Un bonheur insoutenable - Ira Levin

Récit de fiction peignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur, au contraire de l'utopie !
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Anaterya
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Message par Anaterya » 28 mai 2014, 11:11

Un bonheur insoutenable de Ira Levin

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Résumé :
  • Dans le futur, les nations ont enfin aboli les guerres et la misère, mais à quel prix ? Gouvernés par un ordinateur géant, les hommes sont, à l'aide d'un traitement hormonal mensuel adéquat, uniformisés, privés de toute pensée originale. Dans un univers où il n'existe que quatre prénoms différents pour chaque sexe, le jeune LI RM35M4419 va hériter de son grand-père un étrange cadeau : un surnom, Copeau. Ce sera le début pour lui d'un difficile parcours qui va l'amener, d'abord, à s'accepter en tant qu'individu, puis à se révolter. Il n'est heureusement pas seul, d'autres ont décidé de se rebeller. Mais seront-ils assez forts pour lutter contre Uni, le super-cerveau informatique de cette humanité déshumanisée ?


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Anaterya
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Message par Anaterya » 28 mai 2014, 11:12

Après avoir lu 1984 et Fahrenheit 451, je voulais continuer dans les dystopies classiques. Je me suis donc attaquée à Un bonheur insoutenable.

Le monde créé par Uni est parfait : plus de conflit, plus de guerre, plus d'égoïsme, l'harmonie entre les êtres humains qui se considèrent comme faisant partie d'une seule et même Famille. Sauf que cette paix a forcément des aspects négatifs, et pas des moindres : quatre prénoms pour chaque sexe afin de gommer les différences entre les membres de la Famille, des manipulations génétiques pour que tous les membres se ressemblent (à tel point que les femmes n'ont même plus de poitrine mais sont plates comme les hommes), un métier choisi par Uni et des déplacements au gré des décisions de l'ordinateur, la possibilité de se marier et d'avoir des enfants uniquement avec l'autorisation d'Uni, une espérance de vie bloquée à 62 ans... Et bien sûr le traitement mensuel, qui modifie l'humeur, empêche les règles, régule la pilosité. San oublier la délation, mais qui avance masquée, sous prétexte d'aider les membres malades de la Famille, de les soigner pour qu'ils retrouvent la paix, le bonheur.

C'est donc une dystopie sans violence directe, où tout se fait dans la douceur, sans en avoir l'air. C'est d'ailleurs étonnant de ne jamais voir de forces de police ou autres personnes chargées du maintien de l'ordre ; les traitements rendent tout cela inutile. En fait, ce rôle est tenu par les membres de la Famille prêts à aider leur prochain et les agents des Médicentres qui donnent les traitements prescrits par Uni.

On suit donc Copeau, un jeune garçon comme les autres, pendant de longues années (de ses 6 ans à ses 40 ans environ). Cela permet de suivre son évolution, de le voir grandir, changer, se poser des questions, se révolter. Mais contrairement aux deux dystopies que j'ai citées plus haut, son évolution n'est pas linéaire, et c'est une caractéristique du livre très agréable : il se pose des questions, il est remarqué et traité, il oublie, il recommence, différemment. C'est comme un jeu du chat et de la souri entre Copeau et Uni, et j'ai passé beaucoup de temps à me demander de quelle façon il allait cette fois-ci s'en sortir, et s'il finirait jamais par se libérer totalement.

Au final c'est un livre que j'ai vraiment beaucoup aimé, une dystopie qui change dans sa présentation, et qui m'a semblé vraiment difficile à combattre de par sa violence douce, impalpable. Comme quoi, la quête absolue du bonheur n'est pas si enviable.
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Message par Agenor » 11 mai 2015, 12:12

Je rejoins totalement la critique d'Anaterya et je ne vois rien à y ajouter ! J'ai beaucoup apprécié cette lecture où tout se passe dans une douceur totale, les membres de la Famille étant eux-même les forces de l'ordre de cette structure par le biais des dénonciations dans le but d'aider une personne malade.

Comme Anaterya j'ai aimé cette structure non linéaire dans le récit : parfois on pense que c'est bon pour notre personnage, et hop, retour à la case départ !

Une dystopie que je recommande après avoir lu 1984 qui, contrairement à ce dernier, se passe vraiment sans violence.
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Message par Anaterya » 11 mai 2015, 13:23

Contente qu'il t'ait plu ^^ Et tu peux tenter Nous autres qui, bien que plus ancien (1920), reprend le principe du « malade » que les autres veulent aider pour son propre bien (en même temps, c'est la première des dystopies, et elle en a inspiré pas mal d'autres !).
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Message par Agenor » 11 mai 2015, 13:24

Je met le titre de côté ;) Il me reste encore Fareinheit à lire, je préfère ne pas les enchaîner histoire de ne savourer chaque histoire :)
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Message par ChaFo » 12 mai 2015, 14:35

Ajouté à ma liste grandissante !
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Message par Anaterya » 12 mai 2015, 23:41

ChaFo a écrit :Ajouté à ma liste grandissante !

Et à mon avis, elle n'a pas fini de grandir :lol:
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Message par ChaFo » 14 mai 2015, 12:42

Tu n'imagines même pas ... XD
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Message par Anaterya » 14 mai 2015, 12:59

J'ai presque 700 livres dans ma wish list, donc si j'imagine très bien xD
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Message par Flovène » 18 juin 2015, 19:22

Je viens d'achever la lecture de ce roman et mon avis reste un peu mitigé. J'ai lu quelques dystopies (et, honte à moi, je n'ai toujours pas lu 1984, mais je compte bien y remédier !) et effectivement, il n'y pas de violence. Et donc pas de rythme. Du moins, c'est ce que j'ai ressenti : je n'ai éprouvé aucune empathie pour Copeau ni pour aucun autre personnage. c'est peut être l'objectif de l'écrivain.

Tout m'y a semblé est très clinique : tant la description des décors, des personnages et des situations que du style de Levin, notamment dans sa façon de décrire les faits de façon très basique et répétitive. Peut être est-ce du au fait qu'il s'agit d'un livre écrit voici plus de 40 ans, et le style de l'époque différait de celui usité aujourd'hui.

Ce qui m'a marqué cependant, c'est qu'il m'a éclairée sur le point commun de ces ouvrages : la standardisation, l'uniformisation. et ce qui me fait peur, c'est de constater qu'on chemine doucement vers çà...brrr, çà fait froid dans le dos. D'autant que, autre point commune entre les romans de ce genre que j'ai lus, dans tous les cas, la révolte détruit le gouvernement/l'élite dirigeante/l'organisation pour finalement aboutir à un régime bancal : celui qu'on connait aujourd'hui.

Raison de plus pour continuer à lire des ouvrages de ce genre...!
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Message par Agenor » 18 juin 2015, 20:26

Chaque personne est sous médicament pour alléger son tempérament, c'est comme si on étaient tous sous tranquillisant, alors je pense que ce genre d'aspect clinique est parfaitement voulu, dépourvu d'émotion. Et comme tout est uniforme, il n'y a rien à décrire : les murs sont en béton, blanc, sans décor, rien.

Après, chacun ses goûts et on en a une fois de plus l'exemple avec ce livre :P

C'est vrai que la plupart de ces ouvrages montrent un futur où la standardisation est de mise, j'aimerais bien lire quelque chose de différent à force ;)
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Message par Valar Morghulis » 26 juil. 2016, 16:49

Je crois que cette lecture m'aura fait passer par tous les stades, du "c'est un coup de coeur" au "bon, ça fini quand ?". A certains moments, j'avoue avoir pensé qu'il aurait pu être plus court. Et en même temps, quand je lis une dystopie, j'ai tendance à vouloir les rallonger un peu, et qu'elles gagnent en densité. Le résultat est que je suis une éternelle insatisfaite !

Evidemment, en dystopie, on a toujours lu mieux. Mais j'ai aussi lu tellement moins bien !
Pour moi ce livre est :
  • plus abordable que 1984 (un peu trop philosophique par moments)
  • plus profond et développé que Fahrenheit 451 (qui passe beaucoup trop vite !)
  • plus actuel que Le Meilleur des Mondes (j'ai trouvé qu'il n'était pas très réaliste à notre époque)
  • moins simpliste que Les Monades Urbaines (qui est mon coup de coeur, hein !)
Le tout enrobé de l'essence même du livre : la quête du bonheur et de l'être parfait, mais avec une dose de réflection nécessaire à nous remettre en question, sans trop pousser non plus, avec un personnage principal réaliste et attachant. On change un peu de la dystopie classique, ici le contrôle se fait par les émotions, mais aussi les hormones, et cela apporte un vrai lot de frustration par moments. Et plus que tout, cette lecture nous fait aimer ces dites émotions, et les chérir, ainsi que tous nos défauts qui nous rendent si humains.

Tout ça pour dire que ce livre est LE livre avec lequel il faut commencer à lire des dystopies et qu'il est à mettre entre toutes les mains, surtout celles des personnes n'aimant pas la science-fiction ;)
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Message par Jean24 » 27 juil. 2016, 06:54

Convaincu par vos commentaires, je me suis décidé à l'acheter mais hélas, il est à un prix exorbitant partout!
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Message par Valar Morghulis » 27 juil. 2016, 07:45

Si tu as l'occasion de passer à Paris, il y est à quelques euros chez Gibert, Gibert Jeune ou Bouquinier :)
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Message par Jean24 » 28 juil. 2016, 06:28

Valar Morghulis a écrit :Si tu as l'occasion de passer à Paris, il y est à quelques euros chez Gibert, Gibert Jeune ou Bouquinier :)

Merci mais j'habite près de Liège en Belgique...
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Message par Gualdim » 02 août 2016, 11:30

Il n'est pas même pas sorti en Kindle :(
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Message par Valar Morghulis » 02 août 2016, 14:04

C'est un vieux truc, je crois qu'il n'est même plus dispo en papier !
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Message par Gualdim » 03 août 2016, 15:52

Il a l'air encore dispo sur Amazon.
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Message par Agenor » 05 août 2016, 08:53

Ah oui punaise ils se font plaisir sur internet en occasion : c'est hors de prix ! Il était à quelques euros à Boulinier à Paris pourtant :/ C'est dommage !
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Message par Agenor » 05 août 2016, 15:40

Si ça intéresse quelqu'un je l'ai trouvé à 3 €uros à Gibert, je peux lui envoyer par la poste :)
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