Les opéras de l'espace - Laurent Genefort

Récits articulant leur intrigue autour de voyages interplanétaires ou interstellaires lorsque l'humanité a colonisé l'espace (existence d'empires stellaires) ; ou l'exploration d'une nouvelle planète.
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Anaterya
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Message par Anaterya » 04 nov. 2014, 16:58

Les opéras de l'espace de Laurent Genefort

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Résumé :
  • Akelkahn est un ténor hors du commun, presque un dieu vivant. Ses interprétations des airs d'opéras les plus périlleux sont des intants volés à l'éternité. Tout cela grâce aux biopuces que lui ont implantées les mystérieux Yuweh. Jusqu'au jour où ces greffes tombent en passe, renvoyant Axelkahn à sa condition de simple mortel. Il ne lui reste plus qu'à tenter de retrouver un Yuweh, dont la légende raconte qu'il aurait disparu au cœur des Bulbes Griffith, gigantesque artefact spatial composé de stations reliées entre elles par des filins créant une inextricable toile d'araignée. Il forme donc une troupe de théâtre aussi hétéroclite qu'attachante et se lance en quête d'une hypothétique guérison.


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Message par Anaterya » 04 nov. 2014, 16:58

J'avais été attirée par ce livre en raison de sa couverture onirique, scène de théâtre et ouverture sur un monde fantastique. En plus, il rentrait dans mes objectifs pour le mois d'octobre, à savoir lire uniquement des auteurs présents aux Utopiales 2014.

Le livre nous plonge directement dans l'action, à savoir la défaillance de la voix d'Axelkahn lors d'un récital. À partir de ce moment, sa vie se brise, toutes ses certitudes se dérobent sous ses pas, et il cherche à sauver ce qu'il reste de sa vie en se raccrochant au mirage Yuweh. Donc, même si l'on se trouve face à un personnage d'une cinquantaine d'années, il s'agit bien d'une quête initiatique, matinée d'une bonne dose de théâtre, à laquelle Genefort nous convie. Il rassemble autour de son divo une troupe hétéroclite d'inadaptés, de malades mentaux, comme pour matérialiser l'ostracisme dont son victimes des baladins dans les Bulbes Griffith, mais aussi en Occident pendant très longtemps (et encore maintenant, quoi que de manière plus insidieuse), mais aussi pour renforcer l'aspect complètement fou de sa quête.

En plus de la folie d'Axelkahn et des autres personnages, le monde dans lequel ils évoluent est tout aussi dément : les Bulbes Griffith. Il s'agit d'un organisme énorme flottant dans l'espace, en orbite autour d'une étoile, constitué de nombreuses bulles creuses reliées en elles et dans lesquelles vivent une population importante, qui diminue en allant de la périphérie vers le centre. Leur environnement est dur, voire extrême, et la survie est un combat de tous les instants. Le sol, hérissé de pointes acérées, est un ennemi, l'air est pollué, parfois mortel, tout le monde vit dans les airs, sur des stations reliées par d'interminables filins, et le pire de tout reste les allostéries : une modification complète de l'arrangement des Bulbes, qui entraîne des catastrophes physiques violentes. C'est dans cet environnement ouvert à tous les fantasmes qu'un Yuweh se serait aventuré, 20 ans plus tôt, ouvrant la porte à toutes les spéculations.

Toute l'histoire tourne autour de la réalité, mais aussi de l'identité, de la façon dont elle se crée à travers nos buts, nos envies, mais aussi par le hasard : de façon consciente aussi bien qu'inconsciente. À cela vient d'ajouter le thème du théâtre, qui permet de traiter de la réalité, de l'illusion, et de la vérité, mouvante, fluctuante, ainsi que de la puissance des mots, qu'ils soient parlés ou chantés.

Ce roman propose donc un univers très riche, complexe, avec une réflexion agréable sur l"identité, la réalité et le pouvoir des mots.
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