Ganesha : Mémoires de l'homme éléphant - Xavier Mauméjean

Livres ayant un cadre réaliste où le surnaturel fait irruption, des faits inexpliqués apparaissent mais sont explicables dans un contexte connu du lecteur. À la fin du récit, une question demeure : était-ce réel ou n'était-ce qu'une hallucination, un rêve ?
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Anaterya
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Message par Anaterya » 14 oct. 2014, 19:37

Ganesha : Mémoires de l'homme éléphant de Xavier Mauméjean

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Résumé :
  • Londres, fin du XIXe siècle.

    Qui est réellement Joseph Merrick, celui qu'on surnomme « l'Homme-Eléphant » ? Homme ou bête ? Monstre de foire ou curiosité scientifique ? Une simple anomalie de la nature ou... un dieu ?
    Lorsqu'il rédige ses Mémoires, il n'a pas trente ans et réside depuis quelques temps à l'hôpital de Whitechapel sous la protection du médecin Frederick Treves. Un refuge qui lui permet d'observer les splendeurs et misères de la capitale, et de mener l'enquête : quatre affaires, précisément, soit autant de saisons dans une année. De leur résolution dépendra peut-être plus que son destin, car « le monde s'efface dans les rêves de l'éléphant... »

    Je suis Ganesha, le dieu éléphant, et les horreurs du monde savent trouver ma maison.


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Anaterya
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Message par Anaterya » 22 déc. 2014, 16:28

Après La Vénus anatomique et Rosée de feu, je me faisais un plaisir de découvrir un autre livre de Xavier Mauméjean, d'autant plus que, même si je me suis assez peu intéressée à lui, Joseph Merrick m'a toujours fascinée.

L'histoire se déroule de l'hiver 1888 à l'automne 1889, et à chaque saison correspond un mystère criminel que Joseph Merrick, ou plutôt le dieu hindou Ganesh, va s'employer à dévoiler, sans se préoccuper de la police ou que justice soit rendu. Tout ce qui compte, c'est la connaissance des faits, et l'arrêt des crimes éventuels. La méthode de Ganesha est assez particulière car, du fait de son apparence physique, il ne peut que très rarement sortir de l'Hôpital de Londres, ce qui l'oblige à passer par des intermédiaires pour recueillir des informations.

Le cadre historique est très bien rendu, la vie de Merrick à l'hôpital, son passé comme bête de foire, les grands noms de la société victorienne de l'époque qui venait lui rendre visite, sa relation avec Treves, son médecin (qui se trompe sur son prénom et l'appelle John, notamment dans les mémoires qu'il a écrites, erreur qui s'est propagée dans de nombreux ouvrages sur l'homme éléphant). De même, la distance prise par le récit permet de ne pas s'apitoyer sur le sort de Merrick, mais d'oublier son aspect physique pour ne plus voir que l'esprit attentif, aux aguets. C'est vraiment un aspect du livre que j'ai beaucoup aimé car il ancre parfaitement l'histoire dans le réel, alors même que c'est un dieu qui nous parle.

Cette dernière affirmation est d'ailleurs très intéressante quand on sait que Joseph Merrick, en dépit de ses malformations physiques, était quelqu'un d'intelligent, cultivé, calme ; quelqu'un de parfaitement normal. Le fait qu'il se présente comme un dieu, tout en dissociant parfaitement la personne qu'il est, Ganesha, de la personne qui l'abrite, Joseph Merrick, amène à se poser des questions quant à sa santé mentale. Cette possibilité n'est jamais évoquée dans le roman, ni par Ganesha ni par aucun des personnages de son entourage, ce qui renforce l'ambiguïté du propos.

En ce qui concerne l'aspect fantastique du roman, il est très léger, et pose les mêmes problèmes que la personnalité de Ganesha : réalité ou délire de Merrick, qui est si intense qu'il déforme les propos des autres pour les faire cadrer avec ses idées ?

Mais cet aspect fantastique est contrebalancé dans certaines enquêtes par une approche scientifique et médicale poussée qu'il est impossible de discuter, ce qui contribue encore une fois à faire planer le doute.

En définitive, c'est un livre que j'ai beaucoup aimé, qui n'apporte aucune réponse à des questions qui ne sont pas posées mais s'imposent au lecteur.
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