Tremble-terre, chapitre premier [2em partie postée]

Que tu sois écrivain, dessinateur ou graphiste à tes heures perdues, cet endroit est là pour que tu puisses nous montrer ton talent !
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Ewells
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Message par Ewells » 14 févr. 2013, 13:20

Voici ma nouvelle nouvelle ! Suivez moi dans un nouvel univers, dans un monde qui vous réservera bien des mystères, j'espère me dépasser pour vous fournir une qualité d'écriture encore supérieure !



ps :Je n'oublie pas le club pour autant, la suite de leurs aventures est déjà prévue...



Tremble-terre
1











- William ! Une voix m'appelle... mes yeux s'entrouvrirent.

Un rai de lumière me coupait le ventre en deux... déjà si tard... Je
dus user de tout ma volonté pour soulever la couverture qui me
recouvrait si agréablement. Le froid accueillit ma sortie du lit, je
frissonnai en revêtant les habits d'hiver qui jonchaient le sol de
ma petite chambre.


Je dévalais les escaliers et me retrouvas dans la pièce principale de
la maison : une pièce austère et pas très impressionnante
mais contenant tout ce que mes parents et moi avons besoins pour
vivre.


Ma mère m’accueillis d'un sourire chaleureux, ses grands yeux bleus
me fixaient avec une pointe de malice qui m'indiqua que j'étais en
retard ; deux grosses tranches de pain et une outre d'eau
reposait sur la table devant-elle.


-Ton père est déjà aux champs, il ne sera pas de bonne humeur si tu es
à la traîne. Me gourmande-t-elle


Je rangeai rapidement le repas frugal dans un sac en cuir que je m'étais
confectionné avec la peau du premier renard que j'eus abattu, ensuite je laçais
rapidement mes bottes elles-aussi en cuir, reçues en cadeau de mon oncle
pour mon dernier anniversaire.


Je me relevai rapidement, embrassait ma mère et quittais la chaumière.


A l'extérieur le froid était saisissant, je pris une grande
inspiration et aperçut la lumière pale du soleil d'hiver par dessus
le toit de la grange ou nous entreposons les céréales et le foin.


Un nuage de vapeur ressorti de ma bouche, mais une flaque d'eau
m'indiqua qu'il ne gelais pas encore .


La flaque refléta l'image d'un jeune homme musclé par le travail
mais dont les yeux bleus ne renvoyaient pas la force de caractère du
travailleur manuel. Je donnais un coup de pied dans un caillou qui
détruisit cette lueur indésirable. J'empruntais la route qui menait
de notre propriété jusqu'à sa parcelle la plus éloignée, en-fait
il s'agissait plutôt d'un chemin de terre défoncé par deux longs
sillons dus au passage répété depuis des générations par les
charrettes de mes aïeuls. Je fouillais dans mon sac et constatait
qu'on y avait glissé une grosse pomme rouge, je souris avant d'y
croquer à pleine dent.


J’aperçus de loin la charrette arrêtée au milieu du chemin, la solide
silhouette de mon père était déjà en train de décharger de lourds
sac de grain. Arrivé sur place je caresse d'une main distraite le
vieil âne attelé au véhicule, mon père ne m'adresse qu'un signe
de tête significatif de mécontentement. Je pousse un soupir qu'il
n'entend pas et entreprend de l'aider. La matinée est fatigante mais
par dessus tout elle est terriblement monotone, je m'ennuie à mourir
à répéter les mêmes gestes pendant de longues heures qui semblent
s’étendre à l'infini.


La rédemption arrive enfin à la mi-journée, mon père me demanda
d'aller chercher des outils en réparation chez le forgeron du
village, il me tendis une bourse et me répéta à plusieurs reprises
de ne pas payer si le résultat n'est pas satisfaisant. J’acquiesce
en silence à son discours et dès qu'il me laisse m'en aller un
grand sourire étire mon village.


Le village était à plusieurs lieues de là , c'était un amas de
maisons situés au milieu des plus vieilles exploitations agricoles
de la région. Je dus emprunter plusieurs chemins de terre mais le
paysage ras des champs restait toujours le même autour de moi :
de longues bandes de terre seulement entrecoupées de haies
s'étendaient à perte de vue dans un pays vallonné par les
ruisseaux maintenant passés au service de l'homme grâce à
d’astucieux systèmes d'irrigation. Quand la montée d'une petite
colline me révéla le village en contre-bas j'eus l'impression qu'il
y grouillait encore plus de monde que d'habitude.


La rue principale était dans un bien triste état : la région du
nord attirait depuis longtemps de nombreux hommes en quêtes de
travail mais depuis une génération les canaux d'irrigations avaient
fait leur apparition et les surfaces exploitables avaient connus une
expansion formidable, cela avait attiré un très grand flux de
nouveaux habitants et une nouvelle maison semblait pousser chaque
semaine dans ce pays en pleine ascension, mais dans toute cette
agitation qui aurait eu le temps de penser à un détail comme
l'aménagement des routes ?. De chaque côté de la rue de
nouveaux commerces florissant attiraient l’œil du riche fermier
comme du pauvre ouvrier, tout le monde se pressait contre leurs étals
et la foule semblait déborder de ce village grandit trop vite.
J'étais enchanté de voir autant de monde bouger, ici le monde lui même
semblait avoir un mouvement presque palpable à l'inverse des champs
vides ou je travaillais chaque jour de ma vie.


Je remarquais que de nombreux soldats étaient dispersés au gré de
discussions animées et de courtises passionnés, il s'agissait sans
doute d'une permission accordée a l'armée du nord en poste à tour
de rôle avec les trois autres armées sur le grand mur gris :
l'édifice gigantesque, héritage de nos ancêtres, barrait tout
passage entre l'extrémité sud du pays et le grand désert, les
nombreuses légendes sur sa construction pour repousser l'avancée du
peuple maudit des tremble-terre étaient contées par toutes les
mères à leurs jeunes garçons, moi même je m'étais alors imaginés
milles combats épiques sur son imposant chemin de ronde, luttant
contre les démons jusqu'au lever du jour.


Pris dans mes pensées je m'étais arrêté au milieu de la rue et le
soldat dont je fixais l'épée me regarda d'un œil suspicieux. Je
repris ma route en affichant une moue gênée et me dirigeais vers la
forge, me repérant grâce au nuage de fumée qui se dégageait de sa
cheminée.


-Oncle Stephen ? Demandais-je en poussant la porte.

Dès qu'elle se referma dans mon dos j'eus l'impression que le bruit de la
foule s'était tut et que l'atmosphère brûlante qui régnait ici
n'était plus emplie que par le martèlement régulier du forgeron.


Le bruit s'interrompit soudain et un homme ressemblant beaucoup à mon
père releva la tête de l'enclume ou reposait une barre de fer
chauffée à blanc.


-Will ! S'exclama l'homme en posant ses yeux verts surmontés de sourcils
broussailleux sur moi.


Il était aussi musclé que mon père mais oncle Stephen ne semblait
jamais être arrivés à dompter sa tignasse brune et il semblait
toujours sortir d'une nuit mouvementée, je le soupçonnais fort de
ne pas se soucier de l'image qu'il donnait de lui même.


Mes yeux furent ensuite irrésistiblement attirés par le métal
incandescent, le travail de mon oncle était pour moi semblable à de
l'art, je passais souvent mes journées libres à venir l'observer
pendant des heures, fasciné...


Oncle Stephen mis le tison dans l'âtre de la forge et j'en actionnais la
soufflerie pendant qu'il s'était retourné pour fouiller dans le
stock d'outils.


Il revint vers moi les bras chargé;
-Toujours pas parti à l'aventure ? Tu as déjà seize ans, ne perds pas
de temps ! dit-il d'un ton bourru . Je me rappelais le jour ou je lui avait révélé mon
envie de voyager, depuis il ne me laissait pas un instant de répit,
me rappelant mon rêve à chaque rencontre.



-Pas encore... dis-je d'une voix gênée, je manque d'argent .


Oncle Stephen me tendis une fourche et posa une pelle contre le mur.

-Mon frère est un radin et on ne le changera plus, dit-il d'un ton lassé,
un sourire entendu étira légèrement sa bouche, Je suppose qu'il
t'a demandé de juger la qualité de mon travail...


Une étrange rivalité régnait entre les deux frères depuis aussi
longtemps que mes souvenirs remontes, même si celle-ci était
principalement alimentée par mon père.


Je saisis la fourche et observais l'endroit ou une dent s'était
brisée : le résultat était impressionnant, on aurait su dire
qu'elle s'était cassée. Je ne pris même pas le temps de regarder
la pelle.


-C'est parfait, comme toujours. Répondis-je à mis voix en passant un doigt
à l'endroit ou elle s'était cassée.


-Ça fera trois pièces de cuivres, mais tu me fera le plaisir d'en garder
une pour ton voyage, me dit-il avec un clin d’œil. Je le
remerciais et lui souhaita une bonne journée, puis je quittais la
forge avec les deux outils.


Sur le chemin du retour je ne pus m'empêcher de repenser à mon rêve,
mon désir de voyage se voyait ravivé à chaque fois que mon oncle
le rappelait à mon souvenir, mais malheureusement toutes les portes
semblaient fermées devant moi... J'étais fils unique, ce qui est
plutôt rare dans cette région, mais cela signifiait surtout la fin
de la ferme familiale en cas de désertion et cela semblait un
obstacle infranchissable en dépit de tout les plans que j'eus pus
inventer.



Le jour était sur le déclin quand je revins chez moi et le froid se
faisait mordant, la lumière du foyer scintillait au travers des
fentes entre les planches de bois formant les murs. Je poussais la
porte et posais les deux outils contre le mur. Mon père était
debout à côté de la cheminée, il me lança un regard qui
indiquait qu'un interrogatoire allait suivre. - Mes outils ont ils
survécus à la maladresse du forgeron ? Demanda-t-il d'un ton
froid.

-Ils sont en parfait état et il n'a demandé que trois pièces de
cuivres pour le tout.

Il me fixa un moment avec son habituel air mécontent puis déclara sur
le même ton.

-Vas les mettre dans la grange, et ne traîne pas, ta mère à presque
finit le repas.


Je fis demi-tour et ressorti affronter le froid
La luminosité avait baissée en seulement quelques instants et il
faisait maintenant presque nuit, la grande ombre de la grange se
découpait à quelques dizaines de pas devant moi et je m'y rendis
rapidement. La porte résista un instant puis grinça à contre cœur
en s'ouvrant. Dans mon dos la lune surgit soudain d'un nuage et un
rai de lumière illumina l'intérieur du grand bâtiment, j'entrais
et plantait négligemment les outils dans un tas de foin quand
soudain un bruit sourd provint de l'extérieur de la grange, je me
retournais pour aller voir quand un détail attira mon attention.


Une forme noire ressortait du tas de foin, non loin de la ou j'avais
planté la fourche, ma curiosité fut la plus forte et je
m'approchais de l'étrange boule noire, il me fallut plusieurs
secondes pour me rendre compte qu'il s'agissait d'une tête... J'eus
un étrange pressentiment et me mis à dégager le foin autour de la
tête. Un corps émergea bientôt de la paille, j'eus un mouvement de
recul quand je constatais qu'il s'agissait du corps élancé et fin
d'une jeune femme aux longs cheveux noirs : elle portait une
robe d'été qui ne devait pas beaucoup la protéger. Je restais un
moment interdit devant ma découverte, après quelques instants je
déglutis et risquais une main tremblante sur son front en dégageant
les cheveux qui recouvrait son visage, dans la nuit provenaient
d'autres bruits mais j'étais trop absorbé pour les entendre, son
visage était fin et doux dans son sommeil, mais ma main me révéla
qu'elle était glacée comme la neige. Son souffle était lent et je
ne le percevait que de façon irrégulière.


Je gambergeais quelques secondes et me décidais à l'emmener dans la
maison, quoi qu'en dirait mon père je n'allait pas la laisser mourir
de froid. J'entrepris de la soulever et elle se révéla légère
comme une plume dans mes bras musclés par le travail, j'avançais
avec précaution et sorti de la grange.


La lueur de la lune me révéla une étrange apparition : une
silhouette s'éloignait en courant de notre propriété, je tournais
mon regard vers la maison et constatait que la porte était grande
ouverte. Un pressentiment me glaça le sang et la jeune fille que je
portais poussa un faible gémissement. Je me mis à courir vers la
petite maison faisant mon possible pour amortir mes foulées, une
boule grandissait dans mon estomac alors que j’accomplissais les
derniers mètres.



J'entrais dans le halo de lumière et mes yeux mirent quelques secondes à
s'habituer a la luminosité : La table était renversée et un
lourd silence pesait sur la pièce... Je me dirigeais vers la
cheminée en pierre et allongeais machinalement le corps de la jeune
fille.

-Père ! Criais-je en me relevant, une étrange sensation me saisit et une
petite voix me dit que je n'aurais pas de réponse.


Silence...

Je regardais derrière la table renversée et mon cœur s'arrêta :
mon père reposait là, comme si il s'était soudainement endormit
sur le sol, la grande tache rouge qui s'étendait autour de lui
démentait cette explication. Mon cœur se mit à battre à tout rompre et la
nausée me saisit instantanément, je rendis mon dernier repas sur le
sol, la bile me brûla la gorge alors que la terreur s'insinuait par
l'intermédiaire d'une pensée. Je me mis à crier après ma mère et
je traversais rapidement la pièce de vie pour pénétrer dans la
petite cuisine. Ma mère était recroquevillée sur le sol au milieu
d'un cimetière de casseroles de cuivres, je tombais à genoux à
côté de son corps et me mis à la secouer frénétiquement en
criant son nom, mes doigts furent bientôt maculés du sang qui
s'écoulait de sa gorge tranchée... Je me mis à pleurer en serrant
le corps de ma mère entre mes bras quand une pensée sournoise se
forma dans mon esprit. Tu les as laissés mourir, tu savais que quelque chose arrivait, tu as
entendu le bruit de leur agression et tu les as laissés mourir...




Quand les premières lueurs du soleil pénétrèrent par l'embrasure de la
porte restée ouverte j'étais tombé à côté du cadavre de ma
mère, le sommeil ne m'avait pas fait cadeau de son oubli, mes yeux
étaient grands ouvert et mes dernières larmes séchées
depuis longtemps. Mon esprit était un terrain vague balayé
par les vents de l'hiver.


ps: J'arriverais un jour à comprendre les astuces pour créer de bonnes mises en pages. XD
ps2: je n'ai surement pas trouvé toutes les faute d'orthographes... et j'espère que dans l'ensemble tout est compréhensible.

Prêt à lire vos critiques ! (j'avance toujours trop vite dans l'histoire... :s )


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Justdream
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Message par Justdream » 17 févr. 2013, 19:53

Pour commencer, je dirais Wahou !
Rien à voir avec le Club ce début de nouvelle ! Oh non !

J'ai relevé pas mal de points, et je vais commencer par les négatifs pour finir sur une grande note positive !

Je voudrais te parler des temps de conjugaison. J'ai remarqué pas mal de problèmes notamment au début. Si tu écris au passé, tu ne peux pas passer du passer au présent.
J’aperçus de loin la charrette arrêtée au milieu du chemin, la solide
silhouette de mon père était déjà en train de décharger de lourds
sac de grain. Arrivé sur place je caresse d'une main distraite le
vieil âne attelé au véhicule, mon père ne m'adresse qu'un signe
de tête significatif de mécontentement. Je pousse un soupir qu'il
n'entend pas et entreprend de l'aider. La matinée est fatigante mais
par dessus tout elle est terriblement monotone, je m'ennuie à mourir
à répéter les mêmes gestes pendant de longues heures qui semblent
s’étendre à l'infini.
Ici, tu mélanges les temps du passé et du présent par exemple.
Aussi, il y a pas mal de fautes diverses de conjugaisons...
Lorsque tu écris une action brève, utilise le passé simple ; une description ou une action longue : l'imparfait.
exemple avec une phrase corrigée :

je tournais mon regard vers la maison et constatait que la porte était grande
ouverte
je tournai mon regard vers la maison et constatai que la porte était grande
ouverte
Bref, c'est juste pour améliorer ton style et donc par ce fait l'histoire...

Et si on en parlait de cette histoire ?
J'aime beaucoup ce début de nouvelle.
On voit le travail et une trame solide d'histoire qui se met en place. Les descriptions de l'univers sont précises et aident à pénétrer dans le récit. Le style est fluide et plus sûr, ce qui se ressent dans l'histoire en elle même. Les personnages sont bien définis et on se met facilement dans la peau de ce jeune garçon, William.
Il y a énormément d'émotions dans la dernière scène et tu as su parfaitement le retranscrire. Finir sur une telle scène est très cruel pour tes lecteurs ! Haha

Bref, tout ça pour dire, à quand la suite ? :D
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Ewells
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Message par Ewells » 18 févr. 2013, 15:21

Oo Justdream tu ne peux pas imaginer comme tu as raison XD en-fait sur un coup de tête j'avais commencé à écrire au présent lors de ma première écriture puis après quelques pages je suis repassé à l'imparfait, quand j'ai recopié sur pc j'ai voulu tout ré-écrire aux temps du passé mais du coup je me suis emmêlé les pinceaux et quand j'ai copié collé dans le post je me suis rendu compte que j'avais laissé beaucoup de verbes au présent, et j'avoue ne pas avoir fait mon travail de re-re-lecture à fond :s

très content que l'histoire te plaise sinon, je ferais mon maximum pour que le prochain post soit dans un français correct

ps: je suis vraiment content que l'on puisse se mettre dans la peau de will, j'avais un peu peur depuis la dernière scène de ma 2 em nouvelle et le fait que j'embrouillais tout le monde XD
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Justdream
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Message par Justdream » 18 févr. 2013, 16:57

Ooh tout s'explique alors ! :)

Beh, déjà, tu pars sur un personnage ! Je pense qu'il est donc plus simple de rentrer dans la peau de William car, ici, il s'agit du personnage principal. Nous voyons qu'à travers ses yeux.
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Ewells
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Message par Ewells » 19 févr. 2013, 11:00

:p deuxième partie du chapitre 1


EnJoY



Un léger bruit parvint à mes oreilles et une jeune femme se matérialisa à côté de la table près de l'âtre. Elle semblait désorientée et observait avec attention la pièce ou elle se trouvait, elle ne manifesta pas d'émotion en découvrant le cadavre de mon père et elle continua son étrange inspection quand son regard se posa sur moi. Une pique de colère agita mon esprit brumeux, si elle ne s'était pas endormie dans notre grange j'aurais pus les sauver...

Je me redressai à genoux, le regard plein d'une haine que je n'avais encore jamais connue. La jeune femme ne bougea pas, je vis ses lèvres pousser un léger soupir et l'instant d'après alors que je prenais appuis sur mes jambes pour me relever, un tremblement de terre agita le sol.
Je tombais en avant et amorti la chute de mes bras, j'essayais ensuite de me relever mais mon cou était enserré dans un étrange collier.
Je poussais de toute mes forces mais rien n'y fit, je n'avais jamais rien vu de tel : la terre s'était soulevée et la petite montage qui en était née s'était déformée pour passer autour de mon cou et se refermer au dessus.

La jeune femme s'approcha de moi et passa dans mon dos sans me regarder, j'entendis ensuite qu'elle retournait la cuisine puis montait à l'étage. Quand j'entendis le parquet de la chambre de mes parents craquer au dessus de ma tête je me remis à donner des ruades de rage pour briser l'entrave de terre mais elle semblait aussi solide que le roc...
Un goût de cendre emplissait ma bouche, je n'avais même pas été capable d'empêcher le pillage de la demeure familiale, j'étais à nouveau au désespoir quand j'entendis les marches du petit escalier craquer. Elle ré-apparut devant moi et se mit à chercher dans le salon, je remarquais vite qu'elle s'était approprié des vêtements chauds et avait rempli le sac de mon père de vivres, nous ne possédions pas grand chose et elle eut vite fait le tour. Elle se tourna ensuite vers moi, je ne saurais dire ce que ses grands yeux verts indiquaient, ils étaient indéchiffrables.
-Tue moi. Dis-je sombrement à la jeune femme, S'il te plaît, met fin à tout ça...
Ma vie n'aura servit à rien... je me faisais l'impression d'un tricheur, se faire tuer par une jeune femme quand mes parents avaient été massacrés.
Elle ne bougeait pas et me lançait toujours un regard énigmatique.
-Dépêche-toi ! Lançais-je au désespoir, tu me dois bien ça ...
L'expression de l'inconnue se durcit imperceptiblement.
-Pourquoi devrais-tu mourir ? Ce n'est pas toi qui les as tués.
Elle parlait d'un ton calme et posé.
-Je me souviens du froid et de l'obscurité, mais je ne m'attendais pas à ce que mon sauveur soit un idiot. Elle posa le sac de mon père au sol et s'approcha de moi, je ne savais pas quoi dire, je baissais la tête pour ne plus avoir à affronter son regard.

Elle s'agenouilla devant moi et l'une de ses fines mains vint saisir mon menton, elle redressa doucement ma tête et m'embrassa.

Je ne compris pas tout de suite ce qui arrivait et ce fut finit en un instant, le goût de cendres qui m'accompagnait avait disparu, remplacé par une saveur suave, les grands yeux verts étaient toujours braqués sur moi, à quelque centimètre de distance, je m'attendais à y voir de la pitié devant le spectacle pathétique que je devais présenter mais il n'en fut rien, ils semblaient pétiller d'une étrange excitation.
Soudain, elle serra le poing droit et l'approcha de mon front, je fermais les yeux en réaction mais je senti qu'elle ne posais qu'un doigt encore légèrement froid sur ma tête.
-Tu es la mémoire de tes parents, tu n'as pas le droit de mourir par égoïsme, murmura-t-elle, tu devras te contenter de la vie, mon baiser et ma bénédiction te rappellerons qu'elle peut toujours te surprendre, même dans la douleur.
Elle se releva se sans me jeter un seul regard supplémentaire ramassa son sac et se dirigea vers la porte.
-La terre s'effritera bientôt, adieu !dit-elle en réalisant un petit geste d'au-revoir de la main
Elle disparu dans la lumière blanche de l'aube cotonneuse d'une journée d'hiver.

Tout les événements qui avaient eu lieu depuis la veille apposèrent soudain tout leur poids sur moi, j'étais très fatigué et malgré l'horreur du lieu et l'inconfort de ma position, je perdis conscience.

Les funérailles eurent lieu la semaine suivante, de très nombreuses personnes s'étaient rassemblées pour l'occasion, avec l'accord de mon oncle nous avions décidés de brûler la maison et ses occupants celons une vieille tradition nordique, et je soupçonnais avec beaucoup de morgue que la foule d'inconnus qui se pressaient dans ma propriété était là par curiosité et non pour honorer les morts, je fis part de mon dégoût à oncle Stephen, il posa une main sur mon épaule et ne trouva rien à répondre.
La journée était froide et un vent mordant balayait le pays, quand j'approchais la torche du tas de paille sur lequel reposait les corps de mes parents je ne versais pas la moindre larmes, je me l'étais promis.

Depuis la fin des funérailles je vivais dans la maison de mon oncle, une petite construction mitoyenne à la forge ou nous devions nous serrer. Il semblait très affecté par la mort de son frère, il passait de longues journées à forger sans discontinuer, travaillant le fer même quand toutes ses commandes étaient prêtes, il avait aussi perdu son côté chaleureux de toujours : il ne parlait presque plus et n'avait pas la moindre réaction quand je venais l'observer à l'ouvrage.
Quand à moi je passais mes journées à roder dans le village sans le moindre but, les gens que je croisaient me regardait avec une pitié douloureuse, chaque jour était voué à l'ennui et mon esprit ne se faisait pas prier pour retourner sans cesse les douloureux souvenirs de cette journée.

Le printemps naissait dans le pays après un hiver qui m'avais semblé durer pour l'éternité , la neige qui recouvrait encore les vallées quelques jours auparavant remplissait maintenant les ruisseaux devenus de vrais torrent, la vie reprenait son cour tout autour de moi, je n'étais plus qu'un spectre, l'ombre de moi même vivant au crochet de mon oncle, le regard des gens avait changé pour se muer en inquiétude et je sentais que je devenais indésirable, Contente toi d'être en vie m'avait-elle dit, mais être en vie sans vie sans famille n'était plus qu'une souffrance. Je plongeais chaque jour un peu plus profondément en moi même et rien ne semblait plus pouvoir me faire revenir.

Un soir comme tant d'autres alors que je sortais de l'auberge ou mon oncle et moi allions nous restaurer chaque jour il me posa une main sur l'épaule, je le regardais interloqué : il avait le visage de celui qui à une décision difficile à prendre et qui ne sait pas par ou commencer .
-Demain tu ne vivras plus chez moi, déclara-t-il d'un ton sévère, tu ne pourras pas non plus retourner à la ferme, je l'ai vendue. Mes yeux se fermèrent une fois, puis une autre, j'étais toujours là, et mon oncle Stephen avait toujours cette expression tendue, le silence s'installa entre nous et je ne trouvais pas le moindre mot à dire. Oncle Stephen se retourna.
-J'ai rempli ton sac avec ce qui te sera nécessaire, je ne veux plus te voir, et n'essaye pas de trouver refuge dans le village , j'en ai parlé avec tout les habitants et personne ne t'ouvrira sa porte . Dit-il d'une voix que je sentais trembler.
Sur ce il se dirigea vers sa maison, me laissant figé devant l'auberge, mon esprit formulait mille et une pensées mais je ne trouvais pas la réponse, voulait-il se débarrasser de moi car je lui rappelais trop son frère ? Il n'avait pas le droit de faire sa ! Il était obligé de s'occuper de moi, ça aurait été trahir la mémoire de mon père... La colère pris le dessus sur moi et je me dirigeais à mon tour vers la petite maison.

Je fus bientôt sur le pas de la porte et en poussais le bâtant avec nervosité, oncle Stephen n'était pas là mais j'entendis le parquet de l'étage craquer , un gros sac a bandoulière était posé sur la table...
-Tu avais tout prévu ! Criais-je, tu détestais donc mon père à ce point !
Je pris le sac avec rage et ressorti, avant de claquer la porte j'ajoutais avec véhémence
-Tu mourras seul dans ce village, jamais une femme ne voudra d'un lâche tel que toi !
Un sourire carnassier envahit mon visage, je savais que je touchais un point sensible.

Une brise fraîche m'accueillit à l'extérieur et je pris la route , tapant des pieds avec toute ma colère, je devais donner l'image d'un enfant à qui on refuse un caprice mais je n'en avais que faire, toute cette ville était pourrie et le regard de ses gens ne m'affectait plus, je ne serais pas resté même si on me l'avait permis.

Je marchais dans une nuit sans lune jusqu'au levé du jour, quand le soleil déchira le voile de ténèbres de ses premiers rayons les vallées de champs apparurent autour de moi, ils s'étendaient jusqu'à l'horizon, en cette saison il ne s'agissait encore que d'un paysage désolé et morne qui accentua un peu plus mon dégoût.
J'étais essoufflé d'avoir marché à si vive allure, je m'assis sur le bord d'une rigole naturelle ; l'astre roi dessinait une peinture dans son royaume, le ciel, recouvert de bleu, mauve et d'orange était un spectacle magnifique. Perdu dans la contemplation je fouillais instinctivement dans le sac qui reposait sur mes jambes pour prendre de quoi manger, ma main se referma sur une forme que je reconnu, elle surplombait le reste du contenu. Ma main se crispa et mon regard tomba sur une grosse pomme rouge. Je la levais et hésitait à la jeter... mais je ne pus me décider à le faire, ma colère avais eut tout le temps de retomber depuis notre altercation et je fus étonné de ne plus avoir la force de le détester... Je croquais dedans et elle eut un goût amer, ''contente toi de vivre'' m'avait dit l'inconnue se soir là, je ne sais pas pourquoi mais je me sentis obligé de terminer le fruit.

Je me relevais, me souvenant que le soleil se levait à l'est j'en déduis que la route que j'avais prise dans la nuit se dirigeait vers le sud, en l'observant plus attentivement je me rendis compte que je ne reconnaissais déjà plus le paysage qui m'entourait, cela n'avait pas d'importance, le sud, ce serait parfait... Je fis un pas de plus en avant, suivit de près d'un autre, Il y aura forcément quelque chose à l'autre bout. La route pris une autre dimension alors que je me décidais à ne jamais me retourner, j'avais l'impression de voir ma vie, toute ses années j'étais resté au début de cette route qui semblait maintenant courir à travers le monde.

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Message par Justdream » 19 févr. 2013, 18:04

Trop bizarre cette fille ! Elle pique tout chez lui et s'en va ! oO

En tout cas, j'aime bien la tournure que prend l'histoire :) On sent qu'on embarque dans une aventure héhé !
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