La servante écarlate - Margaret Atwood

Récit de fiction peignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur, au contraire de l'utopie !
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Anaterya
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Message par Anaterya » 02 déc. 2014, 22:58

La servante écarlate de Margaret Atwood

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Résumé :
  • Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Évangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom.


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Anaterya
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Message par Anaterya » 02 déc. 2014, 23:01

Je ne l'ai pas encore lu, mais ce livre est pour moi essentiel, parce que de toutes les grandes dystopies, c'est la seule qui se préoccupe des femmes et soit clairement féministe. Pour moi, cette vision de la femme réduite à son rôle procréateur est vraiment le pire cauchemar qui soit, car c'est une négation totale de la personne. Hâte de le lire, donc.
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Flovène
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Message par Flovène » 17 sept. 2015, 12:57

Alors, là, la claque !

Merci à Anaterya de m’avoir donné envie de découvrir ce roman. Ce titre est désormais en ce qui me concerne, une œuvre majeure de la dystopie.

Je n’ai pas fait que lire cet ouvrage : je l’ai dévoré et digéré. Ce roman est stupéfiant. Je m’explique.
Tout d’abord, je l’ai trouvé plutôt bien écrit, même si l’absence de marque visuelle pour certains dialogues a un peu gêné ma lecture.

Ensuite, comme le précise Anaterya, il s’agit d’une histoire racontée par une femme et donc vue sous l’angle des femmes pour lesquelles la nouvelle vie tourne au cauchemar. Leur existence est effectivement niée, et c’est tout le conflit intérieur que nous vivons avec Defred, entre soumission, privations et résurgence de sa nature humaine constituée d’envie (notamment d’apprendre), d’émotions.

Enfin, ce qui est absolument effrayant est la description de la facilité avec laquelle nos organisations politiques peuvent basculer dans la dictature (ici, il s’agit de fanatisme religieux, mais peu importe le motif) et des raisons qui expliquent que, parfois, il n’y a pas de rébellion, que la masse est saisie par un immobilisme qui la pousse à accepter de vivre –ou plutôt survivre - « ça », à accepter de perdre sa nature profonde, à abandonner l’idée même de l’apprentissage et du savoir (ce qu’on retrouve fréquemment dans les dystopies d’ailleurs).

Je pense que ce roman parlera plus aux femmes du fait de leurs conditions de traitement qui remet en cause toutes ces libertés et droits chèrement acquis par nos aïeules (et que nous sommes en train de perdre soit dit en passant, mais c’est une autre histoire). Cette lecture m’a profondément bouleversée car ce qui y est décrit est tellement possible que c’en est insupportable à envisager.

Bref, une œuvre émotionnellement intense.
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Anaterya
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Message par Anaterya » 17 sept. 2015, 13:43

Honte sur moi, je ne l'ai toujours pas lu (il faut que je me la programme pour le mois de novembre), mais je suis vraiment ravie de t'avoir donné envie de lire ce livre, et encore plus contente qu'il t'ait touchée à ce point :)
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Message par Enorah » 26 oct. 2017, 19:11

Je crois que je vais un peu détonner dans les avis positifs mais j'ai été franchement déçue par ce livre malgré tous les avis positifs que j'en ai lu à droite à gauche. Je pense que j'en attendais clairement trop.

J'ai trouvé des passages trèès longs et ai eu énormément de mal avec le style que j'ai trouvé mauvais, à la limite des erreurs de syntaxes. Ton avis m'a donc vraiment étonnée Flovène, je me demande si il n'y a pas eu une nouvelle traduction?

D'autre part j'ai été vraiment frustrée que le récit se déroule à la 1re personne et que l'on en sache pas plus sur le monde présenté et son fonctionnement global car c'est vraiment une des choses que recherche principalement en SF ou fantasy, la cohérence et la crédibilité de l'univers. Là j'avais plus l'impression que l'auteur se contentait de nous fournir des éléments au bol comme ça l'arrangeait.

Et enfin dernier élément, mais pas des moindres: la critique de la condition feminine. Je reconnais que je peux être assez dure sur ce point là parce qu'en tant que feministe convaincue, le sexisme me gonfle plus souvent qu'à son tour, mais j'ai vraiment trouvé que le livre enfonçait des portes ouvertes et faisait ce que j'appelle du "féminisme de comptoir". J'ai voulu mettre ça sur le compte de la date de parution du livre mais il date de 86 (les années 70 et la révolution sexuelle étant donc déjà passées par là...). Du coup je suis ressortie du livre en me disant "Merci Captain Obvious" et vraiment très frustrée du fait que l'oeuvre n'aille pas bien plus loin pour une fois qu'on y parlait de la condition des femmes. Bref, le problème étant peut-être que je suis déjà sensibilisée au sujet que j'en attendais par conséquent beaucoup plus.
Ceci dit je suis vraiment curieuse de savoir ce qui a particulièrement marqué les personnes qui ont appréciés (promis je ne mords pas :P même si c'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur)

Je vais tout de même tenter la série (quand j'aurais trouvé un moyen de la regarder ahah) car j'avais quand même bien accrochée au premier épisode et pour voir (vu qu'il y a une saison 2 qui arrive) si elle se permet d'aller plus loin que le livre d'origine.
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ChaFo
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Message par ChaFo » 19 oct. 2018, 12:34

Je viens de finir ma lecture, et mon avis s'articule en deux temps :

1) La lecture du récit de Defred, qui fait de vastes digressions et ne pense pas à TOUT nous révéler du monde qui l'entoure, peut en effet être déroutante. Mais cela ne m'a pas gênée : nous sommes dans l'esprit d'une femme qui a vraiment tout perdu. Ses pensées vagabondent, et c'est plutôt réaliste. Nous ne serions peut-être pas plus cohérentes à sa place.
Ce récit est donc un peu endeuillé. Ici, pas d'espoir ou d'esprit de révolte, contrairement aux récentes dystopies adaptées sur grand écran.
Alors personnellement, je trouve ça moins divertissant mais beaucoup plus réaliste. Impossible donc de placer ce roman en dessous des autres ; ce n'est pas comparable.
2) En conséquence (du 1^^), en arrivant vers la fin du roman; j'ai commencé à me dire de fin, je n'aurai pas ! Et ça a été très frustrant ! Je voulais vraiment savoir ce qui allait arriver à Defred, en bien ou en mal. Et d'une certaine manière, l'auteure finit par nous fournir quelques éléments de réponse. Pour ce que Defred nous raconte à la fin, mais aussi sur l'aspect si particulier de tout son récit.
Je dois avouer que j'ai carrément souri en découvrant la toute fin, après l'histoire de Defred. Cela remet tout le reste dans un contexte différent, et que je n'avais pas envisagé. Et là, j'ai trouvé de l'optimisme.
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La conférence laisse entendre que la société a radicalement changé, mais que ça a été très lent, puisque l'histoire de Defred semble se dérouler au début de l'ère totalitaire dont on parle. Les gens semblent heureux, en bonne santé, en paix. Je me suis vraiment sentie soulagée en découvrant tout ça ! Les descendants des personnages sont tirés d'affaire, ouf ! Bien sûr, j'aurais aimé en découvrir plus sur Defref. J'imagine qu'elle s'appelait June, parce que c'est le seul prénom de la liste du tout début qu'on ne recroise jamais dans le récit. Les autres femmes sont identifiées, pas June. Et le fait qu'il s'agisse du dernier m'a mis la puce à l'oreille. Mais là encore, je devrai me contenter de spéculations. Savoir que Defred a eu raison de faire confiance à Nicke m'a aussi soulagée, et suffi sur le coup. On verra si dans quelques temps, je ne deviens pas frustrée de ne pas savoir si elle a quitté le pays, est entrée en lutte et a retrouvé sa fille et son mari. Ni même si elle était enceinte. J'espère que la série nous le dira et que tout ira bien pour elle, car je m'y suis vraiment attachée.

Alors il est vrai qu'on n'a pas la moitié des réponses à nos questions. C'est un parti pris de l'auteur qui finalement n'a pas entaché ma lecture. MAIS du coup, sachant que la série ira plus loin que le livre, j'ai hâte de la regarder pour assouvir ma soif de découvertes.

En ce qui concerne le supposé féminisme de ce roman, j'ai été assez partagée (ne me frappez pas!). J'ai trouvé que les hommes n'étaient pas mieux lotis que les femmes. J'explique :-)
Pour moi, il s'agit d'une dystopie inspirée de régimes qui ont réellement existé, mixés ensemble, et dans lesquels les droits des hommes et des femmes du bas de l'échelle étaient/sont bafoués. L'élite / la classe dirigeante / les plus riches échappent aux lois du régime qu'ils contrôlent et sont les bénéficiaires du système totalitaire. Et le système lui-même repose sur des personnes convaincues qui "font le boulot" mais ne sont pas tout en haut de la pyramide (combien des grands manitous de l'Etat Islamique seraient prêts à se sacrifier pour leur cause? Pas beaucoup, je pense).
Pour moi, le roman aborde plus les dérives totalitaristes que la condition féminine. On pourrait s'y laisser prendre dans la mesure où l'héroïne est une femme...
Je n'ai donc pas vu ce livre comme un texte féministe, mais de façon plus générale comme un récit sur un avenir possible parmi d'autres. Il porte des valeurs féministes, certes, mais pas seulement, à mon avis.

Je vous le conseille tout en vous prévenant que non, vous n'aurez pas toutes les réponses à vos questions !
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Elhundria94
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Message par Elhundria94 » 13 déc. 2018, 17:03

Anaterya a écrit :Je ne l'ai pas encore lu, mais ce livre est pour moi essentiel, parce que de toutes les grandes dystopies, c'est la seule qui se préoccupe des femmes et soit clairement féministe. Pour moi, cette vision de la femme réduite à son rôle procréateur est vraiment le pire cauchemar qui soit, car c'est une négation totale de la personne. Hâte de le lire, donc.

Alors là je ne suis pas d'accord! Il y a Les femmes de Stepford d'Ira Levin qui traite de la condition de la femme (juste bonne à tenir la maison) :) le Fils de Lois Lowry également, où les femmes sont des réceptacles qui donnent naissance à des "produits" placés chez des couples-parents.
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