Les Furtifs - Alain Damasio

Livres basés sur des faits scientifiques démontrés ou extrapolés pour donner un récit où la technologie joue un rôle majeur dans un univers futuriste (colonisation d'autres mondes, création de robots intelligents, etc.)
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Valar Morghulis
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Les Furtifs - Alain Damasio

Message par Valar Morghulis » 06 mai 2019, 22:25

Les Furtifs de Alain Damasio

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Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l’exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes. Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l’éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka – volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l’armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d’une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

Éditeur : La Volte
Date de sortie : avril 2019


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Message par Valar Morghulis » 06 mai 2019, 22:26

Lecture en cours.... forcément, un nouveau Damasio, qui promet d'être aussi génialissime que La Horde... je me suis jetée dessus !

Je n'ai lu qu'une centaine de pages pour l'instant et ça s'annonce grandiose.
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Message par ChaFo » 07 mai 2019, 11:36

La 4e de couverture va dans ce sens... Ça semble tellement original que c'est dur de résister ^^ C'est un tome unique ?
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Message par Valar Morghulis » 13 mai 2019, 15:40

Oui, rien avant, rien après. Et c'est un beau bébé de presque 700 pages, donc il y a de quoi faire..

Pour l'instant, j'adore. Et je ne vois aucune raison d'être déçue par la suite.
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Message par Valar Morghulis » 24 mai 2019, 10:07

Bon ben.... j'ai été déçue  😨 😩 😭

Je vous recopie l'avis écris sur mon blog : 
 Ce livre avait absolument tout pour me plaire. C'était un coup de coeur à l'avance, rien qu'à voir sa couverture, rien qu'à lire son résumé. En fait, juste le nom de "Alain Damasio" m'a convaincu.
Alain Damasio a tout compris sur la vie. Il a compris la musique, les sons, les couleurs. Il comprend le monde, son fonctionnement. Comme s'il communiquait avec la Nature et qu'elle lui expliquait comment transposer son essence en mots.
Quoi que Damasio écrive, c'est juste, beau, poétique. C'est émouvant et percutant. Il comprend les choses, mais plus encore il sait comment écrire ce qu'il comprend.
 
Avec ses mots, il nous entraîne, il nous happe dans son monde et nous montre comment lire, écouter, comment voir et regarder, comment sentir et ressentir... et même comment aimer. Il nous apprend la vie, il nous rend poètes.
 
Tout, TOUT m'a plu, dès le départ. Je suis tombée amoureuse aux premières lignes, j'ai eu l'impression de retrouver un vieil ami, délaissé depuis trop longtemps.
 
J'ai senti la fascination monter, le chef d'oeuvre grandir, tous les éléments se réunir... et pourtant... qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi ?! Est-ce que c'est moi, Alain, qui ait loupé quelque chose ? Est-ce que j'étais trop fatiguée, trop à côté de mes pompes, quand j'ai lu ton roman, pour que certains passages m'ennuient ? Pour que je perde à ce point l'intérêt de ma lecture, au fil des pages, que celle-ci traîne en longueur, jusqu'à me demander si j'allais réussir à la finir ?
 
Pourtant, quand j'y repense, quand j'écoute "Entrer dans la couleur", j'aime de tout mon amour ton histoire, Alain, j'aime tes furtifs, j'aime la couleur, ta musique, la mélodie de tes mots. J'ai plongé à l'aveugle dans ton histoire, pourquoi est-ce que je me suis perdue en route ?
 
Je suis déçue, infiniment déçue, car je sais que j'ai un chef d'oeuvre entre les mains, j'ai une pépite sans équivalent.... mais j'ai décroché. Je m'en veux de ne pas avoir su être passionnée à chaque ligne, de ne plus entendre ton frisson, la vibration de tes mots...
Il y avait trop de scientifique, trop de révolte. Il y avait trop de ces petits éléments qui m'ont fait décrocher, un peu plus à chaque page.
 
J'ai eu l'impression que le roman réunissait deux univers : celui des furtifs et celui d'une société qui ne donne pas envie. Celui d'un futur probablement trop réaliste, que je ne veux pas voir, dont je ne voudrais pas faire parti. Ce deuxième récit, c'est l'histoire d'une révolte, d'un peuple qui s'insurge et je n'avais pas envie de lire ça.
Je suis tellement fascinée par tes furtifs, que j'aurais voulu qu'il n'y ait plus qu'eux...
 
J'ai un goût amer dans la bouche, comme si j'étais passée à côté de quelque chose d'énorme, de génial, que je n'aurais pas su apprécier et savourer...
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Message par Aszala » 24 mai 2019, 14:54

C'est l'aspect politique qui t'a déplu? Ou bien juste le fait que comme ça résonne trop avec notre société, ça t'a gâché ton voyage, ton échappée livresque?
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Message par Pierre de Lune » 24 mai 2019, 16:53

Je suis sur la file d'attente de la médiathèque. Je me plonge dedans dès que je mets la main dessus.
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Message par Valar Morghulis » 27 mai 2019, 10:58

Aszala a écrit :
24 mai 2019, 14:54
C'est l'aspect politique qui t'a déplu? Ou bien juste le fait que comme ça résonne trop avec notre société, ça t'a gâché ton voyage, ton échappée livresque?

Probablement un peu des deux. Je ne suis pas dans une période où je lis de la SF et encore moins quand elle a un côté dystopique, alors que là c'est clairement le cas. Je pense que je ne m'attendais simplement pas à ça et que je n'ai pas apprécié la surprise. Mais comme j'ai dis, je sais reconnaitre un bon livre quand j'en ai un dans les mains, j'ai juste pas réussi à rester plongée dedans.
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Message par Pierre de Lune » 25 juin 2019, 20:36

Il est dans les mêmes tonalités que la horde du contrevent. J'ai adoré. En partie pour les même raisons.

C'est un auditif (façon de classer les gens en fonction de leur d'acquisition de données préférentielle qui s'appelle VAKOG). La majorité des gens sont des visuels. Cela veut dire qu'ils récupèrent 90% de ce qu'ils voient et retiennent 10% de ce qu'ils entendent. raison pour laquelle, dans les formations, on dit répéter, répéter, répéter. Pour un auditif, c'est l'inverse. Exemple de conversation avec mon fils du temps où il était avec moi en conduite accompagnée et tentait de me réaligner sur ce qu'on lui apprenait (à juste raison) à l'autoécole.
- Maman, tu es en excès de vitesse. Le panneau disait...
- Quel panneau?
- Maman, conduire, c'est aussi regarder les panneaux.
- Désolée, voir ou conduire, il faut choisir. Je ne peux pas à la fois voir la route et à côté de la route. Donc je regarde la route.

Je peux ne pas voir un éléphant dans un couloir tant qu'il ne bouge pas. Je "perd" mes stylos sur mon bureau, ma voiture dans les parkings, je ne reconnais pas ma valise sur les tapis roulants des aéroports. Si je regarde un film et qu'il y a un grand blond et un petit brun, je m'en sors à peu près; sinon, galère. Je suis l'histoire à l'oreille, j'identifie les personnages à leur timbre de voix. Je vais plus souvent écouter un concert que voir un film. En revanche, je n'ai jamais su ce qu'était apprendre une leçon. Je me souvenais toujours de ce qu'avait dit le professeur. J'entends la plainte d'une pompe à la cave. Un moteur qui ne tourne pas rond me fait me retourner.
Donc, dans un livre, les descriptions me laissent de marbre; elles ne m'évoquent rien. En revanche, les sons et les ressentis font tilt. Et donc l'écriture de Damasio.

Une phrase (parmi quelques milliers) qui m'a bien plu: "Les furtifs nous ont appris une chose: il n'y a pas de lendemains qui chantent. Il n'y a que des aujourd'huis qui bruissent."

Valar Morghulis a écrit :
27 mai 2019, 10:58
elle a un côté dystopique
mais tant que ça. Damasio explore la logique de l'ultralibérarisme, des zones réservées en fonction de son compte en banque, et ça, c'est déjà là. Dans les grandes villes comme Mexico, il y a des zones réservées aux riches, avec des grilles et des gardiens armés. Il y a un tas de gens qui n'ont pas la bonne couleur de peau pour errer dans Paris et qui ne peuvent pas s'y balader sans qu'on leur demande leurs papiers. Le niveau d'éducation n'est pas le même dans le 93, au fin fond de la Creuse et le cinquième arrondissement de Paris.
Côté forme, il détourne des sigles, alterne des niveaux de langues très différents, dislexe à souhait, mouve la langue.
Côté fond, il défend l'enjeu primordial que sont les communs face à l'appropriation par des entités nébuleuses, le droit de tous à vivre qui va avec, la fête et la chaleur des mouvements de résistance, de ceux qui s'obstinent à s'accrocher à la réalité au lieu de filer dans les mondes virtuels, la résistance au flicage par les IA (intelligences artificielles).
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J'ai été aussi surprise par la tonalité optimiste de la fin, alors que les jalons du début laissent plutôt prévoir la cata.

Bref, un livre hors norme, décalé et militant, très riche par les thématiques abordées.
Ce fut pour pour moi un moment de pur bonheur. Mais il peut mettre mal à l'aise. En fait, il est fait pour mettre mal à l'aise, pour bouger les lignes, pour sortir les cerveaux hors des sentiers grillagés.
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