Étoiles mortes - Jean-Claude Dunyach

Récits articulant leur intrigue autour de voyages interplanétaires ou interstellaires lorsque l'humanité a colonisé l'espace (existence d'empires stellaires) ; ou l'exploration d'une nouvelle planète.
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Message par Anaterya » 02 déc. 2014, 23:26

Étoiles mortes de Jean-Claude Dunyach

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Résumé :
  • Vingt-sept AnimauxVilles vivantes ont offert le voyage instantané à l'humanité, ou du moins à ceux capables de payer le tarif exorbitant exigé par le Cartel. Pour les autres, il ne reste qu'à devenir un Astral : un être désincarné qui attend que son corps le rejoigne à bord d'un vaisseau d'émigrants.
    Closter, artiste en mal de création, rencontre Marika, l'Astrale qui se sert du corps des autres pour voyager à travers les mondes. L'un court après sa mémoire, l'autre après sa chair. Ensemble, ils vont traverser le miroir des apparences...


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Message par Anaterya » 11 déc. 2014, 14:15

Ce livre est séparé en deux parties assez distinctes, même si elles sont dans la continuité l'une de l'autre. La première se concentre sur Closter, son chat Ombre et l'Astrale Marika. Sautant d'AnimalVille en AnimalVille, ils essaient de démêler un écheveau complexe : pourquoi la mémoire de Closter et celle d'Ombre sont-elles régulièrement effacées lors des sauts ? Qui a fait disparaître le corps de Marika, l'obligeant à être une Astrale pour toujours ? Qui cherche à les tuer ? La deuxième partie est beaucoup plus onirique, entre affrontement feutré et exploration des rêves de Closter.

L'originalité du récit tient aux AnimauxVilles, créatures étonnantes : il en existe vingt-sept, dispersées dans les étoiles, amarrées sur diverses planètes, et qui permettent de voyager instantanément de l'une à l'autre. Mais, face à une Vieille Terre surpeuplée, affamée et soumise à une violente désertification, le Cartel a soigneusement noyauté l'accès aux AnimauxVilles : seuls quelques privilégiés peuvent y vivre, ainsi que leur vingt-six doubles, de façon à ce qu'il y ait un exemplaire sur chaque AnimalVille et que ces dernières ne soient pas désertes (sachant qu'elles sont de toute façon peu peuplées, le Cartel tenant à éviter tout ce qui peut rappeler la Vieille Terre surpeuplée). Certaines personnes ont toutefois le droit de se rendre sur les AnimauxVilles, mais comme ils ne peuvent se payer le prix du transfert, ils sont amenés en vaisseau spatial, leur corps mis en stase, tandis que leur esprit est déjà sur l'AnimalVille de destination, dont ils ne pourront plus partir. C'est une façon d'offrir un peu d'espoir et de contrôler la population de Vieille Terre en lui faisant miroiter un hypothétique avenir meilleur. Voilà pour la société qui gravite autour des AnimauxVilles, mais il faut bien comprendre que cette appellation est tout à fait réelle : elles sont vivantes, et les bâtiments sont construits dans leur peau, leurs cartilages... Les humains vivent donc dans de la chair, mais rares sont ceux qui ont l'air d'en avoir conscience.

Étant donné que Closter est le double d'un des plus grands artistes des AnimauxVilles, Monteori, l'art est important dans ce livre, ce qui lui donne une touche poétique. Monteori est un spécialiste des équilibres, et cette notion est essentielle dans le roman ; les équilibres sont en mouvement perpétuel et leur convergence, le moment où ils se dévoilent, représente leur mort si leur créateur ne vient pas les remettre en mouvement. C'est une bonne métaphore du roman et de l'histoire des AnimauxVilles

Au final cela donne un beau roman, poétique, avec une histoire solide et bien menée. J'ai donc hâte de lire la suite, Étoiles mourantes, qui se déroule 700 ans plus tard.
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