La villa des mystères - Federico Andahazi

Livres ayant un cadre réaliste où le surnaturel fait irruption, des faits inexpliqués apparaissent mais sont explicables dans un contexte connu du lecteur. À la fin du récit, une question demeure : était-ce réel ou n'était-ce qu'une hallucination, un rêve ?
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Anaterya
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Message par Anaterya » 01 févr. 2015, 19:45

La villa des mystères de Federico Andahazi

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Résumé :
  • Été 1816 : le temps est exécrable sur les rives du lac Léman. Désœuvrés, Lord Byron, Percy et Mary Shelley, Claire Clairmont et le docteur Polidori, hôtes illustres de la villa Diodati, se lancent un défi littéraire : écrire l'histoire gothique ultime, la plus sombre, la plus originale.

    Polidori, secrétaire et souffre-douleur de Byron, jaloux du talent de son maître, reçoit d'étranges lettres anonymes qui l'informent de l'existence des jumelles Legrand, des comédiennes scandaleuses, courtisanes, célèbres et méprisées. Et qui surtout lui proposent un étrange pacte littéraire...

    Qui lui écrit ces lettres scellées à la cire noire ?

    Que devra-t-il donner en échange du chef-d'œuvre dont il rêve ?


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Anaterya
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Message par Anaterya » 01 févr. 2015, 19:46

Je suis tombée sur ce livre par hasard, et dans ma volonté de lire des auteurs de l'imaginaire d'un peu partout, je me suis lancée dans cette lecture.

L'histoire se déroule dans en 1816, en Suisse, et suit Polidori, le secrétaire de l'extravagant Lord Byron, rongé par sa frustration et sa jalousie à l'égard de celui qu'il considère comme un auteur médiocre, tandis qu'il est lui-même incapable de coucher par écrit toutes les idées qui bouillonnent dans sa tête. Les lettres qu'il reçoit et qui lui proposent de lui offrir ce dont il rêve le plus en échange d'une substance qu'il est le seul à pouvoir fournir échauffent donc ses pensées. Cette excitation est renforcée après la proposition de Lord Byron que chacun des invités écrive une histoire. Le poète n'incluait certes pas son secrétaire lors de cette proposition, mais celui-ci va se prendre à rêver d'y parvenir et de réussir à tous les impressionner, et même les ridiculiser. L'occasion lui en est offerte grâce à la mystérieuse personne qui lui envoie des lettres et lui promet de réaliser son vœu le plus cher s'il s'engage à lui fournir ce qu'il est le seul à pouvoir lui offrir.

C'est par ces lettres que le fantastique s'invite dans le roman et fait basculer le lecteur dans un récit gothique romantique, pastiche de la production littéraire de l'époque à laquelle se déroule l'histoire. Le rythme est donc différent de ce qu'on peut lire actuellement, il y a très peu d'action, l'ambiance joue énormément, la langue est précise, sans trop d'extravagances, les relations entre les personnages sont essentielles. Le caractère épistolier d'une partie du roman rajoute à sa différenciation. Il faut donc s'ouvrir à une autre littérature pour profiter du texte, qui s'avère également assez grotesque, dans la droite ligne de l'époque.

Je connaissais bien sûr les grandes lignes de l'histoire de la villa Diodati et de l'origine du chef d'œuvre de Mary Shelley Frankheinstein, mais je n'en savais pas plus, et j'ai découvert avec plaisir que ce roman était d'une très grande véracité historique. Polidori était bien le secrétaire de Byron, il a effectivement participé au défi d'écriture, et son texte, une fois publié sous le titre Le vampire est le premier livre traitant de cette figure mythologique désormais si commune. De même, les relations entre les différents occupants de la villa correspondent à ce qu'elles étaient, et j'étais assez étonnée de voir autant de sexe, surtout de façon aussi ouverte (mais il est vrai qu'on n'est pas encore dans l'époque victorienne, mais plutôt dans l'héritage du libertinage).

La fin du roman est terriblement grinçante et jouissive, continuant de jouer avec et de maltraiter son personnage principal et ses sentiments.

En définitive, j'ai beaucoup appréciée cette lecture inattendue, mais je pense qu'il faut aussi apprécier la littérature fantastique du XIX° siècle pour pouvoir vraiment en profiter.
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