmena au chevet de sa sœur. Son front était brûlant de fièvre, et la jeune femme sut tout de suite quel formule appliquer, l'excitation monta en elle alors qu'elle avait enfin l'occasion de se servir de ses pouvoirs dans le but d'aider quelqu'un.
Elle récita la formule et le corps de la fillette se détendit instantanément.

(oui je considère la maladie comme un moment critique, et na !:p )
ps: c'est une première écriture, après tout il ne s'agit pas d'une de mes nouvelles :p veuillez donc excusez les fautes d'orthographes et de style :p aller je veux voir d'autre histoire sur ce thème, creusez vous les méninges !
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Aurelien
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Message par Aurelien » 28 févr. 2013, 11:25

Trop cool Ewells !
C'est quasiment un chapitre de livre :-)
J'aime bien le monde que tu as imaginé !
Faut que je finisse la mienne....
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Justdream
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Message par Justdream » 28 févr. 2013, 20:35

Ah super Ewells !
Euh... je ne pense pas faire mieux hihi !
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Message par Aurelien » 28 févr. 2013, 21:37

Fais ta version pour le fun :lol:
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Message par Justdream » 28 févr. 2013, 21:42

Oui :D
J'en proposerais une demain, j'aurais plus de temps que ce soir ! :)
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Message par Aurelien » 28 févr. 2013, 21:56

Ok j'attend avec impatience :D
Faudrait aussi que je finnisse la mienne qui sera sans doute moins sombre que les précédentes (enfin... je pense...)
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Justdream
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Message par Justdream » 28 févr. 2013, 21:57

Oh .... ! J'attends de lire la tienne alors ! J'aime bien ton univers sombre, j'y ai pris goût ! JE suis curieuse de lire quelque chose de différent !
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Message par Valentia » 28 févr. 2013, 22:41

Bon, allez. Je me lance pour ma première publication de texte sur ce forum. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, j'accepte toutes les critiques !

Voici donc ma proposition...

Maïana faisait les cent pas dans sa chambre aux murs de granit, l’une des plus vastes du palais. Encore une fois, elle n’avait pas été à la hauteur des attentes –des espérances ?- de son professeur. Exaspéré de ne pas voir de progrès chez son élève, il avait clamé haut et fort qu’elle n’était pas faite pour la magie, et que la magie n’était pas faite pour elle. L’exercice du jour n’était pourtant pas bien compliqué, puisqu’il s’agissait simplement d’ouvrir ou de fermer l’unique fenêtre de la pièce. Mais pas une seule fois les battants ne s’étaient mus selon sa volonté, et le sage avait refusé de continuer de prodiguer des leçons « à cette jeune insolente qui ne savait pas se concentrer »…
Ah, ça ! Son père allait en entendre parler ! Et l’agaçant professeur serait congédié de la cour, avec peut-être une bonne prime de départ pour être bien sûr qu’il n’y remette pas les pieds…
Malgré tout, Maïana était convaincue qu’elle avait une prédisposition pour cette discipline. Il lui suffisait seulement de réussir à toucher son ka, son énergie vitale, au moment adéquat. Elle l’avait déjà fait, et était parvenue à des résultats plutôt satisfaisants à ses yeux. Mais jamais sous le regard de son précepteur…
Bouillant de rage, la jeune femme savait qu’elle ne parviendrait pas à trouver le sommeil dans un état de pareille agitation. Elle ouvrit donc la fenêtre –manuellement- et, aspirant une grande bouffée de l’air délicieusement frais du crépuscule, se mit à observer les étoiles. Là-haut, au-delà du ciel nocturne, se trouvaient ses ancêtres qui menaient une vie paisible dans les champs d’Ialou.
Quelque chose troubla soudain la tranquillité de la nuit. Maïana regarda sur sa gauche, et ce qu’elle vit –ou crut voir- la pétrifia. Elle n’aurait su dire ce que c’était précisément, mais la chose était d’allure menaçante, et la faible lumière qui émanait de sa chambre l’avait probablement attirée. Quelle idiote elle avait encore été d’ouvrir cette fenêtre sans éteindre ses chandelles !
Mais elle aurait le temps plus tard pour les remords. Une patte, ou peut-être une aile, pour ce qu’elle en savait, venait de s’abattre sur le pan intérieur du mur. Saisie de terreur, la princesse recula de quelques pas. La chose ne devait pas entrer, sinon… Elle n’osait seulement songer à ce qui se passerait alors.
Elle ne devait pas se laissait aveugler par sa frayeur. Se postant face à la créature, affermissant sa position, elle sentit la puissance de son ka monter en elle et infuser dans tous ses membres. Elle ne devait pas échouer. Elle tendit son esprit pour faire opérer sa volonté…
Et les battants se refermèrent.
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Aurelien
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Message par Aurelien » 28 févr. 2013, 22:59

Ça alors ! Tu as accès à mon compte Evernote !!! :confused: C'est quasiment le même scénario que j'allais proposer (apprenti, bestiole et tout...) J'en reviens pas... On va croire que je t'ai plagiée.

En tout cas tu fais une excellente entrée dans la partie ! J'ai trouvé ton texte excellent !
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Valentia
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Message par Valentia » 28 févr. 2013, 23:03

Merci du compliment :)

Et désolée de t'avoir piqué ton idée, c'était pas volontaire, hein... :ange:
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Ewells
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Message par Ewells » 28 févr. 2013, 23:56

Oo eh ben tu me fais une vraiment bonne première impression avec ton premier texte sur ce forum ! :p pour sur je ne raterais pas les prochains.

Pour les critiques il est trop difficile de juger sur si peu, ton style est fluide et le tout est plutôt bien rythmé. petit +1 : j'aime bien les doubles possibilités entre - -
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Sayelan
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Message par Sayelan » 01 mars 2013, 02:49

Euh... c'est un peu long, j'espère que ça ira... en tout cas, je me suis bien amusée :D

- Et sil tenam.
... aucune réaction.
- Et sil tenam ! répéta la jeune fille
Pas d'amélioration.
- Abracadabra ! lança t-elle avec dérision avant de laisser tomber.
Cela faisait des heures qu'elle répétait le même foutu sort, mais rien à faire, elle n'y arrivait pas. Il était simple pourtant, c'était l'objet de son premier cours à l'école de magie, un sortilège pour changer les couleurs, mais pas moyen, elle n'y arrivait pas, la tasse posée à même le sol en face d'elle était toujours du désespérant marron de la terre cuite.
Dans un geste d'humeur elle saisit le récipient et amorça un magnifique lancé qui aurait fait s'écraser le pauvre ustensile sur le mur de pierre en face d'elle mais se retint. Cela faisait deux semaines qu'elle utilisait la moindre parcelle de son temps libre pour s'entrainer et autant de temps qu'elle échouait, frustration qu'elle passait trop souvent sur les choses qui lui servaient de cobayes. Des rumeurs avaient même commencé à circuler sur la disparition des objets, parlant de voleurs, de fantôme... et elle n'avait pas franchement besoin d'attirer un peu plus l'attention sur elle ! Elle, la fille... La majorité des étudiants était en effet composée de garçons, les filles n'ayant prétendument pas assez de force de caractère pour pratiquer la magie -comme si elle n'en avait pas, elle, du caractère, les morceaux de cadavre d'une dizaine d'ustensiles pouvaient en témoigner !
Elle soupira et étira ses jambes, fourbues d'être restées trop longtemps en tailleurs. Le jour baissait et si elle ne voulait pas se coucher le ventre vide, il fallait qu'elle se rende au réfectoire. Où elle affronterait ses charmants petits camarades...
Elle frissonna mais uniquement de froid, parce que le soir tombait, et en aucun cas à cause de la peur ou de tout autre sentiment voisin. Elle se dirigea vers la porte du réduit dans lequel elle se cachait pour travailler, en entrouvrit le battant, jeta un coup d’œil à droite, à gauche et assurée que la voie était dégagée, elle sortit, verrouilla la serrure à l'aide d'une clé qu'elle n'était pas censée posséder et se mit en route d'une cadence assassine, assommant une dalle à chacun de ses pas.
Elle ne comprenait pas. On entrait pas comme ça à l'école de magie, il y avait des tests ! Des analyses réalisées par des pierres flottantes, sphériques, de la taille d'un poing, noires et lisses. Et elle les avait réussi ! Haut la main, même, d'après les examinateurs, alors pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait effectuer ne serait-ce qu'un tout petit sort basique ?!
- Tiens tiens, la tira de ses pensées une voix trainante, regardez qui voilà...
Et m**** ! Toute à ses réflexions, elle n'avait pas fait attention à ce qui l'entourait et au lieu d'entrer dans le réfectoire dans un moment de creux, parmi un effectif réduit, comme à son habitude- et ce, uniquement parce qu'elle aimait manger tranquillement !- elle venait de faire une entrée des plus remarquables avec son pas militaire, pile sous le nez de Tlen, peut-être celui de ses camarades qui la tourmentait le plus. Elle se mordit l'intérieur de la joue mais ne recula pas, ne battit pas en retraite et se contenta d'ignorer le pâle fils-à-papa. Or, comme tous les enfants gâté, Tlen détestait qu'on ne lui prête pas attention :
- Oh, elle m'ignore, que c'est triste... s'exclama le gosse de riche d'un ton faussement tragique.
La jeune fille continua sans broncher son chemin vers le fond de la salle où se trouvait la grande table comportant tous les plats. Tlen ne s'en formalisa pas, sa répartie étant prête :
-... tout comme ses vêtements...
Et voilà, elle n'allait pas y couper !
- Tout ce gris Lia, ne devrais-tu pas l'égayer ? Y mettre un peu de couleur ? lui demandait dans son dos le répugnant fils de seigneur, tout en politesse mielleuse.
Des rires fusèrent ; les chien-chiens du roitelets, fidèles au poste. Les mâchoires crispées, faisant toujours mine de ne pas entendre, la jeune fille remplissait son écuelle d'un met qu'elle aurait été bien en peine d'identifier tant la colère bouillait en elle. Rien ! Elle ne dirait rien !
- Oh, mais ça tombe bien, changer les couleurs, n'était-ce pas le sujet de notre... troisième cours ? Deuxième ? continua l'horrible fils-à-papa de son exquise courtoisie
- Premier, corrigea obligeamment l'un des courtisans.
- Oh, en effet... et bien Lia ?
Un silence pesant suivit. L'assemblée écoutait. Des rires moqueurs et cruels se préparaient déjà, des commentaires chuchotés s’échangeaient : "tu sais, c'est la fille...", "il parait..."... On ne la laisserait pas se taire. Aussi, serrant les mains sur son assiette, toujours le dos tourné, elle marmonna :
- Mes vêtements me conviennent parfaitement.
- Pardon ? insista, bien élevé, le blafard gosse de riche.
Elle se retourna brusquement, s'assit tout aussi vivement à la table la plus proche et cracha d'un ton saccadé :
- Mes vêtements me vont très bien !
Tlen pinça ses lèvres snobs et haussa un sourcil, pas dupe, mais ne releva pas, sa manœuvre suivante déjà prête :
- Et bien la couleur des miens ne me plait pas, peut-être pourrais-tu changer cela ? la mit-il au défi.
Voilà, elle ne pouvait plus reculer. Les doigts de la jeune fille se contractèrent, ses sourcils se froncèrent, elle cherchait, cherchait désespérément comment se tirer d'affaire...
- Quelle couleur ? interrogea-t-elle d'un ton sans timbre.
Pour gagner du temps. Machinalement.
- Huuum... réfléchit le pâle Tlen, répugnant de charme, rouge peut-être... oui, rouge, ce serait bien.
Rouge... Pour ce que ça changeait... Le silence devenait bruyant dans le réfectoire tant la foule retenait son souffle. Rouge... comme son repas, probablement un plat à base de tomate...
- Rouge hein... formula-t-elle.
Et d'un mouvement brusque elle saisit son écuelle et en envoya le contenu maculer la riche tunique de son tout aussi fortuné camarade. Des exclamations appréciatrices, abasourdies ou scandalisées saluèrent son geste et sous leur concert, profitant de la distraction, la jeune fille bondit sur ses pieds et tenta de se sauver. Mais aussi preste fut-elle, un des lèche-bottes l’attrapa et l'immobilisa. Elle se débattit de toute ses forces mais, fluette comme une crevette, ne parvint pas à se dégager. Elle n'avait jamais vaincu qui que se soit en force physique. Elle le savait et pourtant continuait à ruer de toute son énergie, d'autant plus que ce vers blanchâtre de Tlen, bouffi de suffisance, revêtu d'une nouvelle tunique qu'un des membres de sa cour lui avait prestement remis, se dirigeait vers elle. Brandissant l'ancienne tunique. Et pas content, pas content du tout.
- Très artistique ce rouge, ma chère Lia, commenta-t-il d'une voix dangereusement amicale. Mais tu vois, il manque un peu de profondeur, de peps, tu comprends ?
Non ! Oh non, elle ne voulait surtout pas comprendre et elle secouait violemment la tête pour le signifier.
- Non ? interpréta à son avantage le fils-à-papa, oh, mais je vais te montrer... Que devrais-je te teindre dis-moi ? Les cheveux peut-être ? Non, tu as raison, trop commun... La peau alors ? Oui, la peau c'est bien...
Cette répugnante limace souriait en face d'elle et Lia n'y pouvait rien ! Elle ne pouvait pas s'échapper et pire, elle ne pourrait pas annuler le sort, elle en était incapable, tout le monde saurait, elle serait humiliée... nooon !
- Et sil... débuta le gosse de riche outragé.
- ET SIL TENAM ! dit à sa place la jeune fille. Plus fort et plus vite. En fermant les yeux.
Ça ne servait à rien, mais peut-être que si c'était elle qui le disait, lui il pourrait pas et...
- Qu'est-ce que tu... commença, goguenard, un Tlen sûr de sa victoire.
Mais sa moquerie mourut dans sa gorge. Surprise, Lia rouvrit les yeux et ne pu que les écarquiller de plus belle. L'incroyable s'était produit... Ça avait marché ! Devant ses yeux qui n'en revenaient pas, l'infâme petit lord qu'elle n'avait jamais pu imaginer autrement qu'en asticot à cadavre, en avait la blancheur répugnante. Et pas seulement lui. Tous les occupants de la salle, et la salle elle même ! La brute, de surprise, probablement, l'avait lâchée et la jeune fille en profita pour faire quelque pas, incrédule... avant d'éclater de rire. Elle avait réussit ! Pour de vrai ! N'attendant pas que ses adversaires retrouvent leurs esprits, elle prit ses jambes à son cou. Et constata alors que ce n'était pas seulement le réfectoire mais toute l'école de magie qui avait été touché et tandis qu'une cacophonie d'appels, de questions et de consternation succédaient à la stupeur générale, la jeune fille fut prise d'un immense fou rire et se mit à danser dans les couloirs : la vie était merveilleuse, elle avait bien le don !!! Et pas qu'un peu !

Contrairement à ce qu'avait d'abord cru Lia, ce n'est pas seulement l'école de magie qu'elle avait recouvert de neige, mais toute la ville. La jeune fille étant incapable de défaire ce qu'elle avait fait- il faut dire qu'elle n'essaya pas ardemment- il fallut plus d'une semaine et les efforts de tout ce que l'école contenait de mages et d'apprentis sorciers pour que la moindre trace de blanc disparaisse.
Après cet évènement, étrangement, la jeune Lia ne fut plus ennuyée, l’interdiction formelle en avait été donnée, et tout aussi curieusement, pendant plusieurs années, il fut très difficile de trouver ne serait-ce qu'un élément blanc dans ces contrés...


P.S : je n'avais pas lu les autres productions avant, pour ne pas me faire influencer mais c'est super ! De voir ce qu'on peut faire à partir d'une seule phrase...
@ Valentia (et peut-être aussi Aurélien du coup) c'est marrant, on retrouve des éléments communs, le château, les cours...
Et on a que des héroïnes filles... d'ailleurs Ewells, c'est juste parce que c'est Nym, ou bien tes personnages principaux sont souvent féminins ? (je crois naïvement que quand on écrit, on a tendance à faire un héros du même sexe que soit, parce que c'est plus facile à comprendre, à transcrire et parce qu'aussi on est toujours un peu ses personnages...) Du coup, ça m'impressionne un peu ^^
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Message par Aurelien » 01 mars 2013, 08:50

Wouaw Sayelan fait son entrée en force !
Superbe histoire :-)
J'ai immaginé ça dans un genre de Poudlard !

C'est super de vous lire tous en tout cas !
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Message par Valentia » 01 mars 2013, 09:27

Je suis d'accord avec Aurélien pour dire que ça fait un peu Poudlard... En tout cas c'est plutôt bien amené.

Pour ce qui est du sexe des personnages, je n'écris pas qu'avec des personnages féminins. Ici, j'ai repris l'héroïne d'une de mes pièces de théâtre car je trouvais que la situation pouvait parfaitement lui convenir... =)
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Message par Sayelan » 01 mars 2013, 13:18

Aurelien a écrit : J'ai immaginé ça dans un genre de Poudlard !

Harry Potter est l'une des bases de référence de mon imaginaire, c'est vrai, ça doit être pour ça ^^ et moi aussi je trouve ça super comme jeu, qui est le génie qui en a eut l'idée ? ;)

@Valentia : bon, ben tu m'impressionnes un peu aussi... ^^ moi j'ai du mal à rendre crédible un personnage principal masculin...
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Message par Aurelien » 01 mars 2013, 14:04

Haha je me disais bien que HP t'inspirait ;-)
Les règles du jeux ont été inventées à plusieurs en fait.
Au départ ça ne devait pas être tout à fait ça mais on a tous rapidement dérivés vers cette nouvelle règle ;-)
Et c'est tellement intéressant que chacun poste sa vision d'un phrase.
Ça travaille l'imaginaire de chacun :-)
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Message par Ewells » 01 mars 2013, 14:18

Oo pas mal sayelan ! très belle version .

Pour ma part j'utilise indifféremment les deux sexes celons ce qui passe le mieux dans ma situation (et Nym est un personnage récurent dont j'ai établi la cartographie dans toutes les directions :p ) , je n'ai aucun mal à me placer dans l'un ou dans l'autre pour visualiser l'histoire, toutefois je suppose que je fais confiance à une grande part de clichés ou d'estimations pour les femmes et j'espère que si un jour l'une d'elle n'est pas crédible on me le fera remarquer :p
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Message par Aurelien » 01 mars 2013, 15:14

Voici ma version :-)

- Je n'y arrive pas maître ! - Lança le jeune apprenti. 
- Essaye encore. Essaye avec ton cœur. -Répondit le magicien d'une voix caverneuse et autoritaire. 
- Ala mectum rictum.

Et rien ne se produisit...

Le jeune apprenti essaya encore et encore de lancer ce sort qui semblait être, d'après son maître, un fondement en matière de magie. Mais quelque chose manquait. L'incantation était parfaite, ainsi que sa posture mais aucune flemme n'apparut entre ses jeunes mains inexpérimentées. 

C'est lorsque la cloche du château se fit entendre, annonciatrice d'une visite impromptue que le maître magicien autorisa son élève à disposer. Le viel homme resta quelques instants immobile à regarder son élève s'éloigner vers l'imposant édifice. 

- Agenor ! Vous avez l'air pensif - Lança un chasseur en s'approchant du magicien avec une biche sur les épaules. 
- Mon bon Ewells !  Effectivement... L'apprentissage de Valar s'avère plus compliqué que çe que je n'aurais imaginé. 
Je ressens un grand pouvoir chez lui mais il échoue là ou les plus faibles ont réussi... Je ne sais pas si j'use de la bonne méthode avec cet enfant...
- Vous y arriverez maître. Vous n'avez jamais échoué. -Rétorqua le chasseur. 

Au château, Valar se dirigea nonchalamment vers ses appartements mais son amie Nym barra sa route. 
- Sais tu qui approche ? -Questionna t elle. 

Valar l'observa un moment avant de lui répondre. Nym était une jeune fille qui prenait une place importante dans le cœur de l'apprenti (et il adorait ses longs cheveux noirs).  Du haut de ses 16 ans, il n'avait que peu d'expérience en amour mais la compagnie de la jeune fille lui procurait une sensation de bien être et ce, depuis le jour de leur rencontre. Même si Valar ne l'avait jamais admit, il était persuadé au plus profond de son être qu'elle était l'ELUE.

- Sais tu qui approche ? - Relança Nym.
- Non... Je l'ignore... Rétorqua le garçon. 
- Je suis toujours inquiète quand j'entend la cloche... Depuis cette dernière attaque... - Fit-elle d'une voix tremblante.
- J'ai beau ne pas maîtriser de sorts, je te protégerais au péril de ma vie si il le faut ! - Cria Valar.

Lorsque leur attention fit détournée par le cri de la vigie.

- Alerte !!! Ils reviennent !!!

À ces mots, Valar agrippa la main de celle pour laquelle il venait de promettre sa vie et traversa la grande cour du château en direction de l'abri souterrain. 
Les premiers cris se firent entendre et les gardes tombèrent des remparts comme des mouches que la vie avait quitté. 
Les deux compagnons coururent de plus belle avant d'atteindre la lourde porte qui les protégerait de cet enfer. 
Ils entrèrent tous deux dans la salle sombre en compagnie des autres rescapés et Valar, après avoir pris soin de placer Nym au plus loin de l'entrée, alla prêter main forte aux hommes pour verrouiller la porte. C'est après maints efforts qu'ils finirent par y parvenir et purent enfin souffler. 
Quand Valar alla enfin rejoindre celle qu'il aimait, il la découvrit se débattant avec 3 de ces monstres. Ces derniers étaient restés calmes plusieurs semaines mais c'était bel et bien dans le but de créer ces galeries souterraines et attaquer au cœur des défenses. 
C'est sans aucune incantation que des flemmes rougeoyantes se formèrent entre les mains de l'apprenti. Une chaleur insupportable envahit alors la salle laissant monstres et humains en arrêt. Mais les flemmes grossirent encore et les yeux de Valar se mirent à changer de couleur passant à un rouge qui évoquait le sang. 
Sentant le danger, l'armée d'envahisseurs regagna les galleries par lesquels ils étaient arrivés mais avant qu'ils aient tous disparus, le Magicien lança ses bras dans leur direction. Dans un souffle difficilement supportable, les flemmes incendièrent le réseau d'artères souterraines laissant derrière elles des squelettes calcinés. 
Après le choc, le jeune héros tomba à la renverse sur les pierres froides de la salle. 
Après plusieurs minutes d'inconscience, Valar se traina vers Nym dont le corp était allongé quelques mètres plus loin. Il caressa ses longs cheveux noirs de sa main tremblante et encore brûlante. A ce contact, la jeune femme ouvrit les paupières et rassembla ses dernieres forces pour prononcer :
- Tu ... avais promis...
Puis elle s'éteignit. 
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Valar Morghulis
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Message par Valar Morghulis » 01 mars 2013, 15:21

Quand je lis tout ce que vous écrivez, je me dis qu'un jour j'aurais le courage de participer x) mais pas demain la vieille je pense xD
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Message par Valentia » 01 mars 2013, 15:36

Pas mal non plus, Aurélien... Et pas si proche du mien que tu le craignais, je trouve. Certes, c'est un peu la même idée de fond, mais comme on part tous de la même phrase... Et puis, ça ne se termine pas aussi bien que le mien. Même si bien sûr, je pourrais continuer à écrire et en faire un genre de tragédie, car tout ceci n'est pas terminé.

Par contre, s'il est question de feu, c'est une flamme avec un a et non avec un e. La flemme étant la paresse, je doute qu'elle soit une arme très efficace contre des monstres... :langue:
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Aurelien
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Message par Aurelien » 01 mars 2013, 15:55

Haaaaa #Fouet
Pas fais gaffe à celle là
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Message par Ewells » 01 mars 2013, 19:28

Je suis juste choqué (O-O) devant le meurtre que tu réalise (O-o) devant mes yeux ébahis, tuer Nym , c'est un véritable outrage à mon héroïne préférée, sois sur qu'elle se vengera sous peux et que ce sera terrible ! JE VAIS T ENVOYER EN ENFER ! ( et je vais déposer un copyright sur son corps, son esprit, ses cheveux noirs, et tout le reste ! )
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Message par Ewells » 01 mars 2013, 19:31

'' mais Nym se releva soudain et mordit l'auteur à la gorge, le transformant irrémédiablement en vampire et lui infligeant milles tourments ''
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Message par Sayelan » 01 mars 2013, 23:16

J'aime bien ta version Aurélien, inspiration rpg ? Ça m'y fait penser en tout cas ^^

Par contre, ça me fait bizarre que Valar soit un mec... et puis flemme, est-ce un lapsus ? Serait-ce une révélation sur une part de ton caractère ? :happy:

Quant à savoir si c'est une bonne attaque sur un monstre, je pense que ça peut être le cas si ça leur retire toute envie de se battre... peut-être même que ça permettrait ensuite de les apprivoiser ? :happy:
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Message par Aurelien » 02 mars 2013, 08:37

Oui bon le coup de flemme c'est un peu ce qui peut arriver quand on fait tout sur un mobile... Mais ça pourrait faire un truc aussi.
Après c'est vrai Valar ici est un garçon du fait que les membres actifs du forum masculins sont pas si nombreux... Et puis Valar ça fait mec !
Et oui j'ai failli faire relever Nym pour tuer Valar mais finalement il vivra avec ça pour toujours ;-)
Et oui cette version est bien inspirée rpg ;-)
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Message par Aurelien » 03 mars 2013, 00:53

Bon on attend plus que la version de JustDream ;-)
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Message par Justdream » 03 mars 2013, 11:11

Hummm humm ouiiiiii. Je vais essayer d'écrire un petit paragraphe aujourd'hui, promis !
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Message par Justdream » 03 mars 2013, 11:43

Tadaaaam !



Et merde ! Il ne manquait plus que lui…
— Franchement, tu me déçois, Ewells… me dit l’homme que je connaissais trop bien.
Je balayai ses mots d’un geste de la main et me relevai malgré le canon sur ma tempe. Je pris un air hautain et envoyai un regard noir à celui qui se faisait appeler Agenor en ce XXIe siècle.
— Vous saviez que j’échouerais et cela vous doit vous prodiguer un plaisir sans borne. Cette mission était, en quelque sorte, mon enfer personnel. N’est-ce pas, Maitre ?
Il m’adressa un sourire mauvais, révélant des dents blanches dont les canines étaient semblables aux cros des vampires, le rendant bien plus dangereux que l’arme menaçant de m’exploser la cervelle.
— Tu es un idiot, Ewells…
— J’obéis aux ordres, le coupai-je sans ignorer ce que cela impliquait.
Un puissant impact sur la joue qui fit craquer les os ; l’arme venait de s’abattre avec puissance contre ma peau, faisant jaillir un liquide visqueux dont la couleur rappelait celle des ténèbres.
Quelque chose monta dans mes entrailles, incontrôlable et bestiale. La température de mon corps s’éleva brusquement et une odeur de soufre remplit l’air. Mon esprit s’assombrit, me rendant aveugle à toute lumière, et, le feu courût sous ma peau devenue comparable à de la lave en fusion.
Un rire machiavélique termina de pousser la bête qui sommeillait en moi à exploser. Je sautai vers mon Maître avec toute la rage enfermée aux fonds de mes entrailles. Mais celui-ci était bien plus fort et, d’un simple claquement de doigts, il m’envoya valser contre le mur. Je grognai férocement, la voix brisée :
— Vous vouliez que j’aille la chercher ! Vous vouliez…
— C’est exactement ça, Ewells, siffla-t-il. Et je t’avais dit ce qu’il t’attendait en cas d’échec. Cela pourrait m’attrister, si mon cœur battait encore, car tu es l’un de mes meilleurs généraux ! Mais, j’ai horreur que l’on me déçoive…
J’aperçus sa main générer une boule de feu qui était braquée dans ma direction. À mon tour, je me préparai, en concentrant toutes mes forces vers l’extrémité de mes doigts. La chaleur de la puissance monta brusquement, devenant insoutenable pour n’importe quel humain, mais terriblement familière pour l’être que j’étais.
Mon assaillant libéra sa terrible puissance et c’est à ce moment précis que le sort qui naissait entre mes mains se libéra, créant une véritable détonation d’énergie…
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Message par Aurelien » 03 mars 2013, 12:22

Excellent c'est la suite directe du chapitre précédent !
A ce rythme tu pourras faire un livre complet ;-)
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Message par Ewells » 03 mars 2013, 13:14

J'ai un peu du mal à savoir qui parle, il y à trois personnages ou deux ?
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Message par Justdream » 03 mars 2013, 14:05

@Aurélien : c'est ça ! Je me suis appuyée sur les précédents écrits ! haha
@Ewells : il n'y a que deux personnages, comme pour l'écrit précédent : deux hommes, Agenor et Ewells :p
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Message par Aurelien » 03 mars 2013, 14:39

Quelqu'un veut relancer ?
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Message par Aurelien » 04 mars 2013, 12:18

Puisque personne ne semble se décider, je relance avec :
"Il disparut comme par enchantement"
Ce qui devrait laisser pas mal de manœuvre.
Puis je vais essayer de faire un happy end pour une fois...
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Message par Justdream » 04 mars 2013, 16:24

On est toujours dans la magie :D
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Message par Aurelien » 04 mars 2013, 16:41

Oui :-)
C'est finalement ce que les membres aiment donc des chances que ça inspire tout le monde :-)
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Message par Ewells » 04 mars 2013, 23:15

bon bon bon, moi je continue sur ma lancée :p




Elle récita la formule et le corps de la jeune fille se détendit instantanément, puis il disparut comme par enchantement… Le jeune garçon poussa un cri d’effroi quand sa sœur disparu devant ses yeux écarquillés. Il fit un pas en arrière et pointa un doigt accusateur en direction de la jeune femme.
Que lui avez-vous fait ! cria-t-il avec peur, rendez-moi ma sœur !
Mais Nym ne l’écoutait pas, elle-même n’en croyait pas ses yeux, comment cela avait-il pu arriver ? Elle posa une main à l’endroit où se situait le bras de la jeune fille une seconde plus tôt et elle regarda avec surprise ses doigts se serrer sur le vide.

Elle était toujours là ! Nym en fut un peu rassurée tandis que le jeune garçon était sorti de la chambre et hurlait après ses parents. Elle aurait bientôt des ennuis mais elle n’avait pas le choix, elle devait trouver une solution. Elle tenta plusieurs formules en sa connaissance mais n’obtint pas le moindre résultat, la maison raisonnait des bruits de pas des parents en approche…
Soudain, alors qu’elle tentait un nouveau verset, le lit se déforma.
-Madame, qu’es ce que vous dites ? demanda la voix claire d’une jeune fille.
La question la prit de court et elle s’interrompit en marmonnant.
-Je, euh, rien, ne t’inquiète pas tout vas bien se passer, répondit Nym en bloquant la porte de la chambre avec une chaise.
Quelques secondes plus-tard des coups furieux et les cris de colère des parents résonnèrent dans le couloir, l’homme déclara partir chercher une hache et la mère me maudit de tous les noms en me disant d’ôter mes mains de sa fille. Elle n’avait plus beaucoup de temps devant-elle…
-Je ne te veux pas le moindre mal … ajouta Nym en se doutant que la situation avait dû quelque peut effrayer la fillette, Tu es atteinte d’une étrange maladie et je suis là pour te soigner !

Le lit devint silencieux et elle n’eut aucune réponse de sa patiente. Dans son dos la lame d’une hache traversa le panneau de bois qui la séparait des parents en colère. La porte ne résisterait sans doute pas à plus d’une dizaine de coups et qui sait ce qui lui arriverait alors. Prenant son courage à deux mains Nym fonça vers le lit et passa ses mains sur la zone du matelas de paille qui semblait écrasée. Elle souleva bientôt le corps invisible de la fillette qui lui envoya un petit coup de poing fantomatique en récompense ;
-Cesse de te débattre ! Cria Nym en se dirigeant vers la fenêtre.
Elle en ouvrit les battants d’un coup d’épaule et se jeta dans la nuit. Nym savait qu’il s’agissait d’un vol d’enfant mais elle n’avait pas le choix, sûr qu’on ne la laisserait jamais plus approcher la jeune fille et qu’elle était la seule à pouvoir lui rendre son apparence, elle était prête à courir le risque.

Nym n’avais jamais vue l’intérêt de s’entrainer physiquement, pour elle seul la connaissance et les formules étaient importantes. En ce soir de pleine lune alors qu’elle traversait le jardin d’herbes folles qui séparaient la maison de l’orée de la forêt, elle se maudit intérieurement d’être si fatiguée en transportant un corps aussi frêle et pris une bonne résolution qu’elle ne tiendrait surement pas à tête reposée…
La petite fille pleurait dans ses bras et se débattait de façon insupportable, jetant un regard derrière elle Nym constata que des torches s’éloignaient elles aussi de la maison dans le sillage de sa course. Elle se demanda un instant dans quoi elle s’embarquait, mais son sens des responsabilité qui orchestrait une si grande partie de sa vie estudiantine lui interdit toute mutinerie. Elle devait trouver une solution à son sort sans quoi elle s’en tiendrait responsable toute sa vie.

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Message par Aurelien » 05 mars 2013, 11:00

Cool !
C'est un excellent texte ! Très bonne intrigue :-)
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Message par Aurelien » 05 mars 2013, 15:22

Je vais peut être en proposer une autre ...

Son teint perd en vivacité et prend une couleur pâle qui lui donne un air fiévreux.

- On m'a accordé ce dernier contact mon amour pour que je puisse te dire que tu es forte. Tu es la femme la plus forte qu'il m'ait été donné de rencontrer. Cette force que tu as en toi c'est aujourd'hui qu'elle va t'être nécessaire. Je serais toujours près de toi mais c'est seule qu'il faudra que tu affronte les obstacles désormais. - Me dit-il de sa voix la plus douce.
- J'essaierais ! - Lui repondis-je en me frottant les yeux qui commençaient à s'emplir de larmes. 
- Tu y arrivera. J'ai confiance en toi. Et saches que même si je ne pourrais me manifester, je resterais près de toi. Je sais que tu prendra les bonnes décisions. 

Je souhaiterais tellement l'enlacer une dernière fois,  et graver cette dernière étreinte au plus profond de ma mémoire, qu'il passe une dernière fois ses doigts habiles et délicats dans MES LONGS CHEVEUX NOIRS. M'imprégner une dernière fois de son parfum délicat et envoûtant. Sentir son souffle, rassurant, dans le creux de mon cou. Je voudrais tellement qu'il continue à être l'homme sur qui je peux m'appuyer quand tout vas mal. 

Il prend maintenant une apparence fantomatique et je commence à distinguer les formes au travers de son corps.

- J'aimerais aussi pouvoir te toucher une dernière fois... - Me glissa-t-il comme si il lisait dans mes pensées. 

Son corps s'efface lentement comme par enchantement laissant place à une sorte de fumée translucide.
Incapable de retenir les larmes qui inondent désormais mon visage, je lui lance un - sans doute le dernier -

- Je t'aime !
- Et je t'aimerais toujours - répondit-il d'une voix qui semblait maintenant si lointaine.

Je me vengerais de cette droguée qui a assassiné mon mari. 
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Message par Ewells » 06 mars 2013, 09:13

levy sort de se corps! :p tu change radicalement de style, pas mal pour une première :p
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Message par Aurelien » 06 mars 2013, 13:11

Merci :-)
C'est vrai que quand je me relis j'ai pas l'impression que c'est moi...
Peut être l'effet incarnation de personnage féminin...
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Message par Ewells » 08 mars 2013, 09:10

hop hop hop, on se remet en selle ! :p peut-être faudrait-il déjà trouver une autre situation, cette dernière ne semble pas avoir inspiré grand monde :(




Une branche lui griffa la joue quand elle pénétra dans la forêt, elle ne pouvait plus courir, aussi bien à cause de l’enchevêtrement de racines qui jonchait le sol que du fait des membres fantômes qui n’avaient de cesse de la frapper.
Le souffle court elle sentait ses poumons la brûler et n’arrivait pas à récupérer ses forces, seul les cris de colère qui réduisaient la distance à chaque seconde arrivaient à la faire avancer plus loin. Elle avait peur et elle senti sa détermination faiblir en entendant les pleurs de la fillette redoubler de force. Jamais auparavant elle n’avait subis une telle épreuve, une petite voix se faisait de plus en plus insistante dans son esprit. Laisse la à terre et vas-t-en ! C’est à ce moment-là que Charle apparut devant-elle. De surprise la jeune femme s’arrêta avec un petit cri. Son vieil ami la regarda quelques secondes et ne demanda aucune explication.
-Fuis, je vais les retenir.

Nym hocha la tête et repris sa course.
La jeune fille se calma après une dizaine de minutes supplémentaires, si bien que sans le poids sur ses bras Nym aurait pu croire qu’elle s’était volatilisée pour de bon. Après encore quelques mètres Nym n’en put plus et elle se laissa choir dos à un arbre tout en serrant la jeune fille dans ses bras.
-Je suis désolée… dit la jeune femme d’une voix fragile, je suis vraiment désolée…
Une larme perla sur sa joue.
La jeune fille ne se débâtit pas de cette étreinte imposée, elle ne dit pas non plus un mot quand Nym essaya tant bien que mal de lui expliquer d’une voix hachée par l’émotion la raison pour laquelle elle l’avait enlevée. Ce n’est que quand le silence emplit à nouveau la forêt qu’elle déclara simplement.
-Rends-moi ma maman.
-Je ne peux pas faire ça tant que tu es dans cet état… soupira Nym
-Alors je me tais. Trancha la petite fille d’un ton catégorique.
Et elle se tût, Nym ne s’attendait pas à ce que cela soit si pesant mais c'était plus dur à supporter que si elle l’avait insultée . Le lendemain matin elles reprirent la route, Nym tenant fermement la main invisible de son petit otage. Elles arrivèrent à la mi-journée devant la masure au milieu des bois. Joseline sortit de la petite construction avec un grand sourire et Nym sentit instantanément son bras se raidir sous la traction qu’effectuait la petite fille devant la vision de cette femme éthérée… C’est à ce moment précis que Nym se rendit compte que la petite n’avait pas encore remarquée son propre manque de substance… (eh oui, on pourrait même dire qu’elle était disparue comme par enchantement ! )
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Message par Justdream » 08 mars 2013, 10:38

@Aurélien : atta, c'est la suite d'un des écrits précédent ???
J'ai bien aimé en tout cas, triste et rempli d'émotions.

@Ewells : Toujours aussi inspiré :D

Aaah, désolée, je n'ai vraiment pas eu le temps de participer... Trop de choses à faire :D
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Message par Sayelan » 08 mars 2013, 20:14

Ewells a écrit :hop hop hop, on se remet en selle ! :p peut-être faudrait-il déjà trouver une autre situation, cette dernière ne semble pas avoir inspiré grand monde :(

Mais si, mais si, c'est juste que la reprise a été un peu dure ^^'

Voilà ma version :

"Il a disparu comme par enchantement, il a disparu comme par enchantement et les oiseaux c'est des éléphants ?!"
Juliette, du haut de ses 9 ans, était furieuse. Elle aurait volontiers donné des coups de pieds à la grande adolescente brune qui lui servait de baby-sitter mais cette dernière, perchée sur ses premiers talons aiguilles de femme tellement tout neuf qu'ils la faisaient marcher comme un robot, tremblait déjà aussi fort que le mode vibreur de son portable qu'elle ne quittait jamais. Or, elle l'avait lâché présentement. Il était par terre, devant elle, dans les gravillons de l'allée du parc et elle ne le ramassait pas. Elle continuait de répéter, la bouche béante, les yeux comme des soucoupes :
- Il... il a disparu comme par enchantement...
Il, c'était Thomas, le petit frère de Juliette. Il avait 5 ans. Et effectivement, il n'était plus là. La balançoire sur laquelle il s'amusait quelques minutes auparavant grinçait encore mais aucune trace du petit garçon blond. Juliette serra les poings. Elle détestait Louane. La jeune fille, rejeton adoré des voisins, était toujours tout sucre, tout miel devant les adultes, mais dès que plus personne ne la regardait, elle s'avachissait dans un coin avec son portable chéri et ne s'occupait plus que de ses précieuses anglaises -naturelles attention- qu'elle entortillait avec délice autour de ses ongles manucurés. Elle ne pensait qu'à elle, toujours à elle, il ne fallait pas qu'ils fassent de bruit à la maison pendant qu'elle regardait ses séries, alors que c'était chez eux ! Et elle ne donnait pas le bain à Thomas, ne faisait pas à manger, ne fichait strictement rien ! C'est Juliette qui faisait tout mais ses parents persistaient à la trouver trop jeune.
Et aujourd'hui, malgré le ciel lourd, sombre et menaçant d'une aube d'orage, Louane les avait emmené au parc, se dandinant comme une idiote sur ses échasses dont elle espérait récolter quelques éloges. Juliette, en plein dans une trilogie pleine de magie et d'intrigues avait protesté mais Thomas avait eut l'air séduit par l'idée alors elle avait accepté. Après tout, il y avait un vieil arbre près de la mare dont les racines proéminentes formaient un siège plutôt confortable. Elle s'y était donc réfugiée dès son arrivée au parc, son frère s'était précipité sur les toboggans et la pouf avait pouffé en se posant sur le banc le plus proche de l'aire de jeu, les jambes croisées comme les dames, un neuf escarpin brillant se balançant d'un rythme qui se voulait envoûtant. Juliette, exaspérée, avait levé les yeux au ciel de plus en plus sombre : comme si quelqu'un allait sortir par un temps pareil, alors un prince charmant... Enfin, avec un peu de chance il pleuvrait bientôt, les chaussures de Louane seraient fichues et peut-être même qu'elle se tordrait une cheville ou deux... Un sourire guère aimable avait fleurit sur les lèvres de la petite fille, son frère avait poussé un cri de joie en échos, comme s'il se délectait aussi du spectacle imaginaire et Juliette, légèrement de meilleure humeur, s'était plongée dans sa lecture. S'y était même un peu noyée car l'intrigue s'accélérait, le héros était en danger... ! et juste au moment le plus important, Louane avait poussé un cri de souris suivit de cette phrase qui semblait être la seule fonction que sa cervelle d'idiote soit encore capable d'assurer. Et elle la répétait, encore et encore, comme un vieux disque rayé...
- Il... il a disparu comme par enchantement, articula l'adolescente pour la énième fois.
- Comment ça ?! la rabroua violemment la petite fille.
- Il a disparu--
- J'ai compris ! la gifla de mots Juliette. Mais comment ?! Il était là, juste sous ton nez, où est-ce qu'il est parti ?!
- Mais... mais... , balbutia l'adolescente qui avait l'air toute petite devant la fillette bien plus mature qu'elle.
Ses paupières clignotaient comme les phares d'une voiture et ses mains s’écrasaient l'une contre l'autre.
- Louane ! lui cria dessus la petite fille. Où est Thomas ?!!
Et parce que ça ne suffisait pas, parce que la grande perche continuait à faire le poisson dans l'air, Juliette sauta sur le banc et se mit à secouer sa baby-sitter sans aucun ménagement. Elle savait que ce n'était pas la meilleure solution, elle comprenait que Louane devait être en état de choc mais, et justement pour ça, il fallait agir !
- Raconte ! enjoignit-elle à l'adolescente avec une telle autorité que Louane, l’arrogante Louane, obtempéra sans discuter.
- Y'a... y'a eut un... comme un éclair et...
Juliette fronça les sourcils : l'adolescente, les yeux plein de larmes, bégayait, ce qui agaçait beaucoup la petite fille. Elle n'aimait pas les pleurnicheurs. A tel point qu'à l'école, quand éclataient des sanglots dans un coin, on ne pouvait la trouver que dans l'autre, le plus loin possible de la crue. Elle détestait les faibles. Et puis cette histoire d'éclair, elle avait beau oublier ce qui l'entourait quand elle lisait, elle ne devenait tout de même pas sourde...
- Je n'ai rien entendu, rétorqua-t-elle donc avec scepticisme, quel éclair ? et quel rapport avec Thomas ? Louane !!! l'appela Juliette pour que les yeux de l'adolescente se concentre sur elle.
Un cri qu'elle agrémenta avec plaisir d'une paire de claque sur les joues étouffées de fond de teint de l'adolescente. Cela aurait du suffire à ce que l'attention de la jeune fille lui revienne, mais, après avoir essuyé ses mains poisseuses de maquillage sur la belle veste de velours de Louane, Juliette se rendit compte que ce n'était pas le cas. Sa baby-sitter, tremblant de plus en plus, ce que la fillette n'aurait pas jugé possible quelques secondes auparavant, essayait de former des sons avec sa bouche sans parvenir à en formuler un seul. En désespoir de cause, elle finit donc par tendre lentement le doigt, comme dans un film, pour désigner l'aire de jeu. Juliette, machinalement, suivit le geste.
"Oh, pensa-t-elle, ce genre d'éclair"
Au dessus des balançoires, une sorte de maelström lumineux et crépitants se formaient. Comme dans les livres. Une sorte de failles probablement, vers un autre monde ou une autre dimension. Thomas avait dû être absorbée par l'une d'elle... Derrière le brouillard engourdissant qui l'avait saisi, Juliette se surprit vaguement de l'être si peu. C'était tout de même potentiellement grave. Un son aigue, crissant, émergea soudain de l'espèce de faille et Louane s'affala sur le sol. Ses chevilles ? Ses genoux ? Les talons aiguilles ou la peur ? En tout cas, l'adolescente avait l'air terrifiée.
"Et moi alors ? se demanda Juliette. Je ne le suis pas ?" Peut-être qu'elle était en état de choc elle aussi, elle avait déjà lu des description de cette ouate blanche qui pouvait saisir les soldats par exemple, face à l'horreur des champs de bataille ou des choses comme ça... Mais elle pouvait réfléchir, elle était même parfaitement lucide et libre de ses mouvements. Pour s'en assurer, elle avança une jambe et fit un pas. Oui, ça marchait. Elle marchait. Elle actionna son pied gauche, puis à nouveau le droit. Puis les deux et de plus en plus vite, jusqu'à courir vers l'étrange trou d'énergie. Quand elle fut juste devant, elle s'arrêta et le contempla. Elle ne voyait rien à travers. Ou plutôt des tas et des tas de choses, tellement et tellement vite qu'elles ne pouvait en distinguer aucune. Elle sentait du vent aussi, sur son visage, mais pas du vrai, pas un vent d'air, un vent d'autre chose qu'elle ne parvenait pas à expliquer. De la magie ? Ça lui aurait tellement plu que oui... et pourquoi cela n'aurait-il pas été le cas ? Peut-être que la physique quantique pouvait expliquer le phénomène qu'elle avait sous les yeux mais d'une part elle n'y connaissait rien et d'autre part, pas moyen. Elle ne voulait pas. Elle ne pensait pas. De la magie... Juliette sentit l'excitation grandir en elle, de la vraie pure magie sous ses yeux bien ouverts ! Soudain prise d'un doute, elle se mit une claque. Sa joue la picota et elle sourit : elle avait mal, c'était bien pour de vrai. Est-ce que Thomas avait disparu là-dedans ? Elle connaissait son petit frère, les portes de l'enfer auraient pu s’ouvrir devant lui, par curiosité il y aurait fourré ses boucles blondes. Aucun doute, il était de l'autre côté. Il avait bien disparu par enchantement finalement...
Juliette jeta un regard derrière elle, Louane n'avait pas bougé. Au sol, complètement perdue, elle fixait seulement la petite fille qu'elle n'arrivait pas à comprendre. La fillette haussa les épaules. C'était plus que rare, une telle occasion de vivre une histoire pour de vrai, si la stupide princesse voulait la manquer, à sa guise... La petite fille, elle, se pencha, ramassa un caillou et le lança dans le maelström qui continuait à siffler. N'avait-il pas diminué ? Il fallait qu'elle se dépêche... La pierre qu'elle avait utilisée comme un test, n'explosa pas, ne se désintégra pas, disparu simplement... Bon... elle devait être de l'autre côté, hein... Il y avait forcément un autre côté. Croisant les doigts, Juliette pris une grande inspiration et sauta dans la drôle de faille.
Ce qui lui arriva pendant le trajet, elle ne le comprit pas. Tout allait très vite et très lentement. Elle vit une quantité indénombrable de choses, de mondes, de temps, cependant, il y avait bien trop d'informations pour que ses yeux, son cerveau et sa mémoire humaine puisse traiter les signaux qu'ils recevaient. Puis, tout à coup, sans transition, elle arriva de l'autre côté. Le tunnel spatio-temporel cessa simplement et elle tomba. Pendant environs 3 mètres. Elle se serait probablement fait mal si un grand jeune homme blond n'avait amorti sa chute. Un grand jeune homme plutôt beau. Et évanoui. Un filet de sang coulait de son front et une pierre trainait juste à côté... Oups... quand même pas celle qu'elle avait lancé ?!
Juliette était sur le point de se relever pour aider le matelas humain qui avait probablement sauvé ses fragiles os de petite fille quand son regard se posa sur son environnement et la fit bondir sur ses pieds... Elle n'en revenait pas, où que se pose son regard, étrangement, tout était blanc, du ciel à la terre, tout, absolument tout, était blanc...

Pfiou, j'en ai encore fait une tartine, mais ça m'amuse toujours autant :happy: je vais lire vos versions :D
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Ewells
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Message par Ewells » 09 mars 2013, 09:15

:p j'aime beaucoup ta version XD mais alors vraiment beaucoup, si tu prévois une suite fait venir la babay-sitter avec elle stp ! Car au final elles sont toutes les deux aussi immatures l'une que l'autre et ça peut faire prendre la mayonnaise :p (pourquoi j'écris aussi étrangement ce matin ??? )
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Valentia
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Message par Valentia » 09 mars 2013, 09:26

Je n'ai pas vraiment eu le temps d'écrire plus tôt dans la semaine, mais voici finalement ma version !


Erik était confortablement installé dans le fauteuil en cuir noir de la bibliothèque. Il avait beau vivre dans l’un des plus grands manoirs de la région, c’était dans cette pièce aux murs couverts de livres et aux senteurs de parchemin qu’il passait le plus clair de son temps. Le feu qui crépitait en permanence dans l’ancienne cheminée en marbre lui procurait suffisamment de lumière pour déchiffrer les pages qui défilaient sous ses yeux, et sa douce chaleur engourdissait parfois ses membres au point qu’il se prenait à s’endormir loin de son lit –et de sa chère épouse.

En vérité, les romances qu’il lisait dans les pages défraîchies des auteurs inspirés lui semblaient cent fois préférables à celle que lui-même vivait. La femme qui désormais partageait son existence, combien de fois l’avait-il idéalisée, transformée en héroïne de roman ou en l’une de ces muses de poètes qui nous sembleront toujours intouchables ? La réalité étirait ses chemins bien loin de ces utopies livresques…

La jeune femme en effet ne pouvait souffrir la comparaison face à Elizabeth Bennett ou Elsa Triolet. S’il avait cru qu’elle possédait leurs charmes, loin s’en fallait qu’elle arrivât à leur cheville.

Elle s’appelait Ariane.

Erik, justement, était plongé, pour la troisième fois, dans la lecture du sublime Belle du Seigneur. Et, pour la troisième fois, il regrettait que son épouse soit si terne comparée à Ariane d’Auble.

Tout comme cela lui arrivait fréquemment, il continuait de tourner les pages alors que son esprit vagabondait ailleurs. Il perdait le fil de l’histoire, mais peu importait : il la connaissait par cœur. Sa chère Ariane devait être couchée, à cette heure –mais quelle heure était-il ? Il n’en avait pas la moindre idée. Les minutes s’écoulaient différemment en cette pièce hors du temps qui lui faisait revivre le passé et envisager le futur.

Que valait le présent, cette infime part du temps qui n’existait que pour disparaître ? Quelle importance, face à l’infinité de ce qui avait été et de ce qui serait ? Perdu dans ses réflexions philosophiques, les lettres devenaient floues sous ses yeux.

Il songeait à toutes celles qu’il avait aimées, à toutes celles qu’il aurait pu aimer. Comme elles lui paraissaient désirables à présent ! Jamais il ne s’était préoccupé de savoir ce qu’elles étaient devenues. Il aurait tant voulu revenir en arrière, changer le cours des choses ! En choisir une autre, qui aurait été capable de lui faire connaître toutes les faces de la passion, la fureur du désir, la rage de la jalousie, la douceur de la complicité…

Ariane était une bonne épouse, c’est vrai, mais tellement effacée ! Erik aurait apprécié une femme de caractère, capable de lui faire face, de le défier, de le surprendre… C’était trop tard à présent.

Reclus dans sa bibliothèque, enfermé dans ces livres qui lui créaient l’univers dont il rêvait, il pleurait de rage de n’avoir pas su distinguer celle qui était faite pour lui. Les pages déjà cornées de Belle du Seigneur se froissaient sous ses doigts d’ordinaire si délicats. Dans un élan de colère contre lui-même, il envoya le roman se perdre dans la cheminée.

Et il disparut comme par enchantement sous les flammes vacillantes.
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