"In a land of myth..." [Complet]

Que tu sois écrivain, dessinateur ou graphiste à tes heures perdues, cet endroit est là pour que tu puisses nous montrer ton talent !
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Valar Morghulis
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Message par Valar Morghulis » 10 avr. 2013, 17:42

Hihiii je suis vraiment contente que ca te plaise ! J'aime toujours recevoir ton avis ^^ est ce que tu penses que tu pourrais me décrire les personnages comme tu les imagines ? Que je voie ce que ca peut rendre ^^ (Quand tu auras le temps et juste les cinq filles :p)


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Justdream
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Message par Justdream » 10 avr. 2013, 17:46

Physiquement ?
Pas de problèmes, je te ferais ça dès que j'aurais un peu de temps :-)
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Valar Morghulis
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Message par Valar Morghulis » 10 avr. 2013, 18:54

Physiquement et mentalement ^^ merciii :D
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Justdream
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Message par Justdream » 10 avr. 2013, 19:10

hahaha ok ! Pour certaines, ça va etre facile :laught:
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Antaliyamonlivre
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Message par Antaliyamonlivre » 10 avr. 2013, 20:44

J'aime beaucoup la série :)
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Valar Morghulis
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Message par Valar Morghulis » 18 avr. 2013, 08:31

Hop un nouveau chapitre ! Mon préféré :D
Chapitre 6
-

Colleen
« Bouh ! »
Colleen sursauta d’un coup en envoyant valser toutes les assiettes qu’elle tenait.
« Merlin ! » se plaignit-elle lorsqu’elle découvrit le jeune homme près d’elle, rouge de honte devant l’effet de sa surprise.
« Je… oh… pardon. » bégaya-t-il.
Colleen lui lança un regard faussement accusateur et rassembla les pants de sa robe pour s’accroupir. Merlin en fit de même et essaya de l’aider à ramasser, ce qui n’eut pour conséquence que d’entailler la main de la jeune femme.
« Oh pardon Colleen, je suis vraiment navré… »
De plus en plus rouge, Merlin aggrava sa situation sous le regard courroucé de la servante. La main de Colleen n’était pas tellement douloureuse mais le sang se répandit rapidement partout.
« Je vais te soigner » dit Merlin lorsque tous les morceaux d’assiettes furent ramassés et qu’il eut nettoyé la flaque de sang. Il l’emmena jusqu’à ses appartements et l’assit sur une chaise.
Colleen balaya la maison du regard. Depuis leur retour de la forêt, un mois auparavant, l’aménagement avait été revu et, avec l’approche du festin en l’honneur du petit Merdred, il ne restait que peu de temps libre au personnel, ce qui expliqua le désordre qui l’entourait.
La jeune femme frémit au contact de la main de Merlin. Celui-ci perdait toute sa gaucherie quand il s’agissait de soigner les gens et il la mania avec une main experte.
« Tu t’es bien remise de ton séjour à la taverne ? demanda-t-il avec son fameux sourire complice.
- … Quoi ? Mais… c’était il y a un mois ! Heureusement que je m’en suis remise !
- Je sais… balbutia le jeune homme. C’est juste qu’on ne s’est pas revus depuis.
- Tu étais dans un pire état que moi, je te signale ! dit Colleen en lui rendant son sourire.
- Ce n’est pas moi qui suis monté sur une table en sifflant et en criant « Je suis un rossignoooool ! »
- Je n’ai jamais fait ça … ! s’exclama-t-elle en piquant un fard. Tu as du l’imaginer, tu as tellement bu ! »
Encore ce regard amusé. Colleen rougit de plus belle.
« C’est fini, dit le jeune homme en lui lâchant la main. Et donc, tu ne te souviens pas de la soirée ?
- Non… » avoua la jeune femme.
Merlin sembla gêné par cette déclaration et rougit à son tour.
« Qu’est-ce que j’ai fais d’autre !? s’empressa-t-elle de demander.
- Rien, rien… »
Merlin s’éloigna d’elle l’air absent. Qu’est-ce que j’ai pu faire ? Ca ne me dit rien qui vaille. Elle n’osa pas poser plus de questions cependant. Elle le remercia gentiment et retourna vers le château avec un pincement au cœur. Elle avait du pain sur la planche avec les festivités à préparer, et de nouvelles assiettes à trouver.

Iris
Iris jeta un coup d’œil furtivement autour d’elle. Personne en vue ? Elle se cacha au fond d’un placard à balais et s’allongea au fond. Enfin du repos !
On était la veille du jour J, du grand festin, et Iris avait difficilement une minute à elle, et une petite sieste s’imposait. Elle trouverait une excuse pour s’on absence plus tard, pour l’instant elle n’avait qu’une chose en tête : dormir ! Et tant pis si ça doit être au fond d’un placard. Si elle voulait assister au festin, elle devait être reposée.
A la fin de celui-ci, auquel sont conviés tous les nobles de Camelot ainsi que quelques rois et reines alliés, les tables devaient être déplacées pour permettre à l’orchestre de jouer et aux invités de danser. Et dans « invités » il faut lire « et leur servants ». Donc elle. Elle allait probablement avoir une occasion de danser avec Lancelot, mais pour cela, elle devait être en forme !
A peine installée au fond de son placard, Iris ferma les yeux. Ses muscles se détendirent et elle sombra instantanément.
Une seconde à peine plus tard, ou du moins ce fut l’impression qu’elle eut, la porte s’ouvrit à la volée et un jet de lumière lui arriva dans les yeux.
« JE L’AI TROUVÉE ! » cria quelqu’un dans le couloir.
Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas me laisser dormir tranquillement ? Des bruits de pas résonnèrent devant son placard. Iris garda les yeux fermés, trop éblouie et engourdie pour oser bouger. Deux mains la saisirent par les épaules et la soulevèrent. Iris risqua un œil et vit une tignasse rousse devant elle.
« Bonjour Léon ! dit-elle d’une petite voix endormie.
- On s’est fait un sang d’encre ! » dit une fille à côté d’eux.
Iris identifia cette troisième personne comme Mélusine, et gronda quelque chose qui ressemblait à « dodo ». Léon la reposa sur ses pieds et Mélu la traîna jusqu’à la chambre des deux dames. Iris se laissait guider sans un mots et les yeux toujours à demi fermés.
« J’ai dormi combien de temps ? fini-t-elle par demander.
- 12 heures…
-… quoi !?
- Le festin et dans six heures. On a passé la nuit à te chercher. »
Iris sentit dans la voix de son amie toute l’angoisse de la nuit. Avant qu’elle n’ait pu prononcer le moindre mot d’excuse, la porte s’ouvrit à la voilée et Sybille entra, rouge écarlate.
« Où est-elle que je la tue ? » s’écria-t-elle.
Plus tard, Iris affirmera avoir vu de la fumée sortir de son nez à ce moment là. Sauf que sur le coup, elle se contenta de se ratatiner sur elle-même de terreur.
« Tu es au courant qu’on n’a pas dormis de la nuit !? On a imaginé les pires choses possibles, et toi… toi tu dormais ! Dans un placard ! T’aurais même pas pu aller dans ton lit, histoire qu’on te retrouve !? »
Iris fixa ses pieds, ne sachant quoi dire. Colleen, Sarah et Lancelot entrèrent dans la pièce à cet instant. Colleen se jeta sur Iris, qui eut un mouvement de recul de peur de recevoir une gifle. Au lieu de ça, elle se retrouva dans les bras de son amie, qui lui chuchota à l’oreille : « Je suis contente que tu ais dormi dans un placard… ! ».
Iris comprit tout ce que sous-entendait cette phrase et se sentit d’autant plus honteuse.
« Je suis vraiment désolée… dit-elle après s’être dégagée de l’étreinte de son amie. Je ne voulais que dormir, je n’aie pas pensé que ça en arriverait là…
- On s’en doute… dit Mélusine pour calmer les tensions.
- Qu’est-ce que je peux faire pour vous… ?
- Oh ben je ne sais pas ! dit Sybille avec un regard encore plein de reproches. Remonter dans le temps pour nous aider avec les douze heures passées, quand on travaillait en plus de te chercher !
- Ben je peux pas… »
Sybille leva les yeux au ciel et partit bouder sur une chaise. Iris chercha un semblant de réconfort vers Lancelot qui n’avait eux pas bougé ni ouvert la bouche depuis le début, mais celui-ci regardait ses pieds.
« Je sais, fini-t-elle par dire. Dormez toutes aujourd’hui et je ferais vos taches à votre place. Vous devez vous reposer pour…
- Génial ! s’écria Sarah en se jetant sur le lit, manifestement épuisée. DODO ! »
Iris la suspecta de s’être endormie à la seconde où elle toucha le lit car un ronflement sonore se fit entendre quelques secondes plus tard. Les trois autres acquiescèrent sans protestation. Elles devaient être réellement éreintées pour ne pas faire semblant de refuser ! Iris sortit derrière Lancelot, les laissant tranquilles. Elle s’attendait à des reproches de sa part, c’était d’ailleurs ce qu’elle avait le plus redouté, plus encore que la colère de ses amies. Mais au lieu de la gronder, il lui tendit un paquet long comme un avant-bras.
« J’ai eu peur qu’il te soit arrivé quelque chose, dit-il en admirant ses chaussures. Je voudrais que tu prennes ceci. C’est une dague. Le jour où tu seras vraiment en danger, tu pourras te défendre comme ça. »
Sans attendre de réponse, Lancelot tourna les talons et disparut. Iris resta plantée quelques secondes dans le couloir, la dague serrée contre son cœur.

Mélusine
La sieste de l’après-midi ne fut pas inefficace. Mélusine se sentit revitalisée et se remit des émotions de la nuit. Avec l’aide de Sarah, elle s’habilla, se coiffa et se maquilla (avec cinq changements de tenue et de coiffure) pour le festin du soir. Elle espérait être proche de son beau Léon et se rendit magnifique. Cependant, elle se doutait qu’elle ne serait pas proche de lui. Elle était nulle en maths, mais elle savait que la probabilité était faible.
A cause de leur rang social différent, Mélusine et Sarah devaient se rendre à la grande salle sans leurs amies, contraintes à servir durant la première partie des festivités.
La salle était métamorphosée lorsqu’elles arrivèrent. Beaucoup d’invités étaient déjà présents et s’installaient autour des grandes tables dressées à l’occasion. Mélusine admira tout autour d’elle. Les décorations étaient aux couleurs rouge et or et la jeune femme se surprit à s’imaginer chez les Gryffondor le jour du bal de Noël.
Il leur fallu dix minutes pour repérer et atteindre leurs sièges, et c’est avec stupeur de Mélusine remarqua que sa table avoisinait celle des chevaliers. A vrai dire, elles étaient même collées. Elle se retrouvait entourée de Sarah à sa droite, et Léon à sa gauche. Prise d’un élan de panique et de joie, elle se dirigea vers une fenêtre pour calmer ses rougeurs de joues et contempla le coucher de soleil. Cependant, elle ne vit que d’énormes nuages planer sur le château.
C’est ce que je pensais… Mélusine les avait remarqués le matin et, sans alerter ses amies, elle leur avait fait comprendre qu’elles devaient profiter de la soirée. Elle ne leur avait pas exposé ses craintes, mais à la vue du nuage plus menaçant que le matin, elle en avait la certitude : c’était ce soir qu’elles allaient partir.
Le brouhaha se fit plus dense derrière elle. Le temps qu’elle rejoigne son siège, le Roi et la Reine étaient déjà installés. Léon lui fit un clin d’œil complice lorsqu’elle s’installa gracieusement à ses côtés, et se tourna pour écouter le discours.
La Reine Guenièvre parla avec émotion de son fils, puis Arthur le présenta comme la plus belle merveille du monde, en plus d’être l’héritier du trône. Mélusine les trouva adorables et les couva de son regard protecteur de fan vis-à-vis de personnages fictifs qu’elle affectionne (ils n’étaient plus si fictifs que ça, mais même en les croisant tous les jours, elle n’arrivait pas à enlever tous les souvenirs qu’elle a eut avec eux devant sa télévision).
La foule leva son verre d’un même geste, à la santé de Merdred, qui partit immédiatement avec une nourrice se coucher.
Mélusine discuta avec sa voisine d’en face, une certaine Ygritte, alors que les plats approchaient. Sarah s’empiffrait à côté d’elle tout en se tortillant sur sa chaise pour faire de grands signes à Perceval, qui était à cinq chaises d’elles. Au bout de quelques minutes, Mélu sentit une tape dans son dos et découvrit Sybille derrière elle, une carafe à la main.
« Désirez-vous du vin, ma Dame ? » lui demanda-t-elle d’un ton faussement courtois. En tant que servante principale, Sybille se devait de survenir à tous les besoins de sa maîtresse.
« Beaucoup » répondit-elle en levant son verre.
Elle parvint à éviter toute discussion avec son voisin durant deux longues heures, mais, au bout de la troisième, lorsque l’alcool commença à faire réellement effet, elle se tourna vers lui, plus tellement maitresse de ses actes :
« Hey Léon, ça va ?... Euh… Est-ce que tu veux m’épouser ? »

Sybille
Sybille détestait un peu plus chaque jour ses amies de l’avoir faite servante. Elle se retrouva à passer de table en table, une cruche de vin à la main, pour servir des pouilleux lorsque Dame Mélusine n’avait pas besoin de ses services. Le plus dur était qu’elle devait défiler devant une quantité impressionnante de denrées délicieuses (du moins elles en avaient l’air) alors qu’elle ne pouvait même pas y toucher. Le repas des servants avait été bien plus modeste et Sybille devait régulièrement pointer du doigt à Mélu ou Sarah des aliments qu’elles devaient chiper en cachette.
Mais si elle pensait que son travail allait s’arrêter là, elle se trompait ! Elle devait aussi aller à la rescousse de ses amies. Colleen et Iris arpentaient aussi la salle avec des plateaux et, à plusieurs reprises, elle les avait aidées à se débarrasser de lourdauds alcooliques aux mains baladeuses, qu’elle avait assassiné du regard. Mais ce n’était rien comparé à Mélusine. Sybille servait un énième verre à Sarah lorsque son amie se tourna vers Léon pour le demander en mariage. Bien évidemment, ce fut Sybille qui dut rattraper le coup, en commençant par écraser le pied de Sarah qui s’étouffait de rire, puis en se retournant vers Léon en disant :
« Alors ? Tu les veux ? »
Léon resta quelques secondes le regard vide d’incompréhension.
« Du…quoi ? fini-t-il par bégayer.
- Bah ses pousées ! tu les veux ? »
Sybille du taper dans le genou de Mélusine afin que celle-ci se réveille de l’état de choc dans lequel elle s’était mise elle-même. Puis, face au mutisme du chevalier, elle ajouta plus poliment :
« Ma dame Mélusine vous a demandé si vous vouliez ses pousées. Ce sont des fleurs. En voulez-vous ? »
Léon revint lentement à lui et bégaya un « oui » confus à Mélusine. Sybille pu ainsi continuer sa tournée avec un soulagement, fière d’elle. Elle se fit héler à la table des chevaliers par une voix qui résonna dans toute la salle. Sybille leva les yeux au ciel et se tourna vers Gwaine qui lui tendait sa coupe vide.
« Tient l’alcoolique ! dit-elle avec un sourire en remplissant le récipient, tout en prenant bien soin de renverser du vin sur ses genoux. Oups pardon ! » ajouta-t-elle faussement désolée.
Elle haussa les épaules, prête à repartir, mais se retrouva rapidement inondée à son tour alors que le chevalier avait, par esprit de vengeance, attrapé la carafe pour lui renverser le contenu sur la tête. Sybille lui lança son regard le plus meurtrier possible mais il ne paru pas faire effet car le chevalier lui répondit par un éclat de rire.
« Oups, pardon ! » dit-il entre deux sursauts.
Les invités qui avaient assistés à la scène éclatèrent aussi de rire et Sybille lui dit tout bas : « Je vais te mettre une baffe » avant d’envoyer sa main valser à l’arrière du crâne du chevalier. Elle avait comme principe de toujours prévenir avant d’envoyer sa main au visage de quelqu’un. Elle s’en alla ensuite avec un sourire ravi en quête d’une bassine d’eau chaude et d’une nouvelle robe.

Sarah
Les événements de la soirée s’enchaînèrent rapidement. Sarah avait passé quelques heures à communiquer par signes avec Perceval et, maintenant que les tables étaient décalées et qu’il fallait danser, elle ne le trouvait plus. Elle avait attendu ce moment depuis longtemps, de pouvoir se coller contre lui sans fournir d’explication, et maintenant que les deux souverains ouvraient le bal, il était introuvable.
Les invités commençaient progressivement à se regrouper par groupes de deux pour danser, mais Sarah resta environ trente minutes sans un seul cavalier. Elle retourna rapidement s’asseoir dans un coin, et enfin Merlin vint vers elle et l’invita. Elle hésita un peu au début, puis se prit au jeu et tourna quelques minutes avec lui. Ils discutèrent de tout et de rien, mais surtout de Colleen. Merlin était très curieux à son sujet (Quel genre de plats aime-t-elle ? N’est-elle pas une noble au fond, car elle a une bonne éducation ?). Sarah s’amusait à répondre en feignant d’ignorer le but des questions (il essayait de le cacher, mais pas très bien !) et se réjouissait pour son amie. Cependant, elle ne cessait pas de balayer la salle du regard.
« Sir Perceval est retourné à sa chambre » lui dit Merlin avec un sourire. Elle était donc aussi discrète que lui avec Colleen. Sarah esquissa un sourire alors que le magicien changeait de partenaire, mais eut une boule dans le ventre. Pourquoi Perceval voudrait-il quitter le bal si tôt ? Et pourquoi ne pas l’avoir prévenue ?
Elle se retrouva dans les bras d’un noble qu’elle ne connaissait pas.
« Vous êtes ravissante, lui dit-il.
- Oui, ça va bien, et vous ? » bredouilla-t-elle sans avoir écouté la question. Si d’aventure il y en avait eu une.
La chanson changea et Sarah aperçue Mélusine dans les bras de Léon. Sybille, elle ne semblait pas revenue depuis l’accident de carafe et Sarah espérait qu’elle avait pu facilement trouver de quoi se changer. Dans un coin elle vit Merlin offrir maladroitement un muffin à Colleen, qui roucoula comme un pigeon en chaleur, et Iris, assise plus loin parlait avec de grands gestes avec Lancelot.
« Dame Sarah ? dit quelqu’un de grand devant elle, une main tendue en invitation.
- Perce… dit-elle, laissant son mot en suspend.
- Non je ne suis pas Perceval, dit le Roi Arthur avec un large sourire. Quoi que je ne dirais pas non à avoir certains de ses muscles.
- Je suis désolée mon roi… »
Arthur fit sa tête des situations où il se sent idiot et commença à baisser sa main restée en suspend, que Sarah s’empressa de saisir. Arthur la regarda avec stupeur, puis ils commencèrent à danser.
« J’espère que vous vous plaisez à Camelot, commença-t-il, marquant une pause.
- Oh oui ! C’est génial. Enfin, magnifique, et ça change beaucoup de notre pays… royaume !
- Je ne veux pas paraître grossier ou que vous ayez l’impression que je veux vous mettre dehors, mais avez-vous une idée de quand vous pourriez repartir ?
- Je crains que non. A mon avis, nous ne le saurons que le jour où ça arrivera et que vous ne trouverez plus aucune de nous dans l’enceinte du château. »
Arthur lui jeta un regard entendu. Il n’y avait rien à ajouter. Il s’éloigna avec une autre cavalière et Sarah saisit l’occasion pour partir à la recherche de Perceval. Elle tenait absolument à avoir sa danse avec lui, car la conversation avec le Roi lui avait rappelée qu’elle pouvait repartir à n’importe quel moment.
A l’instant où elle franchit les grandes portes, elle le percuta et failli ne pas le reconnaître. Il s’était changé et revêtait maintenant une chemise en coton beige, légèrement ouverte sur son torse. Sarah n’eut aucun contrôle sur ses pensées à ce moment là et revint à la réalité quand il lui demanda de sa belle voix si elle était en train de partir.
Sarah se retint de lui sauter au cou, lui attrapa la main et s’élança sur la piste de danse avec un sourire à s’en décrocher la mâchoire.
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Message par Valar Morghulis » 18 avr. 2013, 15:34

Allez j'enchaine !

Chapitre 7
-

Colleen

Les pieds en coton, Colleen s’éloigna doucement de la grande salle où il n’y avait plus rien à nettoyer et alla se reposer quelques minutes dans la pièce des servants.
Elle avait passé plus de trois heures à danser sans arrêt et la tête lui tournait. Elle se laissa servir un verre d’eau par une fille et ferma les yeux quelques secondes. Lorsqu’elle les rouvrit, le visage de Merlin se trouvait à quelques centimètres d’elle. La surprise manqua de la faire tomber de sa chaise, heureusement Merlin la saisit par le bras pour la rattraper !
« Il faut vraiment que tu arrêtes de faire ce genre de choses » lui dit-elle avec un sourire.
Merlin s’excusa et un gros blanc s’installa dans la pièce. Colleen remarqua qu’ils n’étaient plus que tous les deux. Ils se tenaient debout, l’un en face de l’autre, sans un mot.
Colleen fini par briser le silence :
« Pourquoi es-tu ici ? demanda-t-elle doucement.
- Je voulais juste m’assurer que tu allais bien, je t’ai vu partir soudainement. »
Un ange passa à nouveau. Ils se dévisagèrent, droits comme des piquets. Colleen trembla quelques instants, à la fois de fatigue et de froid de s’être arrêtée après un grand effort et Merlin saisit son écharpe pour lui rouler autour du cou. Puis, sans un mot, il prit la main de Colleen dans la sienne, se pencha vers elle et l’embrassa.
Colleen stupéfaite, resta un moment sans bouger, comme transformée en statut, bouche bée. Et sans crier gare, elle sauta au cou du magicien et l’embrassa en le serrant de toutes ses forces…

Mélusine
Après de longues heures de danse, à bout de souffle, Mélusine décida de s’éclipser dans sa chambre. Elle avait trop mal au ventre pour parler et l’orage grondait de plus en plus fort à l’extérieur. De mauvaises pensées l’avaient suivit sur la piste de danse et elle préférait s’isoler pendant qu’elle le pouvait encore.
A peine la porte fermée, elle s’effondra sur le lit en pleurs. Elle savait qu’elle devrait être auprès de Léon, de profiter, car elle était persuadée quelle passait ses dernières heures, peut-être ses dernières minutes au château, pourtant elle refusait qu’il la voit dans cet état.
Elle sentit soudain un contact près de son bras et se leva en sursaut, essuyant ses yeux brumeux.
« Léon ! » s’exclama-t-elle.
Il était assis sur le bord du lit avec un regard inquiet. Il passa doucement une mèche de cheveux derrière l’oreille de la jeune femme qui tentait de se justifier mais ne parvint pas à sortir de son audible de sa bouche.
Sans un mot, sans vouloir d’explication, il détacha sa cape rouge qu’il avait gardée pour la cérémonie et la passa autour de ses épaules, puis il la prit dans ses bras avec tendresse. Léon caressa doucement son visage. Mélusine n’avait jamais autant apprécié un contact humain.
Sans se concerter, ils penchèrent chacun la tête et leurs bouches se fondirent littéralement l’une contre l’autre…

Sarah
Voilà déjà cinq danses que Sarah monopolisait Perceval. Certaines filles avaient essayé de lui piquer sans succès, et elle avait été ravie de constater que le chevalier ne leur avait même pas accordé un regard.
Sarah ne s’était jamais autant amusée et étouffait dans la salle tellement elle avait chaud. Lorsqu’elle dansait, c’était à 100%. Sans lui demander son avis, elle saisit le chevalier par la main et l’entraîna hors de la salle.
« Où est-ce que tu m’emmènes, demanda-t-il au bout d’un moment.
- Je ne sais pas ! » chantonna Sarah. Et c’était vrai, elle ne savait pas. Ses pas la menèrent à la chambre qu’elle partageait avec Mélusine, mais une fois sur le palier, elle se ravisa, se rendant compte que ce n’était pas convenable. Quoi qu’elle s’en fichait pas mal, du convenable. Elle opta donc pour l’armurerie et, un peu ivre, elle entraina Perceval derrière elle tout en rigolant toute seule.
Dans la pièce, Sarah trouva une épée en bois qui servait pour les entrainements et la brandit en direction de Perceval. Ils jouèrent à la bagarre quelques minutes et, sans savoir comment, ni pourquoi (Sarah avait conscience de ses actes quelques secondes après les avoir faits), elle se retrouva à l’embrasser.
La réaction de Perceval ne fut pas celle qu’elle attendait. Il la repoussa doucement.
« C’est mal, dit-il. Tu es une Dame, et moi juste un chevalier…
- Oh mais tais-toi ! » le coupa-t-elle. Elle le tira à nouveau contre elle, et ne rencontra cette fois aucune résistance.
L’instant d’après, le chevalier avait passé ses bras autour de sa taille et l’avait soulevée pour la mettre à son niveau…

Iris
Après une longue conversation sur les questions existentielles de la vie (est-ce bon de se laver les cheveux tous les jours ou non ?) Iris se décida à danser un peu. Au début réticent, Lancelot finit par la rejoindre après deux chansons, visiblement mécontent du choix de cavaliers de la jeune femme. Il poussa littéralement un pauvre malheureux qui tendait la main vers Iris et fit à peine semblant d’être désolé, puis il ne lui laissa plus aucune chance à Iris de s’échapper, à sa grande joie. Elle se laissait envoyer valdinguer, ou bien se collait contre son corps musclé, selon le rythme des chansons.
Et comme beaucoup de monde dans la salle il semblerait, Iris eut un coup de fatigue et retourna s’asseoir, Lancelot derrière elle. Il s’assit à côté d’elle et prit sa main pour jouer avec ses doigts. Puis, il la regarda dans les yeux et lui remit une mèche de cheveux derrière l’oreille. Iris était au paradis. Elle frissonna de tout son corps mais ne cilla pas. Elle ne rompit pas non plus le silence qui s’était installé entre eux deux.
Il glissa ses doigts le long de sa joue dans un geste qui semblait interminable et lui saisit le menton. Il chuchota « tu es à moi » avant d’avancer tout doucement son visage vers elle…

Sybille
Il aura fallu un temps fou à Sybille pour se changer et se laver les cheveux. Elle n’arrivait même pas à être énervée contre Gwaine qui l’avait trempée. Après tout, ce n’était qu’une riposte. Non, ce qui l’énervait, c’était de voir par les fenêtres de la petite maison la grande salle qui s’animait dans la danse alors qu’elle essayait d’arranger sa tignasse blonde infernale sans le moindre sèche-cheveux ou lisseur.
Elle fini par regagner les couloirs du château en courant avant qu’une averse ne lui tombe dessus, car le ciel était couvert de nuages menaçants. Elle entendit la musique se rapprocher au fur et à mesure. Elle aperçu à l’angle d’un couloir Sarah qui gloussait en trainant Perceval derrière elle. Il y en a qui s’amusent au moins.
Perdue dans ses pensées, elle percuta Gwaine à un croisement.
« Je vous cherchais, Princesse, dit-il en titubant à moitié. Je voulais danser mais vous aviez disparu, alors Laurine, la servante que vous appelez « Tresse-Rousse », elle m’a pas lâché. Impossible de m’en débarrasser. »
Il regarda Sybille dans les yeux, et après une longue pose, lui demanda très sérieusement, mais non sans son sourire charmeur, si elle voulait danser.
Sybille acquiesça. Elle hésita un instant, se sentant ridicule dans le couloir, si bien que le chevalier prit les devants et lui saisit une main, posant l’autre sur sa taille. Il commença ce qui devait ressembler à un slow, mais qui n’était pas du tout en rythme avec la musique qui résonnait dans le château. Cependant, ce n’était pas le genre de détails auxquels Sybille apportait de l’importance à ce moment là.
Au bout de quelques minutes collés l’un à l’autre, Gwaine parla à l’oreille de Sybille, faisant au passage vibrer son torse contre la poitrine de la jeune femme.
« Je dois vous dire, Princesse, que je me fiche complètement de Tresse-Rousse. Enfin, ce que je veux dire, c’est que si je l’ai pris sur mes genoux à la taverne, c’était juste dans le but de vous rendre jalouse… »
Il marqua un temps d’arrêt, tournant toujours dans le couloir.
« Je dois vous avouer que j’ai été plutôt satisfait du résultat. »
Il se dégagea de l’étreinte et lui lança son sourire charmeur avec un mouvement de mèche. Le cœur de Sybille battait tellement fort dans sa poitrine qu’elle avait peur que ca soit visible.
Gwaine glissa une main autour de son cou et en défit son collier fétiche, que Sybille n’avait jamais vu ailleurs que sur sa nuque. Il le tendit à la jeune femme.
« J’aimerais que vous ayez ça, Princesse, comme ça vous penserez un peu à moi quand je serais pas avec vous. »
Sybille regarda son chevalier dans les yeux, passa une main sur sa nuque et le tira d’un geste contre elle pour l’embrasser. Gwaine se blottit contre elle, la serrant aussi fort qu’il le pouvait…

*
La foudre s’abattu à ce moment précis sur Camelot à cinq endroit différents. Les minutes qui suivirent furent dans le chaos le plus total ; les gens hurlaient et couraient dans tous les sens, terrifiés, alors que des incendies se déclenchaient.
A des centaines de kilomètres de là, dans une dimension parallèle, cinq filles se retrouvèrent projetées au sol d’un petit salon.
La télévision, encore allumée, affichait un écran noir animé de grosses lettres de feu. Une voix retentit, prononça un long et douloureux « Merlin » en affichant les lettres « à suivre… » ; puis les plombs disjonctèrent.
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Valar Morghulis
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Message par Valar Morghulis » 18 avr. 2013, 15:40

La dernière partie :( et après c'est fini pour toute la vie !

Épilogue
-

Quelques minutes seulement s’étaient écoulées dans ce monde, alors qu’elles avaient passées plusieurs mois à Camelot.
Les cinq filles se regardèrent silencieusement plusieurs minutes. Chacune espérait de tout son cœur que ce n’était qu’un mauvais rêve, qu’elles allaient revenir dans leur monde, celui où elles avaient réellement l’impression d’appartenir : Camelot. Le retour leur était douloureux. Quelques secondes auparavant, elles étaient chacune dans les bras de l’amour de leurs vies, et maintenant elles se retrouvaient seules. Elles avaient toujours su que ça allait arriver, mais chacune espérait au plus profond d’elle-même que quoi-que-ce-soit qui les ait amenées à Camelot, oublie de les reprendre.
Aucune d’entre elles n’ouvra la bouche ni ne bougea. Elles se contentèrent de regarder dans le vide, le cœur brisé et des larmes coulant sur leurs joues. Elles se recroquevillèrent sur elles-mêmes. Elles avaient laissés dans la forteresse une partie d’elles qu’elles savaient ne jamais retrouver.
Mélusine mit quelques secondes avant de réaliser qu’elle avait encore la cape de son chevalier autour des épaules et s’enroula dedans pour sentir son odeur encore présente. Colleen enfouit son visage dans le bandana que son magicien lui avait enroulé autour du cou et les trois autres filles serrèrent contre leurs cœurs les objets qu’elles avaient pu ramener avec elles : une dague, un collier et une bague. C’était les seules choses qui les rattachaient à leurs chevaliers, et sans elles, ainsi que leurs tenues médiévales, elles auraient eu du mal à croire que tout n’avait pas été qu’un rêve.
Elles se demandèrent toutes ce que faisaient leurs chevaliers en ce moment, s’ils avaient compris leur disparition soudaine, comment ils avaient réagit. Sarah esquissa un sourire en imaginant l’air benêt de Perceval, mais la douleur de ne plus jamais le revoir s’intensifia.

Aucune d’entre elles ne dormit réellement cette nuit là et, lorsque le réveil sonna au petit matin, elles ne comprirent pas. Ce bruit leur était devenu étranger.
« On est un lundi », fini par dire Colleen d’une voix rauque après avoir vérifié la date sur le téléphone qui avait émit le bruit.
Elles comprirent toutes ce que cela signifiait : elles avaient cours. Elles étaient bel et bien revenues dans le monde réel et le monde ne s’était pas arrêté pour elles ici. Elles hésitèrent toutes, se demandant si elles devaient y aller, puis commencèrent à se lever une par une pour se préparer. Aucune n’ouvrit la bouche et, une fois prêtes, elles se mirent en route. Elles écoutaient chacune de la musique, tristes, rêvant à un autre monde, et arrivèrent dans la salle pleine de visages familiers qui ne leur avaient pas manqués, juste à l’heure pour ne pas avoir à parler.
Une heure passa, interminable. Aucune n’écouta, elles ne savaient même pas de quoi le cours parlait. Elles étaient incapables de penser à autre chose qu’à Camelot et à leurs chevaliers. Elles se dirent toutes que rien ne pourrait empirer cette journée, jusqu’à ce qu’Alice, une amie, ne vienne les voir à la pause.
« Vous en faites de ces têtes ! C’est à cause de l’épisode d’hier, c’est ça hein !? C’était horrible ! Non… me dites rien. Je sais ce que vous êtes en train de vous dire : Arthur et Gwaine, les seuls gars potables de la série, se retrouvent capturés et blessés comme ça, et c’est la fin de la saison en plus ! Vivement la suite j’vais jamais pouvoir attendre ! »
Les cinq filles la regardèrent avec des yeux ronds.
« Oh ne me dites pas que vous ne l’avez pas vu ! Je croyais que vous étiez toutes ensemble justement !
- Mais… de quoi tu parles ? dit Sybille.
- Quoi ? s’étonna Alice, bah de quoi veux-tu que je parle ?
- C’était le début de la saison 6 hier, dit Sarah, pas la fin de la saison 5 !
- Vous avez fumé quoi les filles ? demanda Alice en fronçant les sourcils. Vous êtes sures qu’on parle de la même série ?
- Tu parles de laquelle toi ? demanda Mélusine.
- Bah de Camelot ! Quoi d’autre ?
- Tu veux pas dire Merlin plutôt ? demanda Iris.
- Merlin ? Cette daube de la BBC ? Ne me dites pas que vous avez regardé ça ! Heureusement qu’ils ont arrêté à la saison 1 parce que c’était un massacre ! Camelot, ça c’est une vrai série sur la légende d’Arthur ! »
Les filles se regardèrent, ne comprenant rien. Elles n’avaient jamais regardé la série Camelot, car celle-ci s’était justement arrêtée après la saison 1 par manque de succès. Elles commencèrent à penser que c’était une mauvaise blague d’Alice, puis Mélusine fut prise d’un mauvais pressentiment.
« Tu as ton ordi ? » demanda-t-elle à Alice.
Celle-ci alla le chercher à sa table et lui apporta en disant « vous faites vraiment des têtes étranges, vous avez fait quoi hier ? ». Personne ne répondit. Mélusine chercha rapidement sur internet des informations sur la série Merlin de la chaine BBC et tomba sur le site d’une compagnie de cinémas. Le descriptif disait : « Une saison, arrêté par manque d’audience ».
« C’est pas possible… » souffla Iris.
Avec un pincement au cœur, Mélusine fit rapidement d’autres recherches sur la série, dans les images, mais tomba toujours sur des éléments de la saison 1, ou bien sur des photos de la série Camelot. Les cinq filles commencèrent à paniquer.
« Tumblr » suggéra Sarah.
Mélusine s’exécuta, entrant l’URL de son blog dans la barre d’adresse. Mais au lieu de voir des articles sur Merlin comme elle avait l’habitude de poster, elle ne vit que des images de la série Camelot. Partout.
« C’est pas possible… »

*

Samedi, enfin ! Colleen chargea sa voiture et se plaça derrière le volant, bientôt rejointe par Sarah, sur le siège passager. Elles passèrent d’abord chercher Iris, puis rejoignirent Sybille et Mélusine qui attendaient dans leur voiture en bas de chez elles.
Les deux voitures prirent ensemble la direction du château de Pierrefonds. Elles avaient programmé de se rendre au château dès le lundi après-midi et avaient impatiemment attendu ce jour depuis.
La série n’avait jamais eu de suite, elles avaient fini par l’accepter. Quelque chose s’était passé pendant leur absence. Colleen avait rapidement fait remarqué que si la saison 2 n’avait jamais existé, les sirs Léon, Gwaine et Perceval n’avaient jamais fait partie de la série, et durant les jours d’attente, elles épluchèrent le net à la recherche d’informations.
Les quelques trucs qu’elles parvinrent à trouver sur leurs chevaliers, ou du moins sur les acteurs qui les avaient interprétés dans ce monde-ci, n’étaient pas concluants :
L’acteur de Gwaine, Eoin Macken, avait fait une apparition dans un autre film, mais n’avait jamais eu d’autre rôle de sa vie. Celui de Léon était introuvable, comme inexistant. La seule image que Mélusine parvint à récupérer en souvenir était une capture d’écran de sa très brève apparition dans la série Nick Cutter. Et enfin, celui de Perceval restait le plus célèbre des trois car il avait eut un rôle important dans un film anglais, ainsi qu’une apparition dans la série Doctor Who.
En dehors de ces quelques informations, qui suffirent à leur fournir des photos de leurs chevaliers, elles ne trouvèrent rien. Quand aux deux autres, Santiago Cabrera qui interprétait Lancelot et Colin Morgan qui représentait Merlin, ils avaient été facilement retrouvables car ils étaient présents dans la saison 1. Ils n’étaient pas pour autant véritablement célèbres, mais Santiago plus que Colin pour son rôle dans la série Heroes.
Les cinq filles se rendirent donc à l’évidence : plus rien ne pourrait les relier à l’aventures qu’elles avaient vécues. Plus rien, à l’exception peut-être de Pierrefonds, le château qui servait de lieu de tournage à la série. Elles étaient sûres que celui-ci existait bel et bien, et d’y retrouver quelques lieux qui les avaient marqués.
Elles ne savaient pas réellement ce que cette excursion leur apporterait ni si ça allait les aider d’une quelconque manière, mais elles y allaient, ravies, et partageant de bon cœur cette fois-ci leurs souvenir de Camelot.

Sybille
Oh Gwaine, mon beau Gwaine… Sybille porta une main à son cou pour toucher le collier que ce dernier lui avait offert. Elle le gardait comme le plus beau des trésors.
Elle fut très perturbée de se promener dans les couloirs de Camelot… enfin de Pierrefonds. Il y avait une différence très importante entre les deux châteaux : Camelot était beaucoup plus grand et imposant que Pierrefonds, et comportait de nombreuses pièces en plus. Et puis, Camelot n’existait pas. N’existait plus.
Sybille eut y très gros pincement au cœur en y repensant. Le chevalier n’avait pas quitté son esprit une seule seconde depuis sa réapparition dans le salon et elle aurait certainement beaucoup de mal à se défaire de ses sentiments à son égard.
Elle laissa ses pas la guider dans le château, puis dans la cours. Celle-ci était bondée à cause d’un marché. Son ventre gargouilla, son nez s’agita et, sortant de nulle part, une odeur de cassoulet vint lui chatouiller les narines. Les pieds de Sybille partirent dans la direction de l’odeur sans que celle-ci ne commande quoi que ce soit.
Un petit stand de nourriture pour touristes, voilà ce qu’elle découvrit, et avec personne pour faire la queue en plus ! Elle marcha rapidement, ne voyant plus rien d’autre que l’étendue de cassoulet qui chauffait et émettait ce doux parfum. Elle marcha tellement vite et aveuglément qu’elle heurta violement quelqu’un sans même comprendre d’où il venait. Parce que, oui, c’était un « il », et un « il » avec de beaux cheveux bruns bouclés et un collier en demi-lune identique au sien.
Le cœur de Sybille fit un bond douloureux dans sa poitrine et son visage passa par toutes les couleurs possibles. Quand l’homme lui dit quelque chose dans une langue qu’elle ne comprit pas, elle laissa toutes ses émotions la submerger et lui colla violement sa main dans la figure, faisant voler a passage les légendaires bouclettes d’Eoin Macken.

Colleen
Bandana autour du cou, Colleen s’élança à la conquête du château. Tant pis si elle ne pouvait pas retrouver Camelot, elle comptait profiter de sa visite ici. Elle se promena, le cœur gros, entre les grandes salles et la cour. Il n’y avait pas beaucoup de monde malgré le marché et les pièces semblaient vides et mortes sans tous les servants et nobles qui s’activaient à leurs taches.
Colleen se promena, ayant au moins un souvenir par lieu. Comme ça avait pu lui manquer, ce château, ces briques blanches… Elle avait à la fois le cœur gros, et se sentait soulagée, car elle se sentait à sa place. C’était sa maison, son élément. Oh, comme elle aimerait être à nouveau à Camelot, auprès de son magicien ! Ils passeraient la journée ensemble dans le jardin de la Reine, et iraient regarder le coucher de soleil d’un balcon…
Colleen arriva devant la porte du fameux jardin, mais celle-ci était fermée. Un regard à gauche, un regard à droite. Personne ? Elle força la vieille porte et pénétra dans ce « jardin ». Ce n’était en fait qu’une immonde cour pleine de mauvaises herbes. Quelle déception. Colleen s’assit là où devrait se situer un petit banc et enfouit son visage dans l’écharpe de son Merlin. Elle ne le reverrait jamais, elle en avait la certitude à présent. Quelques larmes coulèrent le long de sa joue pour mourir dans le tissu rouge.
« Nice scarf » dit soudain une voix derrière elle, la faisant sursauter. Elle laissa échapper un cri de surprise en se retournant.
« Merlin !? bégaya-t-elle face à face avec son magicien.
- Well… I prefer Colin. »
Colleen le fixa quelques secondes sans comprendre le sens de ses paroles, puis l’information monta jusque dans son cerveau. Tant pis s’il s’appelait Colin Morgan et non Merlin, elle lui sauta dans les bras et l’embrassa.

Sarah
Sarah chantonna dans les couloirs du château, faussement joyeuse. A vrai dire, elle avait une grosse boule dans l’estomac, mais tentait de l’apaiser comme elle le pouvait. Elle voudrait pouvoir sauter, hurler contre le monde, taper dans les murs pour montrer son mécontentement. Elle donnerait tout pour revoir son chevalier, s’amuser avec lui, le voir sourire. Tant pis s’il était grand et bête, s’il avait des gros tétons et un petit cerveau. Elle aurait été heureuse à Camelot avec lui, elle aurait pu garder son état d’esprit d’enfant qu’il aimait tant, mais au lieu de ça elle était redevenue une jeune adulte dans le monde réel.
Sarah était perdue dans ses pensées et s’aperçue rapidement qu’elle s’était arrêtée devant la porte de l’armurerie. Son iPod sur les oreilles, elle entra en chantonnant une chanson d’amour complètement déprimante qui lui donnait les larmes aux yeux. Dans la pièce, il n’y avait pas de bancs, pas d’armes. Il n’y avait qu’un vieux bureau en bois qui sentait le moisi. Sur ce bureau, le seul objet qu’il restait était un ouvre lettre en forme d’épée plantée dans une pierre. Sarah sourit devant la coïncidence, qui n’en n’était après tout peut-être pas une.
Bombastic Love de Britney Spears commença dans ses oreilles et, prise d’une soudaine énergie, elle attrapa la petite épée en criant « EXCALIBUR ! » avant de la brandir en l’air de manière théâtrale.
I’m completely yours and you are mine.*
Sarah entama des mouvements étranges, se prenant pour une guerrière, emportée par la musique.
It’s gonna be exactly like in a movie.** Elle chantonnait avec la chanson à voix haute.
Sarah tournoya, encore et encore, avant de heurter quelque chose de grand et mou derrière elle. Elle leva les yeux et laissa la dague lui glisser des doigts alors qu’elle croisait le regard de son chevalier.
When we fall in love for the first time.***

* : Je suis complètement à toi et toi à moi
** : Ca va être exactement comme dans un film
*** : Quand on tombe amoureux pour la première fois

Mélusine
Des larmes coulaient sans arrêt sur ses joues. Il lui manquait, elle n’y pouvait rien. Elle avait besoin de lui près d’elle, de ses bras protecteurs qui chasseraient toutes les mauvaises pensées qu’elle pourrait avoir. Les gens à Pierrefonds la regardaient bizarrement, mais elle s’en fichait.
Elle avait religieusement exposé la cape dans sa chambre, sur un mannequin de couture, et quand elle se sentait au plus mal, elle allait se blottir dedans pour respirer son odeur. Son beau Léon… Elle se demanda comment il vivait son départ, ce qui s’était passé à Camelot depuis leur disparition. Elle savait qu’elle n’aurait jamais de réponses à ses questions. Mélusine massa ses doigts pour les décrisper. Elle savait qu’elle n’allait pas faire de crise d’angoisse, mais la sensation dans ses doigts n’était pas agréable pour autant.
La jeune femme erra dans les couloirs du château, sans l’enthousiasme de sa première visite à Pierrefonds quelques années auparavant. Elle avança dans les nombreuses pièces vides et insignifiantes, ses pas la guidant directement à sa chambre.
Un énorme pincement au cœur la saisit lorsqu’elle découvrit un panneau « bureau administratif » cloué dans le bois de sa porte. Le nœud de son estomac se serra encore plus fort, jusqu’au craquage, et elle fondit en larmes. Elle se serait écroulée au sol si deux bras ne l’avaient pas retenue.
Derrière la brume de ses larmes, elle aperçue une masse rousse à côté d’elle. A ce moment précis, Mélusine oublia le panneau de la porte et les touristes dans le couloir. Elle était de retour à Camelot dans les bras de son chevalier.

Iris
Iris passa mécaniquement sa main à la ceinture où, depuis une semaine, un petit étui en cuir ne la quittait plus. Elle dormait même avec, posé sous son oreiller. Comme elle avait pu se sentir seule dans sa chambre d’étudiante de 8 mètres carrés ! Et ses amies n’avaient pas vraiment arrangé son impression de solitude car elles mirent plusieurs jours avant de décrocher une parole. Mais une fois lancées, elles ne s’étaient plus arrêtées et avaient revu en détail tout ce qu’il avait pu leur arriver.
Se retrouver à Pierrefonds fut plus douloureux qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Tout d’abord, les touristes souillaient l’endroit. Mais surtout, certains lieux n’existaient pas ! Iris voulu se rendre au terrain d’entrainement, mais ne trouva qu’une étendue d’herbe. Elle se rendit à la grande salle, mais ne trouva que de vieux meubles immondes. Quand à sa maison, elle n’avait simplement jamais existé.
Elle fit rapidement passer son mécontentement contre un arbre à la sortie du château. Elle dégaina sa dague et fendit l’air à de nombreuses reprises, les yeux embrumés par les larmes.
Elle déversa sur le tronc toute sa rage et la haine qu’elle avait pour ce monde dans lequel elle vivait, qui n’était pas capable de garder le souvenir de la série Merlin comme il se doit. Elle s’acharna tellement qu’elle en cassa presque sa dague. Épuisée et malheureuse, elle s’adossa contre le pauvre arbre abîmé et se laissa glisser au sol.
Une paire de chaussures apparue soudain dans son champ de vision.
« Vous avez une belle dague, dit une voix familière. Ce serait dommage de l’abimer ! Vous voulez que je vous montre comment l’affuter ?* »
Il fallu plusieurs secondes à Iris pour réaliser ce qu’il se passait et évacuer les larmes salées de ses yeux. Il lui fallu cependant moins de temps pour se redresser et sauter dans les bras de Lancelot du Lac.




Et voilà :pig:
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Message par Chirp-chirp » 18 avr. 2013, 20:00

Oh mon dieu c'était trop bien.....j'avais ma larme à l'oeil à la fin avec le sourire jusqu'aux oreilles !!!! :oops:

Merci beaucoup pour cette fic' Valar !!! <3
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Valar Morghulis
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Message par Valar Morghulis » 19 avr. 2013, 07:06

Chirp-chirp a écrit :Oh mon dieu c'était trop bien.....j'avais ma larme à l'oeil à la fin avec le sourire jusqu'aux oreilles !!!! :oops:

Merci beaucoup pour cette fic' Valar !!! <3


Mais il n'y a pas de quoi ma Colleen d'amour :p ce fut un plaisir de l'écrire :D
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Message par Chirp-chirp » 19 avr. 2013, 20:21

*Roucoule comme un pigeon en chaleur*
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