Les voies d'Anubis - Tim Powers

Histoire se situant généralement au 19ème siècle, ou dont le mode de vie et la technologie sont les même que ceux de cette époque.
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Thanaquil
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Message par Thanaquil » 22 mai 2014, 10:46

Les Voies d'Anubis de Tim Powers

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Résumé :
  • Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d'imaginer qu'il ne va pas tarder à le rencontrer en personne... en 1810 ! Car après avoir accepté l'offre d'un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain. Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants des mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l'Histoire ? 

Éditeur : J'ai Lu SF
Date de sortie : 2003
Disponible en format Poche : oui


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Thanaquil
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Message par Thanaquil » 22 mai 2014, 10:47

Un livre extrêmement dense au niveau de l'intrigue, beaucoup d'allers et retours dans le temps, de personnages, et il est parfois difficile de s'y retrouver parmi toutes les péripéties. En effet, Brendan Doyle, qui vient de l'année 1983, est engagé par un milliardaire, M. Darrow, en tant que spécialiste de la période et accompagnateur pour un voyage dans le Londres de 1810. Mais au cours de cette nuit, Doyle se fait kidnapper par le Dr Romany, Ka du sorcier Romanelli, lui-même serviteur d'un obscur maître issu de l'ancienne Egypte.
Il se retrouve alors ligoté et torturé, le Dr Romany essayant d'en savoir plus sur la brèche temporelle empruntée, et les connaissances de notre infortuné héros en matière de sorcellerie. Mais Brendan Doyle arrive à s'échapper, bien trop tard pour retrouver ses compagnons et revenir dans son présent. Il va ainsi faire la douloureuse expérience de la survie dans ce Londres qui lui est inconnu, sans argent et sans amis. Avec à ses trousses toute une cohorte de personnages tous plus dangereux les uns que les autres et pour seul espoir de retour un certain William Ashbless, poète dont il est le biographe.
Un très bon livre plein de rebondissements et d'actions, qui fourmille d'événements et de personnages tous reliés les uns aux autres, et il faut parfois s'accrocher pour saisir toute la trame de l'histoire. L'auteur nous livre un roman bien ficelé, qui ne laisse que très peu de temps morts au lecteur, et qui le pousse à la réflexion tant les fils de l'histoire s'entremêlent pour former une oeuvre complexe. Ce livre m'a en fait donné l'impression d'avoir lu en même temps "American Gods" et "Neverwhere" de Neil Gaiman, avec une histoire encore plus tordue et réfléchie.
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Kahlan
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Message par Kahlan » 26 mai 2014, 15:39

Je n'ai pas eu du tout le même ressenti, Thanaquil.   :(  

C’est dans le cadre d’une lecture commune organisée sur l’Imag’In Café que j’ai lu cet ouvrage. Avec le recul, j’aurais mieux fait de m’abstenir, mais s’il était dans ma PAL, c’est bien parce qu’il avait su titiller mon intérêt à un moment ou à un autre. Le quatrième de couverture était alléchant, puisqu’il était question de voyage dans le temps, de mythologie égyptienne, de magie et de loup-garou… Et puis on rattachait cet ouvrage au steampunk, et c’est un genre que j’avais très envie de découvrir depuis longtemps.

Et le début du roman était, en dehors de l’aspect steampunk complètement inexistant (ou alors je n’ai rien compris à ce qu’est le steampunk, ce qui est possible aussi !), conforme à mes attentes. Une intrigue mystérieuse mais qui semblait tenir debout, des personnages atypiques, une atmosphère à la fois un peu glauque et très londonienne, ça me plaisait bien. Je passais sans doute à coté de quelques références liées à la littérature britannique, mais ce n’était pas très grave. J’ai même fini par m’habituer au style ampoulé de l’auteur.

Malheureusement, ce que l’on admet de bon cœur au début d’un roman, lors de la mise en place de l’intrigue, on finit par ne plus l’excuser au fur et à mesure de notre avancement. C’est une lecture étrange, à la fois foisonnante et pleine de redondances. Comme si on avait mis plusieurs histoires dans un chapeau, secoué, et ressorti le tout dans un joyeux mélange ! Certains éléments semblent n'avoir aucun rapport entre eux, du début à la fin. J’ai fini par m’engluer dans un récit qui, au final, ne m’a pas convaincue, loin de là. Trop de répétitions, trop de longueurs, trop d'incohérences.

D’autant plus que le personnage principal, dénué de charisme à mon sens, accepte tout ce qui lui arrive beaucoup trop facilement. Je m'imagine à sa place : je n'aurais qu'une envie, qu'un objectif, retrouver mon époque et les gens que j'aime. Pas lui, de toute évidence. J’avais juste envie de le secouer, je n'ai ressenti aucune empathie, il m'a laissée de marbre ! Au final, les personnages qui m'ont le plus intéressée, par leur originalité, sont peut-être ceux de l'armée de gueux d'Horrabin.

Beaucoup de lassitude et d'ennui pour cette histoire dont je ne voyais plus le bout !
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Thanaquil
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Message par Thanaquil » 01 juin 2014, 17:04

Oui, je vois qu'effectivement nos avis divergent :happy:  .
Comme toi, certaines incohérences m'ont déstabilisée, et j'ai du revenir plusieurs fois en arrière pour tout comprendre, et essayer de relier les éléments.
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Je n'ai pas tout a fait compris comment mourrait le loup qui pouvait changer de corps, et j'ai fini par m'embrouiller dans ses différents personnages

Mais en général, j'ai plutôt apprécié l'histoire et les rebondissements. Quant au côté Steampunk, j'avoue ne pas y avoir fait trop attention, visiblement, c'est l'un des premiers romans à être classé comme tel. Je suppose que ça vient de l'ambiance, et du côté voyage dans le temps (voire peut-être aussi les différents instruments utilisés par les sorcier pour éviter de toucher le sol :) ).

Il faut donc lire ce livre pour se faire son idée, mais attention, je suis d'accord qu'on peut très vite s'ennuyer ou lâcher l'affaire.
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Nova
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Message par Nova » 31 mai 2015, 17:41

Moi j'ai adoré!

Cela fait quelques années que j’arpente les sentiers de la littérature fantastique et jusqu’à présent, je n’avais encore rien lu de tel ! Ce roman est tout bonnement stupéfiant à bien des égards et dans le meilleur sens du terme.

L’un des thèmes cher au genre Steampunk est sans conteste le voyage temporels Cependant, si celui-ci est mal exploité par l’auteur, on en arrive vite à une intrigue sans queue ni tête où le lecteur en perd son latin ! Mais Tim Powers s’avère être un virtuose du maniement des voyages dans le temps qu’il aborde d’une manière plutôt originale.

En effet, dans ce récit Tim Powers entraîne le lecteur à la suite de Brendan Doyle, professeur de lettres américain qui, après avoir accepté l’invitation du mystérieux milliardaire J. Cochran Darrow afin de donner une conférence sur le poète Samuel Taylor Coleridge, se retrouvera propulsé du Londres de 1983 à celui de 1810. Ce voyage temporel a pu être réalisé car Darrow a découvert des brèches temporelles créés en 1802 par des sorciers égyptiens à la suite d’un rituel ancestral ayant pour but de ramener à la vie d’anciennes divinités égyptiennes qui a mal tourné. Hélas, Brendan Doyle sera enlevé par l’un de ces mages et ratera donc la brèche de retour lui permettant de retrouver son époque. C’est le début d’une succession d’aventures plus troublantes les unes que les autres au cours desquels sa vie sera menacée à de nombreuses reprises. L’une d’elle le mènera notamment en 1684 où il devra empêcher l’altération de l’histoire de l’humanité.

Un autre aspect très plaisant de ce récit est la multitude de détails fournis par Tim Powers sur la ville de Londres ainsi que la vie des anglais à l’époque. Les amateurs inconditionnels de cette ville visualiseront sans problème la configuration de la ville au 19ème siècle.

L’érudition de Tim Powers qui a notamment étudié la littérature anglaise, transparait dans ce roman de par la mixité plus que réussie des personnages historiques et fictifs. Rien d’étonnant à ce que notre ami Doyle côtoie des sommités de la poésie anglaise tels que Colrigde ou Lord Byron.

Finalement, mention spéciale également au traducteur de ce chef-d’œuvre de la littérature fantastique pour le choix du vocabulaire utilisé. Il est malheureusement de plus en plus rare de lire des livres avec une écriture de qualité.

Bref vous l’aurez compris, j’ai adoré ce livre qui est un véritable coup de cœur. Ce roman est certainement à mettre dans les mains de tout un chacun qui souhaite passer un excellent moment de lecture !
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Message par Valentia » 29 juil. 2015, 06:36

Celui-là vient tout juste de rejoindre ma PAL (entre autres sur tes conseils, Nova), mais je crois qu'il ne va pas y rester bien longtemps... Je dois dire que j'ai aussi craqué sur la couv' (celle de Bragelonne, hein, pas J'ai lu) (et la dorure sur le bord des pages). Et pour quelqu'un qui adooore la mythologie égyptienne depuis toute petite et dont le dieu préféré a toujours été Anubis, je crois que j'aurais fini par l'acheter rien que pour le titre... :heart:

Je vous tiens au courant dès que je l'ai lu ! :)
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Nova
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Message par Nova » 29 juil. 2015, 06:47

j'espère qu'il te plaira :)

Mais effectivement, rien que l'objet livre en lui-même est magnifique :D
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Valentia
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Message par Valentia » 17 août 2015, 09:14

Et voici donc ma critique... Pour moi, un vrai coup de coeur ! :heart:


Des dieux égyptiens, des poètes anglais et des voyages dans le temps : sur le papier, le roman de Tim Powers avait tout pour me plaire. Et je n’ai pas été déçue.

Tout d’abord, il s’agit d’un livre-objet, du genre que l’on ne va pas planquer dans sa plus basse étagère pour le cacher aux regards, au contraire (je parle ici de la réédition par Bragelonne et non de la première version parue en France chez J’ai Lu). Je trouve la couverture magnifique, dans les teintes bleu-gris et or, une superbe statue d’Anubis occupant le premier plan, entourée de hiéroglyphes et surmontant une peinture nocturne du Londres XIXème… Le tout accompagné d’une graphie suffisamment travaillée pour qu’on le remarque, ce qui se poursuit sur la quatrième, où le résumé est écrit sur une feuille de papier parcheminée et jaunie par le temps. Les pages, enfin, sont dorées sur tranche, ce qui ajoute une richesse supplémentaire. On notera qu’à l’intérieur, la page de titre ainsi que les en-têtes de chapitres présentent des dessins en style égyptien qui sont tout à fait remarquables…

Mais passons maintenant à ce qui vous intéresse : le contenu du livre. On y fait la connaissance du professeur Brendan Doyle, spécialiste des poètes anglais du début XIXème, qui se rend à Londres afin de rencontrer le mystérieux Darrow…qui lui proposera, en échange de quelques mots sur le poète Coleridge, d’assister à une conférence de ce dernier, donnée en 1810 ! Bien évidemment, rien ne tournera comme prévu pour Doyle, qui se retrouve embarqué dans un Londres méconnaissable dont il ne va pas tarder à connaître les bas-fonds à cause de mages qui tentent de ressusciter les anciens dieux pour rétablir la splendeur de l’Egypte… Ça vous paraît confus et alambiqué ? Ce n’est pas étonnant, mais c’est le mieux que je puisse faire en quelques lignes sans vous donner la clef de l’histoire.

Ce que je peux dire par contre, c’est que j’ai énormément apprécié ma lecture, même si au début je craignais de m’y perdre. En effet, on rencontre une multitude de personnages, d’endroits, d’époques, de situations, et au bout d’un moment je me demandais où Powers voulait nous mener, et surtout s’il parviendrait à nous mener à bon port sans perdre la moitié du lectorat en cours de route… Mais en fin de compte, tout se recoupe, les pièces du puzzle se mettent en place les unes après les autres, et les questions trouvent leurs réponses…mais pas forcément celles que l’on attendait ! On va de surprise en surprise, de révélation en révélation, les coups de théâtre s’enchaînent, et ne vous attendez pas à ce que les morts restent sagement dans leur tombe !

Le style pourra paraître un peu lourd à certains, d’autant plus que le traducteur a cherché à retranscrire le parler d’époque (ce qui pour moi est une bonne chose, mais pourrait en rebuter certains), mais l’univers est complexe et, surtout, particulièrement bien documenté. Je pense notamment aux détails sur Coleridge, par exemple sa dépendance à l’opium, ou encore les dates de naissance et de mort de Lord Byron ainsi que son voyage en Grèce… Les personnages sortis de l’imagination de Powers sont également très travaillés ; ainsi le poète fictif William Ashbless a-t-il une vie bien mouvementée. On notera qu’un certain William Ashbless apparaît également dans l’œuvre de James Blaylock The Digging Leviathan (non publiée en France), parue un an après Les Voies d’Anubis. L’éditeur commun de Powers et Blaylock, remarquant la similitude, leur conseilla de se consulter afin de construire un personnage commun, sur les mêmes références…

Pour résumer tout cela, nous avons donc une histoire complexe mais haletante dans laquelle l’action ne manque pas, le tout dans un Londres début XIXème particulièrement bien travaillé et documenté, et porté par un style en cohérence avec l’ensemble. Une superbe découverte qui me donne envie d’en lire plus dans le style steampunk, et pourquoi pas de cet auteur.
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Message par Nova » 17 août 2015, 09:48

Ravie de lire que ce roman t'ait plu! :)
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Agenor
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Message par Agenor » 17 août 2015, 19:23

C'est bien la première fois que je lis des avis positifs sur ce livre, jusqu'à présent je n'ai croisé que des avis négatifs sur d'autres forums !
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