La divine comédie - Dante Alighieri

Parce qu'il est impossible de citer tous les genres littéraires (ou tout simplement de catégoriser un livre), ici se trouvent les livres n'ayant pas trouvé leur place ailleurs.
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Anaterya
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Message par Anaterya » 07 oct. 2014, 18:36

La divine comédie de Dante Alighieri

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Résumé :
  • Peut-on encore aujourd'hui aimer Francesca, être troublé par Ugolino, trembler aux tourments des damnés de la Comédie ? L'Enfer de Dante, poétique et médiéval, n'a-t-il pas pâli irréparablement auprès des Enfers tout proches, et actifs, que notre époque n'a pas encore fini, semble-t-il, de susciter ? L'imagination créatrice de Dante est si puissante, et si précise, qu'elle semble décrire par avance, parfois, l'inimaginable horreur moderne.
    Le gigantesque entonnoir de l'Enfer, qui se creuse jusqu'au centre de la terre, est dépeint comme le réceptacle de tout le mal de l'univers, comme une sorte de sac où viennent s'engouffrer tous les noyaux, tous les atomes de mal épars sur la planète. Mais nous lisons aussi autre chose dans L'Enfer plus que le catalogue effrayant des péchés et des châtiments possibles, il correspond pour nous au départ de l'exploration, à la première étape du grand roman initiatique d'une civilisation qui est la racine de la nôtre.
  • Quand Virgile et Dante, à l'aube du dimanche de Pâques de l'année 1300, débarquent sur la plage de l'Anti-purgatoire, après avoir traversé les cercles infernaux et reparcouru, à travers un boyau obscur, tout l'espace du centre de la terre à sa surface, l'impression de bonheur est intense, quasi paradisiaque... Au contraire, les récits de voyages imaginaires de la même époque décrivent des purgatoires qui sont des sortes d'enfers : mêmes feux, mêmes tortures - seulement écourtées, seulement " à terme " Dante rompt brutalement avec cette tradition ; son Purgatoire semble plutôt tendre vers le Paradis. Malgré les tourments racontés, la mémoire du lecteur garde l'image d'une montagne au milieu de la mer, dans la lumière du soleil, habitée par les anges, rythmée par les manifestations de l'art - sculptures, chants, rencontres de poètes, image d'un lieu où devenir bon signifie devenir léger...
  • Le cœur du grand projet, c'est Le Paradis. Le long poème que nous nommons Divine Comédie a été conçu en fonction du Paradis, lui-même composé à la louange d'une femme, Béatrice, ici transfigurée dans une plus haute plénitude. Le Paradis de Dante, comme La Divine Comédie: L'Enfer ou La Divine Comédie : Le Purgatoire, surprend : aucun repos placide, mais le mouvement incessant, le vol des lumières. Le Paradis, danse de flammes, est éblouissant et dangereux. Le voyageur céleste, guidé enfin par Béatrice, y parcourt des ciels multiples, il y connaît des épreuves, il y éprouve l'éblouissement dans la tension abstraite d'un espace merveilleux et irreprésentable. Il est impossible d'écrire le Paradis, et pourtant le Poème poursuit sa course. La langue de Dante affronte l'impossible, franchit les limites, invente une autre langue, réussit ce que la poésie universelle aura achevé de plus beau. Et l'aventure se termine lorsque, au plus haut terme de la vision, le héros s'absorbe dans l'enfance. Dans l' amour qui meut le soleil et les autres étoiles.


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Anaterya
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Message par Anaterya » 07 oct. 2014, 18:47

Un classique de la littérature occidentale. De mon côté j'ai surtout lu L'Enfer, il me fascine par tout ce qu'il représente, cette violence, sa diffusion, son ampleur. Ça révèle beaucoup de la mentalité de l'époque (Italie, début du XIV° siècle), mais aussi sur la vision du monde de Dante car il peuple l'Enfer de ses ennemis politiques et se permet énormément de jugements sur ses contemporains.
J'ai commencé Le Purgatoire, qui est effectivement plus calme, même si l'effroi survient chaque fois que le soleil se couche. Il faudrait que je le reprenne et que je le termine.
Invité

Message par Invité » 07 oct. 2014, 19:09

Oh ! J'ai dû étudier les trois livres en licence ! Ça rappelle des souvenirs tout ça !
J'ai préféré L'Enfer aux autres livres. Non pas que je sois une sadique, mais j'ai trouvé plus intéressant de voir chaque cercle, la façon dont Dante les utilise effectivement pour émettre une critique de ses contemporains, plutôt que de lire la béatitude présente lors du Paradis.
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Anaterya
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Message par Anaterya » 07 oct. 2014, 19:10

C'est aussi cette anticipation qui me retient de lire Le Paradis. J'aime ce côté acerbe, et parfois mélancolique, de L'Enfer.
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Valentia
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Message par Valentia » 27 mai 2015, 19:34

Je suis assez d'accord avec vous. J'ai étudié un passage de L'Enfer en cours d'italien, et je l'ai trouvé fascinant (j'ai d'ailleurs eu la chance de tomber sur ce texte-là au bac :cheers ). Ce qui fait que je me suis acheté le livre en édition bilingue et que je l'ai lu en entier. Il est rare que je trouve un texte si ancien aussi prenant, mais là... Effectivement la critique de sa société contemporaine est très présente, de manière sarcastique, il joue avec des codes de toutes époques (le passage sur Ulysse...). Et quand en plus on est italianiste, la lecture en langue originale est encore plus impressionnante. Certes, le florentin du XIVème siècle n'est pas vraiment de l'italien, et au début on a parfois un peu de mal à comprendre, mais on s'y fait vite, surtout en s'aidant d'une traduction.

"Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate..."
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