Gagner la guerre - Jean-Philippe Jaworski

Fantasy sombre et pessimiste, dans laquelle le bien triomphe rarement.
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Ryuuchan
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Gagner la guerre - Jean-Philippe Jaworski

Message par Ryuuchan » 05 janv. 2013, 18:39

Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski

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Résumé :
  • Croyez-moi, les paltoquets qui se gargarisent sur la beauté des flots, ils n’ont jamais posé le pied sur une galère. La mer, ça secoue comme une rosse mal débourrée, ça crache et ça gifle comme une catin acariâtre, ça se soulève et ça retombe comme un tombereau sur une ornière ; et c’est plus gras, c’est plus trouble et plus limoneux que le pot d’aisance de feu ma grand-maman. Beauté des horizons changeants et souffle du grand large ? Foutaises ! La mer, c’est votre cuite la plus calamiteuse, en pire et sans l’ivresse.

Éditeur : Les Moutons électriques
Date de sortie : 05 mars 2009
Disponible en format Poche : Oui


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Thanaquil
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Message par Thanaquil » 05 mars 2013, 14:26

As-tu lu ce livre Ryuuchan? Si non, il le faut absolument :D

Je l'ai lu y'a quelque temps déjà, d'où mon post tardif car ma mémoire n'est plus aussi bonne pour en parler en détail. D'autant plus que ce livre est d'une grande richesse.
C'est le développement d'une nouvelle de Janua Vera, et l'on retrouve avec grand plaisir le héros Benvenuto Gesufal, individu peu recommandable et haut en couleurs qui nous entraîne dans des aventures virevoltantes. Intrigues, coups bas et rebondissements sont à l'honneur.

La fantasy française peut être fière de compter un tel auteur dans ses rangs :langue:
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Ryuuchan
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Message par Ryuuchan » 05 mars 2013, 15:55

Voui, je l'ai lu ^-^

Comme tu le souligne, les intrigues et rebondissements sont vraiment géniaux. Beaucoup apprécié les perso (l'amitié-vacherie Sassanos-Benvenuto m'a bien plu), et la trame, est géniale. Franchement, je m'étais dit "encore un pavé fantasy" même si l'a priori était positif, et bien que mon achat date maintenant de 6 ans, je ne l'ai lu qu'il y a 2 ans. Pour ceux qui en on marre des pavés (je ne parle pas ici d'incapacité à lire des pavés, mais plutôt de lassitude face à des tomes à rallonge et des tartines inutiles), franchement, on ne voit pas du tout le nombre de pages passer. Pas d'explications interminables et indigestes, pas de lourdeurs, mais une histoire qui tient en haleine jusqu'au bout.

Comme le dit Thanaquil, auteur à découvrir (de toute façon on se plaint toujours de la performance des auteurs français en SFFF alors que je trouve que l'on a vraiment, vraiment pas à rougir quand on compte les Colin, Noirez, Dufour, Heliot et autres Jaworski...).

Pour ceux que ça intéresse, Janua Vera, recueil de nouvelles de Jaworski, présente la nouvelle d'introduction à Gagner la guerre.
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Anaterya
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Message par Anaterya » 05 janv. 2014, 01:14

Je le veux, celui-ci, je le veux !

(Je sais, post hyper constructif...)

À part ça, ça fait un moment qu'il me fait de l'œil et un pote m'en a vanté les mérites. Sauf que j'ai déjà un max de livres à lire et que mon porte-monnaie n'est pas extensible. Il est donc dans ma wish list.
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Anaterya
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Message par Anaterya » 26 févr. 2015, 14:29

Un ami m'avait fortement conseillé de lire Jaworski, et après avoir commencé par Janua Vera, un recueil de nouvelles dans le même univers que le présent roman, j'ai voulu approfondir ma découverte du Vieux Royaume avec Gagner la guerre.

L'histoire nous est racontée par don Benvenuto Gesufal, assassin de son état et attaché au Podestat civil de la République de Ciudalia, Leonide Ducatore. Il s'agit, après la victoire contre Ressine, de se partager les bénéfices de la victoire, mais aussi de récupérer de l'influence et du pouvoir pour ceux qui ont été les dindons de la farce ; l'intrigue est donc complexe, et s'il y a un fil conducteur, il n'y a pas vraiment d'histoire claire et nette. Le récit comporte un certain nombre de zones d'ombre, car nous ne savons que ce que Benvenuto sait, ou a appris, mais aussi ce qu'il veut bien nous dire. Car notre héros ne se gêne pas pour expliquer à son lecture qu'il peut lui mentir, ou travestir la vérité pour se présenter sous un meilleur jour. C'est une manifestation comme une autre de la duplicité qui règne dans la vie politique de Ciudalia.

Car le monde développé par Jaworski présente de nombreuses ressemblances avec l'histoire de l'Europe et de la Méditerranée plus particulièrement. Ciudalia semble ainsi être une jumelle de la Florence du XV° siècle, au moment où les Medicis s'apprêtent à prendre le pouvoir, mais son activité est plus proche de celle de Venise ou de Gênes, à laquelle est emprunte d'ailleurs sa géographie. À l'inverse, l'ennemi mortel de Ciudalia, Ressine, est un reflet de l'empire ottoman à son apogée. De même, on peut retrouver des correspondances entre certains personnages du roman et des personnages historiques, notamment Michel-Ange et Machiavel.

En ce qui concerne les personnages, pris dans cette nasse de vipères qu'est la politique Ciudalienne, et même lorsqu'ils tirent certaines ficelles, ils sont loin d'être aimables. Ils sont tous motivés par leurs intérêts, sont prêts à tout ou presque pour gagner toujours plus. Benvenuto, à force de côtoyer ce monde et parce qu'il est au service du Podestat, réagit de la même façon et a développé des tendances paranoïaques assez marquées. C'est à tel point que ça finit par moment par l'handicaper, l'empêcher d'avoir les idées claires ; parfois, j'ai même compris les choses plus rapidement que lui, justement parce qu'il s'enferme dans ses idées paranoïaques.

La plume de Jaworski, ou plutôt de Benvenuto, est un petit plaisir : riche, recherchée, précise, grossière au besoin. C'est une explosion, un ravissement quand on aime les textes bien écrits, de la poésie en prose. Et la qualité de l'écriture permet également de se plonger plus facilement dans l'histoire car elle se rapproche de la vision que l'on peut avoir des écrits du début de la Renaissance italienne.

Au final, j'ai dévoré ce pavé (presque 1 000 pages) en trois jours, et j'étais déçue qu'il ne soit pas plus long. Maintenant, j'ai hâte de lire la nouvelle série de Jaworski, Rois du Monde.
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Ryuuchan
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Message par Ryuuchan » 02 mars 2015, 09:56

Ah, super contente que ça t'ait plu Anaterya. C'est vrai qu'on ne voit pas du tout passer le millier de pages tellement on est pris dedans ^-^ Et en parlant de Rois du Monde… je suis justement en plein dedans ;)
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Message par ML » 02 mars 2015, 12:58

Je vais aller à l'envers de beaucoup de monde mais personnellement, je me suis ennuyée en le lisant. Les personnages ne m'ont pas touchée. Je n'ai pas trouvé l'histoire intéressante. D'ailleurs je n'ai pas vraiment trouvé d'histoire du tout et ça m'a dérangée. Le monde type romain qui est décrit n'est pas non plus un univers qui me branche. Donc, l'un dans l'autre, je n'en ai pas retiré une expérience formidable.

Le seul point positif à mon sens, c'est l'écriture et le style exceptionnels de Jaworski. Il manie formidablement les mots et les registres. Mais pour moi, ça ne fait pas tout.
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Message par Invité » 02 mars 2015, 13:14

Je comprends ton sentiment ML. Personnellement, je fais partie de ceux qui ont adoré ce roman, mais il est clair que si l'on accroche pas à l'histoire, ce n'est pas la plume de l'auteur, aussi belle qu'elle soit, qui peut sauver la mise.
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Message par Ryuuchan » 02 mars 2015, 13:26

Je comprends également, mais sur un autre plan ^-^

J'avais eu le même sentiment par rapport à la nouvelle de base de Gagner la guerre, que l'auteur avait écrite dans Janua Vera : Mauvaise donne. J'avais eu exactement le même sentiment que toi vis-à-vis de l'intrigue, elle ne m'avait pas du tout emballée et j'avais traversé l'histoire sans même profiter de la langue, que j'avais pourtant trouvée très belle.

Par contre pour Gagner la Guerre, le coup de l'espion-pion embarquer dans une affaire plus grosse que lui et pourrie d'intrigues politiques, ça m'a plus satisfaite ^-^

Après c'est vrai que ça dépend aussi beaucoup de ce qu'on aime et de l'état d'esprit dans lequel on lit le bouquin (pour Gagner la Guerre j'étais pas emballée et j'ai été surprise, le contraste a fait que j'ai adoré… un peu comme à l'inverse tu attends beaucoup d'un livre qu'au final tu trouve nul ^-^).
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Message par Vlad » 31 janv. 2016, 13:45

J'avais laissé ce pavé de côté en attendant trouvé du temps pour le lire, mais au final une fois commencé il ne demandait qu'à être terminer.

J'ai été un peu déçu sur la fin : "tout ça pour ça !". Mais ce n'est qu'une tranche de vie de Benvenuto.
Une petite déception quant aux références trop nombreuses à mon goût sur la Rome antique et l'empire ottoman. Moi qui déteste en général quand l'univers présenté est purement inventé et que tout est crée de toute pièces. Mais là ça permet de rendre très vivant Ciudadela Bref jamais content !
Au final j'ai trouvé que le livre se rapprochait plus d'un roman de cape et d'épée que de Fantasy tant cette dernière est relativement discrète dans l'œuvre. Et… j'ai apprécié ça.

Pas grand chose à dire sur le livre en fait si ce n'est qu'il m'a donné envie de lire Janua Vera et de retrouver la plume de Jaworski…
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Message par Ladicius » 22 août 2018, 13:38

Je rejoins ML et Vlad. Il y a tellement, TELLEMENT d'explications du lore (tout ça pour ça effectivement....) que ça devient du gavage. L'histoire en elle-même est très courte au final. Il est évident que chaque auteur de fantasy se doit de distiller son lore afin de situer son lecteur, mais là, ça m'a vraiment ennuyée - et pourtant j'ai lu l'intégrale du Trône de Fer avec ses centaines de bannerets...
La seule période du livre qui m'a vraiment plu, c'est celle de la Compagnie Folle, même si là encore, je trouve que de passer d'une fantasy-pseudo renaissance italienne à des elfes et des nains sans transition relève quand même du WTF prononcé.
De plus, même en jouant la carte du "mauvais garçon/anti-héros", je ne peux pas accepter, cautionner, le fait que Benvenuto soit (attention spoil...)

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Un violeur, ni plus ni moins.


Je reconnais sincèrement que Jaworski a une belle plume, et un sens du détail fort louable. Il sait écrire, il sait composer un lore. Mais vraiment, ce roman m'a déçue au possible, et j'ai du mal à comprendre pourquoi un tel succès (en dehors du savoir-faire évident de l'auteur, donc).
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